Les 6 plus belles randonnées
à Briançon
Briançon est la plus haute ville de France à 1 326 m, avec 300 jours de soleil par an et des randonnées qui partent directement des remparts Vauban classés UNESCO vers les sommets à 3 000 m — le Parc des Écrins en gardien au sud, le Queyras à l'est, l'Italie à 10 km.
Briançon est la plus haute ville d'Europe — et on part en randonnée à 3 000 m depuis les remparts classés UNESCO au cœur de la cité
Briançon est une ville des Hautes-Alpes de 12 000 habitants, chef-lieu de l'arrondissement du même nom, située à 1 326 m d'altitude au confluent de la Durance et de la Guisane — la plus haute ville de France et de l'Union Européenne. Cette position d'altitude exceptionnelle lui confère un climat particulier : un ensoleillement record de 300 jours par an (comparable à la Côte d'Azur malgré l'altitude), des hivers froids et neigeux mais secs, et un ciel d'une transparence remarquable qui donne aux paysages une lumière quasi-alpine méditerranéenne.
La géologie du briançonnais est complexe et fascinante — c'est la zone des schistes lustrés, un ensemble de roches métamorphiques formées dans la zone de subduction alpine sous de très hautes pressions (jusqu'à 20 000 bars) et à des températures modérées. Ces schistes lustrés, d'une couleur entre le gris-argenté et l'ocre-doré, ont été charriés depuis la plaque adriatique vers l'Europe par la collision alpine. Ils donnent aux crêtes et aux versants du briançonnais cette teinte particulière — plus chaude et plus "méditerranéenne" que le granite gris de Chamonix ou le calcaire blanc de Samoëns.
La Cité Vauban de Briançon est un site du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2008 — un des 12 sites des Fortifications de Vauban classés à cette date. Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), commissaire général des fortifications sous Louis XIV, a fait de Briançon une des places fortes les plus sophistiquées d'Europe — la ville haute (la Cité) est entourée de remparts bastionnés qui forment un polygone défensif d'une cohérence et d'une beauté remarquables, visible depuis tous les sommets environnants. Les randonneurs partent directement de la Cité Vauban pour les alpages et les sommets — un départ de randonnée sans équivalent en France.
La faune du secteur de Briançon est celle des Alpes du Sud — plus sèche et plus "méditerranéo-alpine" que les Alpes du Nord. Le chamois alpin (Rupicapra rupicapra) est omniprésent sur les crêtes. Le bouquetin des Alpes (Capra ibex) est présent dans le Parc des Écrins tout proche. Les marmottes (Marmota marmota) peuplent tous les alpages au-dessus de 1 800 m. L'aigle royal (Aquila chrysaetos) chasse en permanence au-dessus des crêtes. La perdrix bartavelle (Alectoris graeca) — perdrix méditerranéenne des éboulis secs — est caractéristique du briançonnais, plus commune ici qu'en Haute-Savoie.
Le Top 6 des randonnées à Briançon
Pic de Rochebrune (2 945 m) – Le Toit de Briançon et de ses Vallées
📍 Briançon (1 326 m) · Chalets de Villard · Pic de Rochebrune (2 945 m) · Hautes-AlpesLe Pic de Rochebrune (2 945 m) est le sommet le plus proche et le plus dominant au-dessus de Briançon — visible depuis toute la cité et depuis les principales routes d'accès à la ville, il est le point de repère géographique naturel du briançonnais. Depuis son sommet, le panorama est d'une amplitude et d'une qualité rares dans les Alpes françaises : vers le sud, la Barre des Écrins (4 102 m) et la Meije (3 984 m) du Parc National des Écrins ; vers l'est, les sommets du Queyras avec le Monte Viso (3 841 m, Italie) ; vers le nord, les crêtes du Galibier ; vers l'ouest, les Aiguilles d'Arves.
La montée depuis Briançon traverse les quartiers historiques de la Cité, les faubourgs et rapidement les premiers alpages de mélèzes — la forêt de mélèzes du secteur de Rochebrune est une des plus belles des Hautes-Alpes, avec des arbres de 200-300 ans aux troncs tordus par les siècles. Au-dessus de la zone forestière (1 800-2 000 m), les alpages s'ouvrent sur les schistes lustrés caractéristiques du briançonnais — ces roches métamorphiques aux teintes argentées et ocre-dorées qui donnent au paysage sa lumière si particulière.
