Les 6 plus belles randonnées
à Gran Canaria (Canaries)
Dunes du Sahara, forêts de pins à 50 m de haut, barrancos désertiques, caldera volcanique de 200 m de profondeur, monolithe de 80 m dressé à 1 813 m. Gran Canaria concentre tout cela en 1 560 km². On l’appelle le “continent miniature” — c’est le bon mot.
Le pin canarien (Pinus canariensis) est l’arbre endémique des îles Canaries — et les spécimens les plus vieux du parc de Tamadaba peuvent dépasser 50 m de hauteur. Son adaptation aux conditions volcaniques est remarquable : jusqu’à 8 cm d’écorce qui lui permet de résister aux feux de forêt — l’arbre brûle mais ne meurt pas, et repousse depuis la base. Dans le parc de Tamadaba, les pins ont eu assez de temps pour atteindre des tailles jamais vues dans les autres îles. Randonner là-dedans change totalement la perception de la forêt canarienne
Gran Canaria est la troisième plus grande île des Canaries avec 1 560 km², et la seconde la plus peuplée avec près de 863 000 habitants (2023). Sa capitale, Las Palmas de Gran Canaria, est la première ville des Canaries et la neuvième d’Espagne. L’île est de forme presque circulaire — environ 50 km de diamètre. Son centre est montagneux et concentré : le Pico de las Nieves (1 949 m) et le Morro de la Agujereada (1 956 m) — le véritable point le plus haut, bien que Pico de las Nieves soit historiquement le plus célèbre.
Le surnom de “continent miniature” est pleinement mérité : en quelques heures de voiture, on passe des dunes d’ergs de Maspalomas (plus grandes dunes de sable des Canaries) aux forêts de pins humides de Tamadaba, des barrancos arides du sud aux villages blancs de l’intérieur. La géologie est aussi spectaculaire que diverse : 80% du volume de l’île a été formé lors des éruptions du Miocène (14 à 9 millions d’années), suivi d’un cycle d’érosion intense de 4 millions d’années, puis d’un second cycle volcanique dit “cycle du Roque Nublo” (4,5 à 3,4 Ma) qui a produit le monolithe emblématique.
Gran Canaria possède 32 espaces naturels protégés (Wikipedia EN), dont deux parcs ruraux (Nublo et Doramas), dix monuments naturels, et le parc naturel de Tamadaba. Elle est aussi Réserve de biosphère UNESCO. Les Guanches — premiers habitants, d’origine berbère — ont laissé dans les barrancos et les falaises des habitations troglodytiques, des greniers en hauteur (cenobios), des sites de cérémonie. Le Roque Nublo et le Roque Bentayga étaient leurs lieux de culte principaux.
Le Top 6 des randonnées à Gran Canaria
Roque Nublo – Le Monolithe de Basalte de 80 Mètres, Icône de Gran Canaria
📍 Parking Cruz de los Llanos (accès bus depuis Tejeda) · Sentier en balcon · Forêt de pins canariens · Plateau basaltique · Roque Nublo (80 m, alt. site 1 813 m) · Roque El Fraile (El Cura) · Vue Teide par temps clair · Retour La Culata ou TejedaLe Roque Nublo est l’icône absolue de Gran Canaria — ce monolithe de basalte haut de 80 m, dressé à 1 813 m d’altitude, qui surgit d’un plateau comme un totem géant. Il est le produit du “cycle du Roque Nublo”, une phase volcanique qui s’étend de 4,5 à 3,4 millions d’années, pendant laquelle des laves visqueuses ont formé des structures résistant à l’érosion. Tout autour s’est érodé — lui est resté. Son nom en espagnol signifie “rocher dans les nuages” ou viendrait d’un ancien nom Guanche “Roque Nugro/Ñugro”. Les Guanches l’utilisaient comme lieu de culte, avec le Roque Bentayga voisin.
L’accès est réglementé : pas de parking direct au pied du sentier en haute saison. Il faut partir du parking Cruz de los Llanos ou prendre le bus depuis Tejeda. La boucle courte (~5,4 km, D+ 300 m) permet d’atteindre le monolithe en 2h sans difficulté technique majeure, avec de superbes points de vue. La boucle longue depuis Tejeda (14 km, D+ 800 m) traverse une forêt de pins canariens remarquable et offre une dimension plus alpestre. Par temps clair, le Téide de Ténérife est visible à plus de 100 km.

