Les 6 plus belles randonnées
dans les Asturies
Entre la face nord des Picos de Europa — celle du Naranjo de Bulnes et de la Garganta Divina — les lacs glaciaires de Somiedo où rode encore l’ours brun cantabrique, et une côte atlantique découpée de falaises, les Asturies concentrent certains des sentiers les plus emblématiques d’Espagne. Un pays de xanas et de cuélebres, où l’on marche autant dans la légende que dans le paysage.
Bulnes, au cœur du massif central des Picos de Europa, est le seul village d’Espagne à ne disposer d’aucun accès routier : jusqu’en 2001, ses habitants ne pouvaient rejoindre le monde extérieur qu’à pied, par le raide Canal del Tejo. L’électricité n’y est arrivée qu’en 1988. Aujourd’hui encore, marcher jusqu’à Bulnes par ce sentier reste, pour beaucoup de randonneurs, la seule manière authentique de découvrir le village.
Les Asturies (Principado de Asturias) s’étendent de la cordillère Cantabrique à la mer, formant l’une des régions de randonnée les plus complètes d’Espagne. Elles abritent la partie la plus haute et la plus spectaculaire du Parc national des Picos de Europa — dont le Naranjo de Bulnes (Picu Urriellu, 2 519 m), aiguille calcaire emblématique de l’alpinisme espagnol — ainsi que le Parc naturel de Somiedo, Reserva de la Biosfera de l’UNESCO et sanctuaire de l’ours brun cantabrique, l’un des mammifères les plus menacés d’Europe occidentale.
Comme en Cantabrie voisine, les Asturies possèdent leur propre mythologie, très vivante dans la culture locale. La xana, jeune fée aux longs cheveux blonds qui habite fontaines et grottes, garde des trésors et récompense la bonté ; le cuélebre, serpent ailé aux écailles, garde ces mêmes trésors dans des grottes et des lacs de montagne ; le trasgu, petit lutin facétieux coiffé d’un bonnet rouge, hante les maisons pour y semer un désordre malicieux. Ces figures donnent leur nom à des sentiers thématiques, comme la Ruta de las Xanas entre Santo Adriano et Qui&roacute;s.
La gastronomie complète le tableau : la fabada asturiana, le cachopo et surtout le fromage bleu Cabrales, affiné dans les grottes calcaires des Picos de Europa, récompensent chaque randonnée — sans oublier la sidra, servie escanciáe (versée de haut) dans toutes les sidrerías du Principado.
Le Top 6 des randonnées dans les Asturies
Ruta del Cares (Garganta Divina) – Poncebos → Caín, l’Itinéraire le Plus Célèbre d’Espagne
📍 Cabrales (Asturies) · Départ : Poncebos · Arrivée : Caín (León) · PR-AS 227 / PR-PNPE 3 · 12 km aller, 24 km A/R (concordance de multiples sources)La Ruta del Cares, surnommée “la Garganta Divina”, sépare le massif central du massif occidental des Picos de Europa en suivant le défilé taillé par le rio Cares. Le sentier moderne reprend le tracé d’un canal d’irrigation construit au début du XXe siècle : 71 tunnels percés à la main dans la roche calcaire, des ponts vertigineux comme le célèbre Puente Bolín, et un parcours pratiquement plat une fois passé le premier tronçon jusqu’à Los Collaos.
Sur les 12 km qui séparent Poncebos (Asturies) de Caín (León), le dénivelé reste modéré (environ 300 m dans le sens Poncebos-Caín), mais l’essentiel du parcours longe des à -pics de plusieurs centaines de mètres sans aucune protection latérale — ce qui en fait une randonnée accessible physiquement mais à ne jamais prendre à la légère.

Mirador de Ordiales depuis les Lagos de Covadonga – sur la Tombe du Fondateur du Parc National
📍 Massif du Cornión (occidental) · Départ : Lagos de Covadonga (Buferrera / Pandecarmen) · Arrivée : Mirador de Ordiales (1 750 m) · PR.PNPE-5 · 15,4 à 22,4 km A/R selon le point de départDepuis les Lagos de Covadonga (Enol et Ercina), la route classique vers le Mirador de Ordiales traverse les pâturages d’altitude de Pandecarmen puis le refuge de Vegarredonda, avant d’attaquer la partie la plus raide de la montée : la canal de Cueñe, encadrée de lapiaz calcaire, jusqu’au collado de El Forcau et aux prés d’Ordiales.
Le mirador lui-même, une étroite entaille dans une paroi verticale à 1 750 m d’altitude, est l’un des lieux les plus emblématiques de l’histoire du montagnisme espagnol : Pedro Pidal y repose depuis 1949, lui qui grimpa le premier au sommet du Naranjo de Bulnes en 1904 et fut l’instigateur du tout premier parc national d’Espagne, créé en 1918 à Covadonga.