La zone sommitale (au-dessus de 2 500 m) est constituée de rochers de schistes plus clairs, avec une flore rare des éboulis — l'androsace du briançonnais (Androsace brigantiaca), endémique de cette zone géographique précise, pousse dans les fissures des schistes lustrés autour du sommet.

Schistes lustrés : les roches argentées que vous foulez sur la zone sommitale ont été formées sous 20 000 bars de pression dans la zone de subduction alpine, il y a 70-90 millions d'années. La pression équivalente à 20 km de profondeur sous terre a transformé des calcaires et des argiles ordinaires en ces roches scintillantes.
Soleil briançonnais : 300 jours de soleil par an à Briançon signifie aussi une réverbération très intense sur les schistes clairs en altitude — crème solaire SPF 50+ et lunettes de soleil UV400 obligatoires dès la zone sommitale. Le soleil de haute altitude dans les Hautes-Alpes peut provoquer des coups de soleil en 20 minutes sans protection.
Col des Trois Frères Mineurs (2 818 m) – La Voie Royale vers l'Italie
📍 Briançon (1 326 m) · Chalets de Buffère · Col (2 818 m) · Hautes-Alpes / ItalieLe Col des Trois Frères Mineurs (2 818 m) est un des passages historiques entre la France et le Piémont italien — un col emprunté depuis des siècles par les bergers transhumants, les marchands et les militaires entre Briançon et les vallées du côté valdotain. Son nom vient d'une légende locale — trois frères frères mineurs (franciscains) qui périrent dans une tempête de neige en traversant ce col au Moyen Âge.
La montée depuis Briançon traverse la vallée de la Guisane jusqu'aux Chalets de Buffère, puis remonte les alpages sous les crêtes frontières. Le panorama côté Italie depuis le col est saisissant — les vallées du Piémont, plus larges et plus ensoleillées que les vallées françaises, s'étirent vers le sud avec une lumière italienne reconnaissable. Le Monte Viso (3 841 m) — le "roi du Piémont" — se découpe spectaculairement à l'est depuis les hauteurs du col.
Les aigles royaux utilisent les thermes ascendants qui montent des versants rocheux exposés au soleil du briançonnais — depuis les crêtes autour du Col des Trois Frères Mineurs, les observer en vol plané lent, ailes en légère dièdre, depuis le bas est une des expériences ornithologiques les plus impressionnantes des Hautes-Alpes. L'envergure de l'aigle royal (2 m) n'est perceptible que quand il passe près d'un repère de taille connue.
Frontière France-Italie : le col est sur la frontière franco-italienne (frontière Schengen, pas de contrôle en temps normal). La descente côté italien vers le village de Bardonecchia (1 312 m, Piémont) est une option pour les randonneurs disposant d'un retour organisé côté italien (train de Bardonecchia vers la France par le tunnel ferroviaire du Fréjus).
Transhumance historique : les troupeaux de moutons mérinos d'Arles remontaient chaque été depuis la Provence jusqu'aux alpages du briançonnais et du Queyras — des centaines de milliers de moutons en cortège sur ces chemins pendant des siècles. Des traces de cette transhumance (chemins creux, abris de bergers) sont encore visibles sur le sentier vers le col.
Lac des Béraudes (2 516 m) – Le Lac Alpin dans la Clarée Sauvage
📍 Névache (1 600 m) · Lac des Béraudes (2 516 m) · Vallée de la Clarée · Hautes-AlpesLe Lac des Béraudes (2 516 m) est un lac alpin situé dans la vallée de la Clarée — une des vallées les plus sauvages et les plus préservées des Hautes-Alpes, parallèle à la vallée de la Guisane mais totalement différente dans son caractère. La Clarée est une vallée étroite, encaissée, avec des versants couverts de forêts de mélèzes ancestraux (certains pluriséculaires), des alpages ouverts et une rivière d'une limpidité cristalline. Aucune station de ski, très peu d'équipements — la Clarée a été classée Site Natura 2000 pour sa biodiversité exceptionnelle.
La montée depuis Névache (1 600 m) — le principal village de la vallée de la Clarée, à 16 km de Briançon — suit la rivière Clarée puis remonte dans les combes latérales vers le lac. La végétation de mélèzes est d'une richesse et d'une ancienneté rares dans les Alpes du Sud — des mélèzes de 400-500 ans, avec des troncs de 1 m de diamètre, qui ont survécu aux guerres, aux couperosités et aux changements climatiques de cinq siècles.
