Son premier bébé, Jon, est à la maternelle. Le second trône dans un entrepôt du stade de ski de Hvalstjern, au milieu des câbles, d'une tondeuse à gazon et d'un banc de musculation. Johannes Dale-Skjevdal s'est offert un tapis de ski-roues pour 850 000 couronnes norvégiennes, soit plus de 70 000 euros. Le biathlète norvégien de 29 ans a ouvert les portes de son nouveau jouet à la chaîne TV 2.
« Le rêve de tout petit garçon »
Avec cet investissement, Dale-Skjevdal suit les traces de Johannes Thingnes Bø, d'Ole Einar Bjørndalen et de Johannes Høsflot Klæbo, qui disposent tous de leur propre installation à domicile. Le tapis doit à terme être installé dans son propre bâtiment.
Le Norvégien s'est aussi équipé d'une salle de musculation sur son terrain. Un choix assumé pour rester dans le coup face à une concurrence de plus en plus dense.
De Lillehammer à Fetsund
Après huit ans à Lillehammer, temple de l'entraînement en Norvège, Dale-Skjevdal est rentré « chez lui », à Fetsund, à vingt minutes de Blaker, où il a grandi. Un déménagement qui peut surprendre, il le reconnaît, mais qui s'explique par la vie de famille : sa femme Kristina travaille à Oslo, son fils va à la maternelle et les grands-parents vivent juste à côté.
Il vit désormais plus près du stade de ski de Fetsund qu'il ne l'était de ses pistes à Lillehammer, et l'aéroport de Gardermoen n'est pas loin. Ses coéquipiers de l'équipe nationale Sturla Holm Lægreid et Vetle Sjåstad Christiansen vivent à une demi-heure, à Oslo. Un parcours qui rappelle celui de Johannes Thingnes Bø, installé à Kongsvinger, sans piste de biathlon.
Un test qui fait parler les chiffres
Sept jours après un stage de trois semaines en altitude, le biathlète a mesuré son profil lactique sur le tapis : cinq paliers de cinq minutes, de 13 à 17 km/h, avec une pente de 5 %. Le résultat l'a lui-même surpris. À 16 km/h, son taux de lactate est tombé à 2,5, contre 3,5 lors du précédent test, le 26 septembre. Son rythme cardiaque était aussi inférieur de cinq battements.
Avant de couper le tapis, le Norvégien a laissé un message à ses adversaires, sans filtre :
À la maison, la chasse aux secondes est ouverte. Dans le groupe norvégien, les jeunes comme Isak Frey poussent fort, et Dale-Skjevdal n'a visiblement pas l'intention de leur laisser la place.

