⛷️ Ski alpin·Coupe du monde

Une démonstration sur un Rettenbach balayé par le vent, et un message limpide pour la suite. Vainqueur éblouissant du géant d'ouverture à Sölden, avec 48 centièmes d'avance sur Loïc Meillard et 49 sur Marco Odermatt, Lucas Pinheiro Braathen ne s'en cache pas : le Brésilien, deuxième du classement général l'hiver dernier et détenteur du globe de géant, veut désormais le gros globe. Et pour y parvenir, il va élargir son terrain de jeu.

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« Il y avait beaucoup de pression sur mes épaules aujourd'hui. Mais la pression est un privilège, et j'ai su en tirer profit. Quel soulagement de pouvoir ouvrir le spectacle de cette manière ! » Lucas Pinheiro Braathen

« Je n'ai pas voulu hésiter »

En tête après la première manche avec 24 centièmes d'avance, le champion olympique a doublé son écart sur le second tracé. Quatrième victoire de rang en géant, Jeux de Milan-Cortina compris : depuis son titre olympique, personne ne l'a battu dans la discipline.

« J'ai tellement travaillé tout l'été. Je n'ai pas voulu hésiter, je savais ce que j'avais en moi, et je suis tellement, tellement fier d'avoir pu le montrer. » Lucas Pinheiro Braathen

Mais pour lui, l'essentiel était ailleurs. Dans les sensations, dans ce lien avec lui-même qu'il dit rechercher à chaque entraînement.

« J'ai simplement pu être moi-même, j'étais tellement connecté avec moi-même, et c'était tellement amusant de skier cette deuxième manche. Je savais que c'est ce que je devais ressentir. C'est cette sensation que je poursuis chaque jour. Pour moi, c'est la vraie victoire aujourd'hui. » 

Sölden, là où tout a commencé

Le glacier tyrolien a une saveur particulière pour lui. En 2020, sous les couleurs norvégiennes, il y avait signé sa première victoire en Coupe du monde, à 20 ans, devenant le plus jeune vainqueur de l'histoire de l'épreuve. Six ans plus tard, il remet ça sous le drapeau brésilien.

« C'est incroyable de repenser au fait d'avoir été le plus jeune vainqueur ici, et de revenir le refaire. C'est quelque chose de très spécial pour moi. Ce jour-là, quand j'avais 20 ans, ça a changé ma vie. » Lucas Pinheiro Braathen

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Le gros globe, l'objectif assumé

Pas question de jouer la fausse modestie. Le classement général, il en parle ouvertement, et il s'en explique.

« Pour moi, c'est tout à fait naturel. J'ai terminé deuxième l'an dernier. L'un de mes plus grands objectifs est de remporter le classement général de la Coupe du monde avant de mettre un terme à ma carrière. Je crois que je suis arrivé au stade de ma carrière où j'en suis capable. » 
« Si je n'y crois pas suffisamment pour parler publiquement de ce que je veux accomplir, comment pourrais-je me convaincre moi-même que j'en suis capable ? » Lucas Pinheiro Braathen

Le général, c'est une bataille de longue haleine, de Sölden à la finale. Le Brésilien de 26 ans se dit armé pour la mener.

« Je suis prêt pour ce combat, je me suis bien positionné. Chaque point compte, chaque course compte. » 

Le super-G pour défier Odermatt

Face à Marco Odermatt, présent dans trois disciplines quand lui n'en dispute que deux, le technicien sait qu'il ne pourra pas se contenter du slalom et du géant.

Il prévoit de s'aligner sur les premiers super-G de la saison, à Copper Mountain puis Beaver Creek, fin novembre et début décembre. Jusqu'ici, Braathen n'a disputé que deux super-G en Coupe du monde, pour une 7e et une 64e place.

« J'ai cherché de nouvelles curiosités, de nouvelles voies pour évoluer après l'or olympique et le globe de l'an dernier. Nous allons vers de nouveaux buts, de nouveaux objectifs. J'espère skier suffisamment bien pour disputer ensuite davantage de courses de vitesse. » 
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Prochaine étape avant l'Amérique du Nord : le slalom de Levi, mi-novembre. Le « projet slalom » devait démarrer dès lundi matin, juste après une soirée bien méritée, « après quelques bières entre amis ».

« Je travaille pour gagner tous les jours »

La course n'avait rien d'une promenade. Départ abaissé à cause du vent, lumière plate, piste bosselée : Braathen s'en est remis à sa préparation.

« Vu la visibilité et les conditions... Au final, j'ai fait confiance au travail accompli, aux discussions et aux essais que nous avions menés. Je ne travaille pas pour gagner certains jours, je travaille pour gagner tous les jours. » Lucas Pinheiro Braathen

Neige dure ou molle, grand soleil ou brouillard : sa devise reste la même, donner le meilleur à chaque manche. Une philosophie qui a déjà fait de lui l'un des visages forts du circuit.

Une spectatrice très spéciale

Sur le glacier, une personne vivait sa toute première course de ski en direct : sa compagne, Isadora Cruz, très émue à l'arrivée. Une présence qu'il a savourée, et qu'il espère revoir plus souvent cet hiver.

« J'éprouvais une certaine pression avec ses beaux yeux. C'était un privilège exceptionnel. Tout le monde est traité de la même manière dans l'équipe. C'est toujours une collaboration, jamais une exigence de ma part. » 

Premier round pour le Brésilien, qui a hurlé « Vamos ! » face caméra dans l'aire d'arrivée. Le gros globe se jouera sur tout l'hiver, mais Braathen a déjà fixé le ton : il ne viendra pas pour faire de la figuration.

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