Le lac des Béraudes est d'une couleur bleu-turquoise intense en été — la faible profondeur, l'eau froide (< 8°C) et la lumière du briançonnais (plus intense que dans les Alpes du Nord grâce aux 300 jours de soleil) créent cette teinte caractéristique. Les marmottes sont omniprésentes — la Clarée est un des territoires de forte densité de marmottes des Hautes-Alpes, parfaitement habituées aux randonneurs qui respectent les distances.

Vallée de la Clarée : la Clarée est une des rares vallées des Alpes françaises accessible en voiture jusqu'à un certain point (Névache, puis piste fermée aux voitures). Le fond de la vallée (au-delà de Névache) est accessible uniquement à pied ou à vélo — ce qui maintient son caractère sauvage. Le sentier de la Clarée (balisé, 12 km de fond de vallée) est un itinéraire facile et magnifique même sans montée vers le lac des Béraudes.
Mélèzes en automne : la Clarée en octobre, avec les mélèzes qui passent du vert au jaune-or intense, est un des spectacles naturels les plus beaux des Alpes du Sud. La vallée est quasi-désertée des touristes à cette saison — un avantage considérable.
Fort du Gondran (2 244 m) – Les Fortifications Vauban Perchées sur les Crêtes
📍 Briançon Cité Vauban (1 326 m) · Fort des Têtes · Fort du Gondran (2 244 m) · Hautes-AlpesLe Fort du Gondran (2 244 m) est la fortification la plus haute du système défensif de Vauban autour de Briançon — perchée sur une crête à 2 244 m, elle représente l'aboutissement technique du concept de "défense en profondeur" développé par Sébastien Le Prestre de Vauban pour Louis XIV. Le Fort du Gondran est relié au Fort des Têtes (1 650 m), à la Redoute des Salettes et au Fort du Randouillet par un système de positions mutuellement couvrantes — une ingénierie militaire d'une sophistication remarquable qui a résisté à toutes les tentatives d'invasion pendant deux siècles.
La randonnée depuis la Cité Vauban de Briançon suit les crêtes entre les fortifications — un sentier qui a été parcouru par des soldats pendant 250 ans et qui offre aujourd'hui des vues permanentes sur Briançon, ses vallées et les massifs environnants. Le parcours entre les différents forts est une leçon d'histoire militaire en plein air — les murs de pierre sèche et de maçonnerie, les embrasures, les traverses et les demi-bastions sont conservés dans un état remarquable.
La montée au Fort du Gondran depuis la Cité (D+ 918 m, 5 km, 2h45) est en soi une randonnée très agréable — la forêt de mélèzes qui couvre les versants entre la ville et les crêtes est exceptionnelle. Depuis le fort au sommet, la vue plongeante sur la Cité Vauban (les remparts vu d'en haut révèlent leur géométrie polygonale) et sur les vallées est unique.
Visite intérieure des forts : le Fort des Têtes (office de tourisme de Briançon) est ouvert aux visites guidées en saison (~8 €, durée 1h30). Les autres forts sont accessibles librement de l'extérieur. La visite guidée du Fort des Têtes est très recommandée avant la randonnée vers le Gondran pour comprendre le système défensif.
UNESCO et Vauban : Briançon est un des 12 sites des "Fortifications de Vauban" classés au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2008. Les autres sites incluent Besançon, Belle-Île-en-Mer, Mont-Dauphin (20 km de Briançon), Entrevaux, Saint-Martin-de-Ré, Neuf-Brisach. Une plaquette explicative du classement est disponible à l'office de tourisme.
Croix de Toulouse (2 338 m) – La Randonnée Patrimoniale au-dessus de la Cité
📍 Briançon Cité (1 326 m) · Côte Belle · Croix de Toulouse (2 338 m) · Hautes-AlpesLa Croix de Toulouse (2 338 m) est un des sommets les plus accessibles et les plus fréquentés par les habitants de Briançon — une croix de fer plantée sur les crêtes au XVIIIe siècle, visible depuis une grande partie de la ville, qui constitue un repère spirituel et géographique pour les briançonnais depuis des générations. La randonnée jusqu'à la croix est la "randonnée des Houches" de Briançon — l'itinéraire classique accessible depuis le centre-ville, ni trop long ni trop court, avec une vue récompensante.
