Le sauteur norvégien Johann André Forfang est présent aux Jeux Olympiques, mais son esprit est ailleurs.
Son père, Hugo, son premier supporter, est décédé il y a moins d'une semaine à l'âge de 68 ans, emporté par un cancer, en mois d'un an.
Pourtant, pas question d'abandonner. C'était la dernière volonté d'un père mourant : voir son fils voler, coûte que coûte.
« J'aurais pensé qu'il serait encore là pendant les JO, donc c'est irréel et incroyablement difficile qu'il ne puisse pas le vivre », confie l'athlète, dévasté.
Le choix impossible : JO ou funérailles ?
Pour permettre à Johann d'honorer ce « projet commun », la famille a pris une décision radicale et bouleversante : les obsèques d'Hugo sont reportées après la fin des Jeux, après la dernière épreuve du 16 février.
« Je suis soulagé de ne pas avoir eu à choisir entre les Jeux olympiques et les funérailles. Mon père souhaitait ardemment que je mène à bien ce qui est notre projet. »
« Merci Papa » : L'adieu sur les gants
L'histoire devient encore plus poignante quand on apprend que le week-end dernier, alors que la fin était proche, Johann s'est rendu en Coupe du Monde à la demande insistante de son père.
Dans ses bagages ? Une paire de gants avec l'inscription « Merci Papa ».
Il a pu faire un signe à la caméra lors de la course de samedi pour lui adresser un ultime salut. Hugo s'est éteint le lendemain.
« Je suis content d'avoir pu adresser un dernier message à mon père avant son décès. Je sais qu'il l'a beaucoup apprécié. »
Johann Forfang, qui avait raté les JO 2022 à cause du Covid, a désormais une mission sacrée :
« Je sauterai pour mon père pour le reste de ma carrière désormais. »

