L'Autriche, pays du ski alpin par excellence, envisage de skier sous un toit. La fédération autrichienne de ski (ÖSV) va créer un groupe de travail pour bâtir la première halle de ski du pays, un projet estimé à environ 100 millions d'euros. « C'est l'avenir », assure sa présidente Roswitha Stadlober.
Un groupe de travail dans les prochaines semaines
Il y a encore quelques années, l'idée aurait fait hurler. Aujourd'hui, c'est la présidente de la fédération autrichienne de ski (ÖSV) elle-même, Roswitha Stadlober, qui la porte. Face aux étés records et au recul des glaciers, l'ÖSV lance officiellement la réflexion sur une halle de ski couverte en Autriche, une première dans le pays.
Les jeunes Autrichiens s'entraînent… à l'étranger
Le constat est cruel pour la grande nation du ski alpin. Faute d'infrastructure à domicile, ses espoirs partent chaque été s'entraîner dans les halles des pays voisins, quand les équipes A s'envolent pour l'Amérique du Sud.
Marcel Hirscher lui-même avait préparé son retour à la compétition dans des halles aux Pays-Bas et en Allemagne.
| Pays | Halle / lieu |
|---|---|
| 🇱🇹 | Halle de ski |
| 🇩🇪 | Hambourg-Wittenburg (piste d'environ 300 m) |
| 🇳🇱 | Halles de ski |
| 🌎 | Amérique du Sud : camps d'été des équipes nationales |
Environ 100 millions d'euros, plutôt à l'est
Rien n'est encore dessiné : ni concept, ni calendrier, ni lieu arrêté. Vienne revient souvent dans les discussions.
La secrétaire d'État au Tourisme, Elisabeth Zehetner, chiffre le coût à environ 100 millions d'euros, « avec une limite ouverte vers le haut », sans dire qui paierait.
Pour le secrétaire général de l'ÖSV, Jan Überall, le projet ne tiendra pas sans le grand public.
« Un game changer » pour Stecher, Feller plus nuancé
Le directeur sportif de l'ÖSV, Mario Stecher, parle d'un possible « game changer ». Le fabricant Atomic suit le mouvement, par la voix de son chef course Christian Höflehner.
Chez les athlètes, l'enthousiasme est plus mesuré. Manuel Feller voit l'intérêt pour le travail technique, mais pas pour la préparation des courses de vitesse ni pour les réglages du matériel.
Julia Scheib, elle, n'a pas souhaité s'exprimer.
Le débat ne fait que commencer, mais il dit beaucoup de l'époque : même dans les Alpes, on cherche désormais d'autres solutions pour garantir la neige, à l'image du snowfarming de Riale ou des stations qui misent sur la neige stockée.
Et pendant ce temps, la Coupe du monde, elle, rêve de son retour à Zermatt.