Poncebos → Bulnes par le Canal del Tejo – le Village Sans Route
📍 Cabrales · Départ : Poncebos (pont de la Jaya) · Arrivée : Bulnes (650–730 m) · ~3,5–4 km aller, D+ ~400 m (concordance de plusieurs sources)Jusqu’en 2001, Bulnes était le dernier village d’Espagne sans accès routier : ses quelques dizaines d’habitants ne rejoignaient Poncebos qu’à pied ou à dos de mulet, par le Canal del Tejo, un sentier étroit taillé entre des parois quasi verticales. L’électricité n’y est arrivée qu’en 1988. Aujourd’hui, un funiculaire souterrain relie les deux localités en 7 minutes à travers un tunnel de 2 227 m creusé dans la Peña Maín — mais le sentier historique reste la manière la plus authentique de découvrir le village.
La montée depuis le pont de la Jaya, près de Poncebos, grimpe en lacets serrés le long du Murallón de Amuesa jusqu’au hameau, divisé entre Bulnes de Abajo (la Villa) et Bulnes de Arriba (el Castillo). Depuis le village, un court sentier mène à un mirador offrant une vue directe sur le Naranjo de Bulnes, l’aiguille calcaire la plus célèbre d’Espagne.

Lagos de Saliencia (Somiedo) – sur les Traces de l’Ours Brun Cantabrique
📍 Parc naturel de Somiedo · Départ : Alto de la Farrapona (1 708 m) · PR-AS 15 · Boucle · 8 à 8,7 km, D+ 380–400 m (concordance de plusieurs sources)Les Lagos de Saliencia, quatre lacs d’origine glaciaire nichés dans le Parc naturel de Somiedo — déclaré Réserve de Biosphère par l’UNESCO en 2000 et connu pour abriter l’une des plus importantes populations d’ours brun cantabrique d’Europe occidentale — se découvrent en boucle depuis le parking de l’Alto de la Farrapona, à la frontière avec la comarque léonnaise de Babia.
Le sentier, une ancienne piste de la mine de fer de Santa Rita (exploitée de 1805 à 1978), grimpe en douceur entre pâturages d’altitude et lacs aux eaux tour à tour turquoise et noires, jusqu’au plus grand et plus profond d’entre eux, le Lago Calabazosa. Bien que la rencontre avec un ours reste rare, la région est l’un des meilleurs territoires d’Espagne pour tenter l’observation en toute discrétion.
Senda del Oso (Teverga – Proaza) – la Via Verde en Y au Cœur du Valle del Oso
📍 Concejos de Proaza, Teverga, Qui&roacute;s et Santo Adriano · Départ : Tuñón · Arrivée : Entrago (ou extension Cueva Huerta) · ~21 km linéaire (jusqu’à 29 km avec l’extension) (Teverga Turismo)La Senda del Oso est l’une des vías verdes les plus fréquentées d’Espagne : une ancienne voie ferrée minière, reconvertie en sentier familial clôturé, qui serpente le long du rio Trubia entre les concejos de Proaza, Teverga, Qui&roacute;s et Santo Adriano — connus collectivement comme le Valle del Oso pour leur importance dans la conservation de l’ours brun cantabrique.
Le point fort du parcours pour la plupart des visiteurs reste le cercado osero, près de Proaza, où Paca et Tola — deux ourses recueillies orphelines après que des braconniers eurent tué leur mère — vivent en semi-liberté sur un vaste terrain visible depuis la senda. La Casa del Oso, à Proaza, complète la visite avec une exposition pédagogique sur l’espèce.

Acantilados del Cabo Vidío (Cudillero) – Falaises, Phare et Grotte de la Iglesiona
📍 Cudillero · Côte occidentale des Asturies · Départ : Oviñana · Boucle · ~10 km, D+ variable selon le circuit choisi (~100 m pour la version courte) (concordance Wikiloc)Le Cabo Vidío, dans le concejo de Cudillero, offre l’une des plus belles randonnées côtières des Asturies occidentales. Depuis le village d’Oviñana, le sentier longe d’abord la falaise jusqu’au phare de Vidío, construit vers 1948, avant de redescendre vers la Playa de Vallina et de remonter par une forêt d’eucalyptus jusqu’au village de Valdredo, puis retour à Oviñana par des chemins ruraux.
