Hedegart : sa petite taille a forgé sa force de caractère
Longtemps le plus petit de son groupe et éliminé de la course qu'il visait tant à 14 ans, le désormais champion olympique revient sur ces années difficiles qui ont façonné sa personnalité et nourri sa motivation.
Einar Hedegart, 24 ans, a longtemps eu le sentiment de ne pas être tout à fait à la hauteur. Le biathlète, qui a fait sensation cet hiver avec plusieurs médailles olympiques, n'a pourtant rien eu d'un talent précoce évident. Bien au contraire.
J'étais très petit pour mon âge, donc je n'avais aucune chance dans les courses nationales principales.
« C'était très frustrant »
Hedegart ne cache pas la difficulté de ces années passées parmi les plus petits du groupe, où chaque défaite face à des adversaires pourtant moins doués au tir laissait planer le doute sur ses réelles chances de progresser.
C'était très frustrant. Et on ne se rend pas vraiment compte qu'il est possible de progresser. Quand on se fait battre de plus de quatre minutes par quelqu'un qui tire comme vous... Mais je pense avoir réussi à inverser la tendance et même à retrouver un peu d'inspiration.
Un été de croissance qui a tout changé
Un déclic physique est finalement survenu, changeant durablement la trajectoire du jeune Norvégien, qui garde un souvenir précis de cette période charnière.
Ce fut un défi, mais aussi une expérience très enrichissante, surtout au début de ma croissance. Je me souviens d'un été où j'ai pris beaucoup de poids, quelques kilos et quelques centimètres. Finalement, je pense que cela a contribué à forger ma personnalité.
La régularité plutôt que le talent brut
Aujourd'hui installé à Lillehammer après un parcours qui l'a mené d'Inderøy à Steinkjer puis Meråker, Hedegart identifie clairement ce qui, selon lui, a fait toute la différence sur le long terme.
Je pense que c'est la régularité sur plusieurs années. C'est une question de routine quotidienne : se coucher tôt, bien gérer ses repas et se détendre, tout simplement. Beaucoup de gens s'entraînent très bien. Je ne crois pas que cela fasse une si grande différence. Mais le fait de s'entraîner très bien pendant cinq ou six ans, et en plus de dormir un peu plus et de mieux manger, c'est probablement ce qui fait la différence au final.
Se faire rattraper, la meilleure des motivations
Convaincu que cette adversité passée a directement nourri sa réussite actuelle, Hedegart tire une leçon claire de son propre parcours, qu'il applique aujourd'hui à sa vision de la compétition.
Bonne question, mais je sais que ça m'a motivé. Beaucoup de gens gagnent jeunes, pensent que c'est facile et arrêtent de s'entraîner. Ensuite, des gens comme moi les rattrapent. C'est une motivation incroyable. On ne devrait pas se faire battre par quelqu'un qu'on a devancé de deux minutes il y a deux ans.
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