Biathlon — la frayeur de Tommaso Giacomel

CIl y a quelques semaines, lors d'une des courses les plus importantes de sa vie, le départ groupé des Jeux olympiques devant son public à Anterselva, le corps de Tommaso Giacomel l'a brutalement lâché.

Foudroyé par une sévère alerte à l'arythmie cardiaque, l'Italien a frôlé le pire. Aujourd'hui opéré et en pleine convalescence, il a pris la parole.

« Mon cœur battait la chamade »

Au micro du Corriere dello Sport, l'athlète des Fiamme Gialle s'est livré sur cet instant où tout a basculé.

« Je n'ai pas eu peur, car je ne comprenais pas ce qui se passait. J'avais l'impression d'étouffer, mon cœur battait la chamade », détaille-t-il.

Mais face à la douleur, c'est l'instinct de compétiteur qui a pris le dessus sur la panique : « Ma première pensée a été : pourquoi maintenant ? »

Contraint à l'opération, il a dû accepter de voir la fin de saison lui échapper. Ses proches ont été décisifs pour le freiner :

« Mes parents et ma petite amie m'ont fait comprendre que ma santé était plus importante que la course. Je rêvais de courir, mais finalement, j'ai compris et apprécié leur décision. »

De retour à Oslo en tant que simple spectateur et « porteur de bidon », il a reçu une vague de soutien venant de ses collègues biathlètes, notamment du vainqueur norvégien Johannes Dale.

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Un double drame 

Si la cicatrice physique se referme vite ,« je me sens bien physiquement, comme si de rien n'était » dit-il, la cicatrice émotionnelle est bien plus profonde.

Cette saison fut marquée par une tragédie insoutenable : la disparition tragique de son ami Sivert Bakken la veille de Noël.

« J'ai encore du mal à croire et à accepter sa disparition. Je n'y arrive pas », souffle l'Italien, bouleversé.

Mais Giacomel refuse de s'apitoyer. Celui qui a goûté à l'ivresse du dossard jaune cet hiver a désormais une certitude ancrée en lui : il a l'étoffe d'un vainqueur du classement général.

Le regard  déterminé, il lance un avertissement clair à ses rivaux:

« Mes rêves n'ont été que reportés. [...] Finalement, j'ai prouvé cette année que j'étais prêt, et c'est extrêmement positif. L'année prochaine, je serai de retour à l'attaque. »