La montée traverse les forêts de mélèzes caractéristiques du versant de la Côte Belle — un versant orienté plein sud, très ensoleillé, avec des mélèzes de 300-400 ans dont les troncs rougeâtres contrastent avec la neige en hiver et les schistes argentés en été. La lumière qui filtre dans ces forêts de mélèzes en fin d'après-midi — dorée, chaude, quasi-méditerranéenne — est une des caractéristiques les plus mémorables du briançonnais.
Depuis la Croix, la vue plongeante sur la Cité Vauban et la ville basse de Briançon est remarquable — la géométrie polygonale des remparts est visible dans son ensemble, les toits de tuiles de la Cité haute contrastant avec les immeubles modernes de la ville basse. Vers le sud, le Parc des Écrins avec la Barre et la Meije. Vers l'est, l'entrée du Col de Montgenèvre et les premiers sommets italiens.

Randonnée crépusculaire : le versant de la Côte Belle est plein sud — la lumière y est maximale en fin d'après-midi. La descente depuis la Croix de Toulouse dans la lumière orangée de 18h-19h, avec les mélèzes et les schistes qui semblent en feu, est une des plus belles heures de randonnée du briançonnais.
Après la randonnée : la Cité Vauban mérite une heure de déambulation après la descente — les ruelles médiévales (la Grand-Rue en "grande rue boutique" de Briançon), les remparts illuminés en soirée et les restaurants de la Cité proposent un cadre de récupération d'une qualité patrimoniale rare en France après une randonnée de montagne.
Tour de Briançon – La Grande Boucle Patrimoniale et Naturelle
📍 Briançon Cité (1 326 m) · Remparts · Mélèzes · Tour de Briançon (boucle) · Hautes-AlpesLe Tour de Briançon est une boucle d'une journée qui fait le tour de la cité fortifiée et de ses crêtes défensives — une randonnée qui mêle patrimoine (les forts Vauban), nature (forêts de mélèzes, alpages, schistes) et panoramas (vues multiples sur Briançon sous tous ses angles). C'est la randonnée de découverte idéale pour une première visite à Briançon — elle donne une vision complète et cohérente de la relation entre la ville et son territoire montagnard.
Le circuit passe par les principaux forts du système défensif — Fort des Têtes (1 650 m), Fort des Salettes (1 530 m), Fort du Randouillet (1 480 m) — en restant sur les crêtes et les versants qui les relient, avec des vues permanentes sur la Cité et ses environs. L'alternance de passages en forêt (ombragés, avec l'odeur caractéristique des mélèzes chauds par le soleil) et de zones ouvertes sur les crêtes calcaires crée une dynamique de paysage très agréable.
La particularité de ce circuit est qu'il se termine toujours à la Cité Vauban — et qu'une déambulation dans les ruelles médiévales, sur les remparts illuminés en soirée ou dans un restaurant de la Cité constitue une conclusion naturelle à la journée. Briançon est une des rares villes alpines où la ville elle-même est aussi intéressante que la montagne qui l'entoure.
Office de Tourisme de Briançon (briancon-tourisme.com) : excellent fournisseur de topoguides et de cartes pour toutes les randonnées du secteur. Cartes IGN Top25 au 1:25 000 pour le secteur de Briançon. Guides du GR5 (qui passe par Briançon), du Tour de l'Oisans et du tour du Queyras.
Cité Vauban après la randonnée : la Cité médiévale de Briançon est classifiée en deux niveaux — la Cité haute (intra-muros, XVIIe s.) et la ville basse. La Cité haute mérite 1h30 minimum de visite à pied — l'église des Cordeliers (fresques baroque), les maisons de la Grand-Rue (XVIIe-XVIIIe s., façades peintes), la Porte Pignerol et les chemins de ronde sur les remparts.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Pic de Rochebrune (2 945 m) – toit du briançonnais | 2 945 m | 16–20 km | 1 619 m | 7h–9h30 | Difficile |
| 2 | Col des Trois Frères Mineurs (2 818 m) | 2 818 m | 18–22 km | 1 492 m | 7h–9h | Difficile |
| 3 | Lac des Béraudes (2 516 m) – Clarée | 2 516 m | 12–16 km | 916 m | 5h–7h | Moyen/Difficile |
| 4 | Fort du Gondran (2 244 m) – Vauban | 2 244 m | 10–14 km | 918 m | 4h30–6h30 | Moyen |
| 5 | Croix de Toulouse (2 338 m) – vue cité | 2 338 m | 10–14 km | 1 012 m | 4h30–6h | Moyen |
| 6 | Tour de Briançon – patrimoine et nature | 1 900 m | 15–20 km | 700–1 000 m | 5h–7h | Moyen |
FAQ – Randonnée à Briançon
Pourquoi Briançon est-elle la plus haute ville de France et quel effet ce statut a-t-il sur le climat et les randonnées ?