Sous le phare se cache la Cueva de la Iglesiona, une grotte marine spectaculaire de près de 50 m de haut, creusée par l’érosion des vagues — accessible uniquement à marée basse et idéalement accompagné d’un guide. Par temps clair, la vue depuis les falaises porte jusqu’à l’Estaca de Bares en Galice et au Cabo de Peñas, plus à l’est sur la côte asturienne.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées dans les Asturies
| # | Randonnée | Distance | D+ | Durée | Niveau |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Ruta del Cares / Garganta Divina (Poncebos-Caín) | 12 km (24 km A/R) | ~300 m | 3h20 / 6h35 | Moyen* |
| 2 | Mirador de Ordiales (Lagos de Covadonga) | 15,4–22,4 km A/R | ~900 m | 5h45–6h30 | Moyen |
| 3 | Poncebos → Bulnes (Canal del Tejo) | ~4 km aller | ~400 m | 1h15–1h30 | Moyen |
| 4 | Lagos de Saliencia (Somiedo, ours bruns) | 8–8,7 km | 380–400 m | 2h30–4h | Facile |
| 5 | Senda del Oso (Teverga-Proaza-Qui&roacute;s) | ~21 km | — | Variable | Facile |
| 6 | Acantilados del Cabo Vidío (Cudillero) | ~10 km | Modéré | ~3h | Facile |
*La Ruta del Cares est physiquement facile (faible dénivelé) mais classée ici “Moyen” en raison de l’exposition au vide sur l’essentiel du parcours.
FAQ – Randonnée dans les Asturies
Pourquoi la Ruta del Cares est-elle considérée comme dangereuse malgré son faible dénivelé ?
Le dénivelé de la Ruta del Cares est effectivement modéré (environ 300 m sur 12 km), ce qui la rend accessible physiquement à la plupart des marcheurs. Le danger vient d’ailleurs : le sentier, taillé dans la roche calcaire pour suivre un ancien canal d’irrigation, longe des à-pics de plusieurs centaines de mètres sans aucune protection latérale sur la majeure partie de son tracé. Des chutes mortelles y sont régulièrement rapportées, notamment par excès de confiance ou par temps humide. C’est une randonnée accessible à condition de garder une vigilance constante, en particulier avec des enfants ou des chiens.
Qui sont la xana, le cuélebre et le trasgu dans la mythologie asturienne ?
La xana est une jeune fée de grande beauté, aux longs cheveux blonds, qui habite fontaines, rivières et grottes ; elle garde des trésors et peut récompenser la bonté ou punir la cupidité. Le cuélebre est un serpent ailé aux écailles, sorte de dragon qui garde ces mêmes trésors et les xanas enchaînées (les ayalgas) au fond de grottes et de lacs de montagne ; on lui attribue plusieurs légendes toponymiques à travers les Asturies. Le trasgu, enfin, est un petit lutin facétieux coiffé d’un bonnet rouge pointu, qui s’installe dans les maisons pour y semer un désordre malicieux sans être véritablement méchant. Ces figures, ainsi que le busgosu (protecteur des bois) et le nuberu (maître des orages), forment le cœur de la mythologie asturienne et donnent leur nom à plusieurs sentiers thématiques, comme la Ruta de las Xanas près de Santo Adriano et Qui&roacute;s.
Est-il vraiment possible de voir un ours brun sauvage à Somiedo ?
Somiedo abrite l’une des principales populations d’ours brun cantabrique en liberté d’Europe occidentale, avec plusieurs ourses suivies avec petits recensées dans la zone. L’observation reste toutefois rare et jamais garantie : les meilleures chances se situent à l’aube et au crépuscule, au printemps (avril-juin, quand les femelles descendent avec leurs petits pour se nourrir des premières pousses) et en fin d’été/début d’automne. De nombreuses agences locales proposent des excursions guidées dédiées à l’observation de l’ours, avec des taux de succès bien meilleurs qu’en randonnée libre. En cas de rencontre fortuite, il ne faut jamais s’approcher ni nourrir l’animal.
Quelle est la meilleure période pour randonner dans les Asturies ?
Printemps (avril-juin) : idéal pour Somiedo et l’observation de la faune, végétation verdoyante, cascades abondantes. Été (juillet-août) : période la plus sûre pour les hautes randonnées des Picos de Europa (Ordiales, environs de Bulnes), mais aussi la plus fréquentée — parkings saturés aux Lagos de Covadonga et à Poncebos, accès parfois réglementé par navette. Automne (septembre-novembre) : couleurs des hêtraies, températures encore clémentes sur la côte et sur la Senda del Oso. Hiver (décembre-mars) : la côte et les vías verdes restent praticables, mais les hautes randonnées des Picos de Europa demandent un équipement hivernal et une expérience confirmée (neige, accès aux lacs de Covadonga parfois coupés).
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