Pico de las Nieves (1 949 m) depuis Llanos de la Pez – Le Toit Traditionnel de l’Île
📍 Aire récréative de Llanos de la Pez (1 600 m) · Refuge Díaz Bertrana · Sentier S-51 · Pico de las Nieves (1 949 m) · Mirador panoramique · Option : continuer vers Degollada de los Hornos et Roque Nublo · Boucle circulaireLe Pico de las Nieves (1 949 m) est le sommet traditionnel de Gran Canaria — même si techniquement le Morro de la Agujereada (1 956 m) est légèrement plus haut, c’est le Pico de las Nieves qui figure sur toutes les cartes comme point culminant. Son nom vient de la tradition historique de stocker de la neige dans des puits (pozo), neige qui était ensuite acheminée à dos de mulet jusqu’à Las Palmas pour rafraîchir les élites pendant l’été. Le sommet abrite aujourd’hui des installations militaires/de communication.
La randonnée depuis l’aire récréative de Llanos de la Pez (1 600 m) en empruntant le sentier S-51 est une magnifique boucle à travers les forêts de pins canariens, passant par le Refuge Díaz Bertrana et les Riscos de Tirajana (monument naturel). Depuis le mirador du Pico de las Nieves, par beau temps, la vue couvre l’ensemble de l’île et le Téide en fond. L’it inéraire peut se prolonger vers la Degollada de los Hornos et le Roque Nublo pour une grande journée complète.
Caldera de Bandama – Dans le Cratère Volcanique des 5 000 Ans
📍 Pico de Bandama (574 m, mirador) · Bord de la caldera (à 3 km du mirador) · Sentier de descente intérieure · Fond de la caldera (~200 m en dessous) · Végétation luxuriante · Ancienne ferme · Remonter par le même cheminLa Caldera de Bandama est l’une des formations volcaniques les plus accessibles et les plus saisissantes de Gran Canaria. D’une profondeur d’environ 200 m et d’un diamètre d’environ 1 km, formée il y a environ 5 000 ans lors d’une éruption explosive phréato-magmatique, elle est visible depuis tout le nord et l’est de l’île. Le Pico de Bandama (574 m), point de vue aménagé avec plateforme d’observation, est le premier arrêt : vue plongeante sur le cratère, sur Las Palmas et l’océan.
La descente à l’intérieur de la caldera est une expérience différente — “une expérience onirique, dans la mesure où il y règne un isolement complet qui incite à la réflexion” selon Visorando. La végétation luxuriante du fond contraste avec l’environnement plus aride des bords. Une ancienne ferme abandonnée au fond de la caldera — le seul habitant de ce lieu singulier. Des traces de vie aborigène Guanche ont été retrouvées dans la zone. La remontée par le même chemin demande un effort notable.

Barranco de Guayadeque – Canyon Troglodytique et Flore Endémique
📍 Parking au fond de la route asphaltée (terminus GC-100) · Sentier boucle · Habitations troglodytiques dans les parois · Restaurant-grotte · Musée de Guayadeque · Flore endémique · Variante difficile vers Caldera de los Marteles ou Pico de las NievesLe Barranco de Guayadeque est un monument naturel de Gran Canaria — une gorge aux falaises imposantes habitées par les hommes depuis des siècles, avec des habitations troglodytiques encore visibles et parfois encore occupées. L’originalité principale : plusieurs grottes ont été aménagées en restaurants — manger dans une grotte taillée dans le calcaire, avec vue sur le canyon, est une expérience gastronomique unique sur l’île. Le “Musée de Guayadeque” sur la route d’accès explique l’histoire de cet habitat singulier.
La boucle facile depuis le parking terminus (4-6 km, D+ faible) est parfaite pour les familles et les randonnéeurs débutants — “relativement facile, parfaite pour les familles ou excursionnistes novices” (AstroGC). La flore endémique du canyon (palmiers canariens, canes à sucre, euphorbes géantes) contraste avec les falaises arides. Pour les randonnéeurs en forme, la variante difficile vers la Caldera de los Marteles (7,85 km, D+ 1 011 m, 5h10) est qualifiée de “un peu difficile au début puis plus facile” avec des vues panoramiques exceptionnelles.