Briançon (1 326 m) est officiellement la plus haute ville de France et de l'Union Européenne — un statut qui lui vient de sa position à la confluence de la Durance et de la Guisane dans les Hautes-Alpes, au cœur d'un nœud hydrographique et géographique de premier plan.
Pourquoi cette altitude : Briançon est née comme place forte militaire stratégique précisément à cause de sa position — à la convergence de cinq vallées (Durance, Guisane, Clarée, Cervières, et la voie vers l'Italie par Montgenèvre), c'est un carrefour naturel que tout grand pouvoir souhaitait contrôler. Cette position impliquait une altitude élevée (dans un verrou naturel entre les versants), ce qui n'a pas empêché son développement urbain.
L'effet sur le climat : l'altitude de 1 326 m devrait logiquement donner un climat montagnard rude — mais Briançon bénéficie d'un microclimat exceptionnel lié à sa position à l'abri des perturbations atlantiques (les massifs des Écrins et du Taillefer bloquent les perturbations venant de l'ouest) et à l'influence sub-méditerranéenne qui remonte la vallée de la Durance depuis la Provence. Résultat : 300 jours de soleil par an, des précipitations annuelles de seulement 550-600 mm (parmi les plus faibles des Alpes françaises — à comparer aux 2 200 mm de Samoëns), un air sec qui rend les températures froides moins pénibles et une végétation plus proche de la Provence que de Chamonix.
L'effet sur les randonnées : l'ensoleillement exceptionnel rend les randonnées accessibles plus longtemps dans l'année (juin-octobre dans les zones d'altitude vs juillet-septembre dans les Alpes du Nord). Le soleil intense impose des précautions (crème solaire, eau abondante). La sécheresse relative du briançonnais signifie aussi moins d'herbe dans les alpages (plus sec, moins luxuriant que Samoëns) mais une luminosité photographique incomparable — les schistes lustrés dans la lumière du soleil briançonnais sont d'une beauté plastique unique dans les Alpes.
Qu'est-ce que Vauban et pourquoi Briançon est-elle au patrimoine mondial de l'UNESCO ?
Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707) est le plus grand ingénieur militaire de l'histoire française — commissaire général des fortifications sous Louis XIV, il a conçu ou réformé plus de 300 places fortes en France et construit 37 nouvelles citadelles. Son génie a révolutionné l'architecture défensive européenne.
La révolution Vauban : avant Vauban, les fortifications médiévales (tours rondes, remparts verticaux) étaient vulnérables à l'artillerie moderne — les boulets de canon les démolissaient facilement. Vauban a développé un système défensif basé sur des bastions polygonaux en étoile (les remparts en "étoile" de Vauban) qui permettent un tir croisé sans angle mort, sur des fossés infranchissables, et sur une "défense en profondeur" avec plusieurs lignes de fortifications mutuellement couvrantes. Cette innovation a dominé l'architecture militaire européenne jusqu'au XIXe siècle.
Pourquoi Briançon : Briançon est une des places fortes les plus élaborées de Vauban — la position frontalière avec le Piémont savoisien (alors territory du duc de Savoie, ennemi récurrent de la France) nécessitait un système défensif exceptionnel. Vauban a développé à Briançon un ensemble de 6 fortifications distinctes (Cité, Fort des Têtes, Fort des Salettes, Fort du Randouillet, Fort du Gondran, Tour de la Croix de Toulouse) positionnées sur toutes les hauteurs commandant les accès — un système unique en son genre.
