Si certains espéraient voir Émilien Jacquelin ménager la chèvre et le chou en menant de front le biathlon et son nouveau projet cycliste, la réalité sera bien plus brutale.
Pour la première fois de sa carrière professionnelle, le double médaillé olympique va complètement tourner le dos aux pas de tir pour se muer en forçat de la route.
La bénédiction du staff et un filet de sécurité
Avant de larguer les amarres, le champion a pris le soin de border son départ avec les instances dirigeantes.
« J'ai parlé de mon projet cyclisme avec Stéphane Bouthiaux, avec le staff, même si certains de nos coaches vont bouger », rassure-t-il.
« Tout le monde a compris mon choix, ma volonté, tout le monde me connaît depuis de nombreuses années et savent ma passion pour le vélo. »
Mais s'il peut se permettre une telle incartade, c'est aussi parce qu'il a déjà validé son ticket pour l'hiver prochain.
« Concernant ma place en équipe de France de biathlon j'ai les minimas requis et ma place sur les premières épreuves de coupe du monde je l'ai grâce à mes résultats obtenus cet hiver.
Donc j'ai la possibilité de courir à Kontiolahti et Hochfilzen la saison prochaine. L'objectif c'est quand même de travailler en lien avec le biathlon et je les tiendrai au courant de l'évolution de mon projet. »
Derrière le défi sportif se cache un véritable besoin de détox psychologique. « Dans les prochains mois il n'y aura pas de stage avec l'équipe de France de biathlon, je pense ne pas tirer et je ne vais remettre les ski-roues non plus. Il y aussi un intérêt à poser la carabine et faire de la fraîcheur mentale »
Le vertige de l'inconnu
Désormais, l'obsession n'a plus qu'un seul nom : le vélo.
« Maintenant je vais me concentrer sur le cyclisme dans les prochains mois et cela m'aidera à savoir de quoi sera fait la suite », poursuit-il.
« Et si à un moment donné je ressens l'envie de faire du biathlon, on verra. Mais pour le moment, le challenge est tellement énorme que cela me demande de me consacrer à 100 % au cyclisme. »
Quant à savoir où cette aventure hors norme le mènera à l'aube de l'hiver 2026, lui-même navigue à vue.
« Il y aura des points de passages, des datas à valider et on verra dans les prochains mois où cela me mènera. Impossible de le dire aujourd'hui. »
Le mystère reste entier, mais l'audace, elle, force le respect.
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