Parc Naturel de Tamadaba – La Plus Belle Forêt de Pins Canariens des Canaries
📍 Accès depuis Agaete (nord-ouest) ou Artenara · Parc naturel de Tamadaba (>7 000 ha) · Forêt de pins canariens · Barranco Hondo · Falaises de la côte ouest · Puerto de la Aldea · Vue Teide · Randonnées boucles indiquéesLe Parc Naturel de Tamadaba, dans le nord-ouest de Gran Canaria, abrite l’une des plus belles et plus étendues forêts de pins canariens (Pinus canariensis) des Canaries — une espèce endémique aux Canaries et à Madère, adaptée aux incendies volcaniques avec une écorce atteignant 8 cm d’épaisseur. Les pins les plus vieux de Tamadaba dépassent 50 m de hauteur. L’humidité des alizés qui s’accumule sur le versant nord du massif crée une ambiance de forêt humide inattendue — lichens, mousses, brume matinale — très différente du reste de l’île.
Le parc couvre plus de 7 000 ha (AstroGC) avec des terrains escarpes, des forêts denses et des falaises abruptes donnant sur l’Atlantique. Le Barranco Hondo est un canyon profond offrant des vues saisissantes sur le paysage. À quelques km sur la côte GC-200 : la Fuente de los Azulejos (Rainbow Rocks) — une paroi rocheuse aux couleurs extraordinaires (vert, bleu, rouge, orange) causées par l’oxydation des minéraux volcaniques. Un arrêt photo absolument incontournable.

Playa de Güigüi – La Plage Sauvage Accessible à Pied Uniquement
📍 Tasartico (parking, côte ouest, commune de La Aldea de San Nicolás) · Sentier montée · Degollada de Aguasabina (col) · Descente vers la plage · Playa de Güigüi (plage de sable noir, accès exclusivement à pied ou bateau) · Retour même voie ou bateauLa Playa de Güigüi est le Graal des randonneurs à Gran Canaria — une plage de sable noir volcanique absolument vierge sur la côte ouest, dont l’accès est exclusivement pédestre (ou en bateau). Pas de route, pas de construction, pas de service. Depuis Tasartico (petite commune de la Aldea de San Nicolás, parking), le sentier monte vers le col de la Degollada de Aguasabina à travers un paysage aride et spectaculaire de la côte ouest — euphorbes géantes, cardons (Euphorbia canariensis), lézards, vues atlantiques infinies. Puis descente vers la plage.
La récompense est à la hauteur de l’effort : une plage de sable noir volcanique encadrée de falaises, des eaux limpides, un silence total. Aucun touriste de bord de mer n’arrive ici par hasard — il faut l’avoir voulu et marché. La remontée depuis la plage est la partie physiquement la plus exigeante. L’alternative bateau (excursion depuis Puerto Mogán) permet d’y accéder sans effort, mais la randonnée est son propre intérêt.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Roque Nublo (1 813 m) — monolithe 80 m, icône guanche | 5,4–14 km | 300–800 m | 2–6h | Facile à moyen |
| 2 | Pico de las Nieves (1 949 m) depuis Llanos de la Pez S-51 | ~8 km | ~450 m | ~3h | Moyen |
| 3 | Caldera de Bandama — 200 m profondeur, descente intérieure | 3,3–5 km | ~200 m | 2–3h | Facile à moyen |
| 4 | Barranco de Guayadeque — grottes, restaurants troglodytiques | 4–8 km | faible–1 011 m | 1h30–5h10 | Facile à difficile |
| 5 | Parc naturel Tamadaba — pins 50 m, falaises, Rainbow Rocks | 5–15 km | variable | 2–5h | Moyen |
| 6 | Playa de Güigüi — plage sauvage accessible à pied uniquement | ~10 km A/R | ~600 m | 4–5h A/R | Moyen |
FAQ – Randonnée à Gran Canaria
Pourquoi Gran Canaria est-elle surnommée « continent miniature » ?