Le classement UNESCO 2008 : les Fortifications de Vauban sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2008 en tant que "bien en série" — 12 sites représentatifs de l'œuvre de Vauban dans toute la France, dont Briançon et Mont-Dauphin (à 20 km). Le classement reconnaît "l'importance universelle exceptionnelle" de ces fortifications dans l'histoire de l'architecture militaire. Briançon est le seul site où l'ensemble du système défensif (ville + 5 forts extérieurs) est accessible à pied sur un circuit de randonnée.
Qu'est-ce que les schistes lustrés et pourquoi sont-ils si caractéristiques du briançonnais ?
Les schistes lustrés (Glanzschiefer en allemand, terme utilisé depuis le XVIIIe siècle) sont un ensemble de roches métamorphiques particulières — des roches qui ont été transformées par des conditions extrêmes de pression et de température dans les profondeurs de la croûte terrestre.
L'origine : les schistes lustrés du briançonnais étaient initialement des calcaires et des argiles marins déposés dans l'océan alpin (la Téthys) il y a 150-180 millions d'années (Jurassique). Lors de la collision des plaques africaine et européenne il y a 70-90 millions d'années (formation des Alpes), une portion de plancher océanique a été "subductée" (enfoncée sous la plaque continentale européenne) jusqu'à une profondeur de 50-70 km. Sous cette profondeur, les pressions atteignent 20 000 à 25 000 bars (l'équivalent du poids de 20 km de roches) et les températures 400-500°C.
La transformation : sous ces conditions extrêmes, les calcaires se recristallisent en aragonite et en omphacite (pyroxène riche en sodium), et les argiles se transforment en phengite (mica phengitique). Ces minéraux reflètent la lumière différemment des roches ordinaires — d'où le nom "lustré" (brillant, lustré). La couleur caractéristique (argenté-grisâtre, parfois verdâtre ou ocre selon les teneurs en minéraux ferrugineux) est unique à ces roches.
Ce que le randonneur voit : les schistes lustrés sont reconnaissables à leur surface finement feuilletée (les "plans de foliation" — des plans de clivage créés sous les pressions de subduction), à leurs reflets métalliques argentés sous le soleil, et à leur tendance à se décomposer en petites plaquettes qui constituent les éboulis caractéristiques des crêtes du briançonnais. Ces éboulis de schistes lustrés sont très particuliers à marcher dessus — instables mais pas dangereux, avec un bruit de tintement caractéristique sous les chaussures.
Comment rejoindre Briançon depuis Paris et quelle est la meilleure saison pour randonner ?
Briançon est moins facilement accessible par le train que les Alpes du Nord (Chamonix, Samoëns) — mais son accès s'est nettement amélioré avec la création de la liaison TGV via l'Italie.
Option principale — via l'Italie : TGV Paris-Gare-de-Lyon → Turin (3h10 ou 3h30) puis train régional Turin → Oulx (45 min, gare italienne à 15 km de Briançon) + navette ou taxi Oulx → Briançon (20 min, ~15 €). Total : environ 4h15. Cette option est la plus rapide mais nécessite de traverser la frontière italienne.
Ou : TGV Paris → Lyon (2h) + TGV Lyon → Oulx (1h30, ligne TGV Eurostar Paris-Lyon-Turin) + navette (20 min). Total : 4h15 similaire.
Option française — via Marseille : TGV Paris → Marseille (3h05) + TER Marseille → Gap (2h30) + TER Gap → Briançon (1h45). Total : 7h20. Longue mais entièrement en France, paysages superbes dans les Hautes-Alpes.
Voiture : Lyon → Briançon (4h30 via A43 et N85), Marseille → Briançon (3h30 via A51 et N85), Paris → Briançon (7h via A6-A7-A43-N85). La route N85 depuis Gap est la "Route Napoléon" — Napoléon l'a empruntée lors de son retour de l'île d'Elbe en mars 1815.
Meilleures saisons : le briançonnais est exceptionnel en été (juillet-août) pour les grandes randonnées en altitude (Rochebrune, Col des Trois Frères) et tout aussi remarquable en juin et septembre (moins de monde, flore en juin, couleurs des mélèzes en octobre). L'hiver est froid mais très ensoleillé — les pistes de Serre-Chevalier (12 km) et de Montgenèvre (12 km) sont accessibles depuis Briançon. Briançon est une destination 4 saisons réelle, contrairement à beaucoup de villes de montagne.
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