Miami : Hadjar s'auto-flagelle, Gasly accuse le chaos du premier tour
Les deux Français partis en abandons dès le 5e tour du GP de Miami se sont confiés au micro de Canal+. Hadjar assume ses erreurs sans ménagement. Gasly pointe le tête-à-queue de Verstappen et ce premier tour de toutes les folies.
Pendant qu'Antonelli gagnait et que Norris ramassait des points, Isack Hadjar et Pierre Gasly regardaient la course depuis les stands. Tous deux avaient abandonné avant le 5e tour, victimes d'incidents distincts dans un départ en ébullition. Leurs réactions à chaud sur Canal+ disent beaucoup sur leurs personnalités respectives : l'autocritique sèche du rookie contre la frustration calculée du vétéran.
Hadjar : « Je n'ai pas été très intelligent »
Le ton est sans appel. Isack Hadjar n'a cherché aucune circonstance atténuante. Face aux caméras Canal+, le Français de Red Bull a livré une analyse de lui-même qui ne laisse aucune place à l'excuse. À 19 ans, c'est une maturité qui se mérite.
Je suis fâché parce qu'il y avait du rythme. Ça remontait tellement facilement, je jette des points à la poubelle bêtement. Je suis très frustré, et en plus j'ai fait mal à la voiture, ça compte aussi. Tout le week-end j'étais à la limite et j'étais à l'aise avec cette limite, et là ça ne l'a pas fait. Je n'ai pas été assez précis, j'ai pris trop de risques sur une course qui fait 57 tours. Je n'ai pas été très intelligent.
Ce qui rend ce discours intéressant, c'est précisément qu'il ne rejette la faute sur rien ni personne. Pas sur le trafic du départ, pas sur la malchance, pas sur la voiture. Hadjar se prend le mur seul, lucidement, et dit le mot qu'on n'entend pas souvent en F1 : « bêtement ». Une autocritique aussi directe en sortant de voiture est une forme de maturité rare à son âge.
Gasly : « Je ne savais pas trop où j'allais finir »
Pierre Gasly a eu une autre lecture de sa journée. L'accident du pilote Alpine ne lui est pas imputable de la même façon — c'est la sortie de piste de Verstappen dans le premier virage, qui revient en piste et lui coupe la trajectoire, qui a déclenché la cascade. Gasly a freiné de toutes ses forces, perdu des positions, et encaissé un incident dont il garde visiblement l'image en tête.
Je suis juste déçu pour toute l'équipe, il y avait des gros points à aller chercher. L'incident n'était pas plaisant à vivre, je ne vais pas faire plus de commentaires. Je crois que ça ne m'est jamais arrivé de me retrouver comme ça dans une F1, c'était assez impressionnant. Je ne savais pas trop où j'allais finir.
Gasly avait pourtant pris un excellent départ, et se retrouvait 6e au premier virage — là où Alpine avait toutes les raisons d'espérer des points solides, son rythme sur l'ensemble du week-end le justifiait. La séquence Verstappen lui a volé ça. Il le dit sans trop s'étendre, sobrement, comme quelqu'un qui sait qu'il n'y a rien à ajouter.
J'avais pris un super départ, je dois être 6e au premier virage. Je vois que ça se chamaille devant. Max revient en piste devant moi, je suis obligé de sauter sur les freins, je perds plusieurs positions. Mais je savais que j'allais remonter étant donné notre niveau de performance ce week-end. Je suis frustré de louper ces points, ce n'était pas notre journée.
Deux Français, deux abandons, deux discours. Hadjar assume tout. Gasly contextualise sans chercher à se blanchir. L'un et l'autre avaient une course dans les jambes. Ni l'un ni l'autre ne la finira. Miami aura été, pour les Bleus, un dimanche à oublier vite et à analyser longtemps.
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