Parce qu’elle concentre en 1 560 km² (environ 50 km de diamètre) une diversité de paysages qui normalement n’existe que à l’échelle continentale. Dans la même journée, il est possible de se baigner sur les plages de sable blanc et doré du sud (plages les plus visitées d’Espagne), de randonner dans les forêts humides de pins canariens du nord-ouest, de déjeuner dans un village blanc de l’intérieur montagneux à 1 000 m d’altitude, et de terminer la journée face aux dunes d’ergs de Maspalomas (plus grandes dunes de sable des Canaries, parmi les plus vastes d’Europe).
La raison géologique : Gran Canaria est une île volcanique ancienne (14 à 9 millions d’années pour 80% de son volume) qui a eu le temps d’être fac onnée par 4 millions d’années d’érosion intense, créant une topographie complexe avec des barrancos profonds, des falaises, des plateaux, des zones arides et des zones humides. Les alizés du nord-est arrosent le versant nord et créent un microclimat humide (à Tamadaba, il pleut 5 fois plus qu’à Maspalomas).
Le Roque Nublo est-il vraiment le sommet de Gran Canaria ?
Non — et c’est une confusion fréquente. Le Roque Nublo est à 1 813 m d’altitude (l’altitude du site où il se dresse), avec un monolithe de basalte de 80 m supplémentaires. Mais c’est le troisième point le plus haut de Gran Canaria, après : le Morro de la Agujereada (1 956 m) — véritable sommet le plus haut de l’île, rarement mentionné — et le Pico de las Nieves (1 949 m) — sommet traditionnel, accessible en voiture, sur toutes les cartes.
Pourquoi le Roque Nublo est-il plus célèbre ? Parce que c’est une formation spectaculaire et visible de loin, avec un chargé symbolique fort (lieu de culte guanche, icône des cartes postales de l’île). Son nom ne signifie pas « sommet » mais « rocher dans les nuages » (ou d’un ancien terme Guanche). Depuis les alentours, il apparaît en surplomb — visuellement il « culmine » même si géographiquement il ne dépasse pas le Pico de las Nieves.
Quelle est la meilleure période pour randonner à Gran Canaria ?
Gran Canaria est praticable toute l’année grâce à son “printemps éternel” — mais le choix de la saison dépend de la zone cible.
Octobre à avril : la meilleure période pour le centre de l’île (Roque Nublo, Pico de las Nieves, Tamadaba). Températures agréables en altitude, possible neige occasionnelle au Pico de las Nieves (d’où son nom), flore en pleine période active. Février : floraison des amandiers dans le centre (autour de Tejeda) — un spectacle unique. Été (juin-août) : center de l’île encore réalisable mais nuages alizés fréquents l’après-midi. Playa de Güigüi et côte ouest : à réserver au matin tôt ou à éviter (chaleur extrême de 11h à 17h). Barranco de Guayadeque : valable toute l’année. Alisés d’été : le nord de l’île peut être frais et nuageux en juillet-août alors que le sud est ensoleillé.
Qui étaient les Guanches de Gran Canaria ?
Les Guanches est le terme générique pour désigner les premiers habitants des Canaries, d’origine berbère (Afrique du Nord). À Gran Canaria, ils formaient une civilisation spécifique parfois appelée “Canarios” ou “Gomeros” selon les îles. Ils sont arrivés dans les îles probablement entre 500 av. J.-C. et 1 000 ap. J.-C. Essentiellement pasteurs (chèvres et brebis) et cultivateurs, ils pratiquaient une forme d’agriculture en terrasses et vivaient partiellement dans des habitations troglodytiques (grottes aménagées dans les falaises).
À Gran Canaria, ils avaient deux sites sacrés principaux : le Roque Nublo et le Roque Bentayga, où des cérémonies et des dépôts votifs ont été trouvés. Le Cenobio de Valerón (nord de l’île) est un remarquable ensemble de plus de 350 greniers et lieux de retraite taillés dans les falaises. La conquête espagnole de Gran Canaria s’est terminée en 1483 — parmi les plus tardives des Canaries — en raison de la résistance acharnée du peuple Guanche sous le chef Tenesor Semidán.
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