Dix mois après le drame du Constellation, la question financière rattrape Crans-Montana. L'avocat valaisan Sébastien Fanti, qui représente plusieurs victimes de l'incendie, demande au Conseil d'État valaisan de placer la commune sous régie partielle. Une démarche rare, révélée dimanche par Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, et confirmée par l'avocat.
Une enquête et une tutelle ciblée
La plainte adressée au gouvernement cantonal contient deux demandes. D'abord, l'ouverture d'une enquête officielle sur les finances de la commune, assortie d'instructions. Ensuite, la mise sous régie partielle de l'exécutif communal. Cette tutelle ne concernerait pas toute la gestion de la station : elle serait limitée aux conséquences financières et juridiques de l'incendie.
Pour l'avocat, l'enjeu est simple : la commune pourrait ne pas être en mesure de faire face à ce qui l'attend.
Des centaines de millions contre 5 millions par an
Selon Sébastien Fanti, le coût total pour la commune pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de francs. En face, l'effort annuel de 5 millions de francs inscrit au budget communal lui paraît largement insuffisant. Et le temps presse : le budget 2027 de Crans-Montana doit être adopté le 20 décembre.
Une station sous les projecteurs
L'incendie du Constellation, dans la nuit du Nouvel An 2026, a fait 41 morts et 116 blessés, pour la plupart des jeunes. Depuis, l'enquête pénale suit son cours et la station valaisanne vit sous le regard du monde entier. Elle s'apprête pourtant à accueillir l'événement majeur de son histoire récente, les Championnats du monde de ski alpin en février 2027, et prépare une saison d'hiver chargée, comme le montre l'agenda de l'hiver à Crans-Montana.
La balle est désormais dans le camp du Conseil d'État valaisan, qui devra dire s'il donne suite à cette demande avant que la commune ne vote son budget.
