Vie pratique montagne · Altitude

Le mal aigu des montagnes ne fait pas de distinction entre sportifs aguerris et débutants : il touche des personnes en parfaite santé, simplement exposées trop vite à un manque d'oxygène.

Bien le comprendre permet de l'anticiper plutôt que de le subir en pleine ascension.

2 500 mseuil d'apparition
Le mal aigu des montagnes peut apparaître dès 2 000-2 500 m, 4 à 12 h après l'arrivée. Son incidence grimpe avec l'altitude : environ 15 % à 2 000 m, jusqu'à 60 % à 4 000 m.

Qu'est-ce que le mal aigu des montagnes ?

Passé un certain seuil d'altitude, la pression atmosphérique chute et l'organisme reçoit moins d'oxygène à chaque respiration — un tiers de moins dès 3 000 m, la moitié à 5 500 m. Le corps réagit par une hyperventilation et une accélération du rythme cardiaque, des mécanismes d'adaptation qui provoquent eux-mêmes les premiers désagréments.

La sensibilité varie énormément d'un individu à l'autre et n'a aucun lien avec la condition physique : un sportif entraîné peut être touché quand un randonneur occasionnel ne ressentira rien.

Un passage rapide en altitude, comme une visite en téléphérique de quelques heures, expose beaucoup moins qu'un séjour prolongé ou une nuitée.

Les symptômes à surveiller

Le signe principal est le mal de tête, souvent associé à des nausées, une perte d'appétit, une fatigue inhabituelle et un essoufflement au moindre effort. Ces symptômes sont parfois confondus, à tort, avec la fatigue du voyage ou un simple lendemain difficile.

Des signes plus graves doivent alerter immédiatement : confusion mentale, toux sèche persistante pouvant évoluer vers des expectorations roses, essoufflement marqué au repos, ou coloration bleutée de la peau.

Ils peuvent annoncer un œdème pulmonaire de haute altitude (24 à 96 heures après l'ascension) ou un œdème cérébral, deux urgences médicales absolues nécessitant une descente immédiate.

Les facteurs qui augmentent le risque

Le principal facteur de risque reste la vitesse de montée, en particulier au-delà de 400 mètres de dénivelé positif par jour passé le seuil des 2 500 m.

L'altitude à laquelle on dort compte davantage que l'altitude atteinte en journée : on peut monter haut en excursion sans problème, à condition de redescendre dormir plus bas — c'est le principe qui structure la plupart des treks d'acclimatation en haute montagne.

Le rôle du Diamox (acétazolamide)

Certains médecins prescrivent l'acétazolamide (Diamox) en prévention, avant un départ vers des altitudes élevées : il facilite l'acclimatation en augmentant la réponse ventilatoire à l'hypoxie. Il peut aussi soulager les symptômes s'il est pris dès leur apparition.

Ce médicament nécessite une prescription médicale et ne protège ni de l'œdème pulmonaire ni de l'œdème cérébral de haute altitude : il accompagne l'acclimatation, il ne dispense jamais d'une montée progressive.

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La descente, seul traitement vraiment fiable

Dans l'immense majorité des cas, les symptômes du mal aigu des montagnes régressent avec l'acclimatation et disparaissent rapidement dès la descente, souvent en quelques heures.

C'est cette réversibilité qui rend la vigilance d'autant plus importante : un symptôme pris à temps se résout facilement, un symptôme ignoré peut évoluer vers une complication grave en quelques heures seulement.

Les personnes ayant déjà connu un épisode sévère peuvent faire évaluer leur sensibilité par un test d'effort sous hypoxie avant un prochain départ en haute altitude, un examen qui prédit le risque avec une fiabilité d'environ 75 %.

Une vigilance particulière pour certains publics

Les enfants peuvent être plus sensibles aux effets de l'altitude que les adultes, en raison de systèmes respiratoire et circulatoire encore en développement — une raison de rester particulièrement attentif à leurs plaintes lors d'un trek familial en altitude, même mineures en apparence.

Dans tous les cas, l'incapacité à reconnaître ses propres symptômes reste le danger numéro un : voyager en groupe permet de se surveiller mutuellement, un randonneur en début d'œdème cérébral n'étant souvent plus en mesure de juger correctement sa propre situation.

Prévention et acclimatation

  1. Montez progressivement : un jour de repos actif tous les 1 000 m de dénivelé gagné au-delà de 2 500-3 000 m.
  2. Hydratez-vous abondamment — 3 à 4 litres d'eau par jour, la sensation de soif diminuant avec le froid.
  3. Évitez alcool et somnifères, qui aggravent la déshydratation et répriment la respiration nocturne.
  4. Ne montez jamais plus haut pour dormir au moindre symptôme, et descendez sans délai si l'état s'aggrave.
Questions fréquentes
À partir de quelle altitude peut-on être touché par le mal aigu des montagnes ?

Les premiers symptômes peuvent apparaître dès 2 000 à 2 500 m d'altitude selon les individus, généralement 4 à 12 heures après l'arrivée. L'incidence augmente fortement avec l'altitude, jusqu'à environ 60 % des personnes à 4 000 m.

Le mal aigu des montagnes est-il lié à la condition physique ?

Non, il n'est pas lié à la forme physique ni aux performances sportives. La sensibilité individuelle varie fortement d'une personne à l'autre.

Quels signes doivent vraiment alarmer ?

Une confusion mentale, une toux sèche persistante, un essoufflement au repos ou une coloration bleutée de la peau peuvent annoncer un œdème cérébral ou pulmonaire de haute altitude, nécessitant une descente immédiate.

Le Diamox permet-il d'éviter tous les risques liés à l'altitude ?

Non. L'acétazolamide (Diamox), sur prescription médicale, facilite l'acclimatation et peut soulager les symptômes, mais il ne protège ni de l'œdème pulmonaire ni de l'œdème cérébral de haute altitude — la montée progressive reste indispensable.

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