⛷️ Ski alpin·Kurier

Rester debout, rester assis, conduire. Pour la plupart des gens, rien de plus banal. Pour Manuel Feller, c'est un supplice. À 34 ans, le slalomeur autrichien sort d'un nouvel été compliqué, plombé par ce dos qui le fait souffrir depuis le début de sa carrière. Et à deux semaines et demie du premier slalom de la saison à Levi, sa présence au départ paraît très incertaine.

« C'est bien pire pour moi que l'entraînement. Le mouvement me fait plus de bien que de rester assis sans bouger. » Manuel Feller / Kurier

Une première hernie à 19 ans

Le problème ne date pas d'hier. Les hernies discales accompagnent le Tyrolien de Fieberbrunn depuis ses débuts.

« J'ai eu ma première hernie discale à 19 ans. À l'époque, c'était presque plus difficile, parce que je ne savais pas encore ce qui m'attendait. » Manuel Feller

Après les Jeux olympiques de Milan-Cortina, où il a décroché l'argent du combiné par équipes aux côtés de Vincent Kriechmayr, Feller a mis un terme à sa saison pour passer une nouvelle fois sur le billard. L'été n'a rien arrangé : une autre hernie l'a durement touché.

« Il y a eu des jours où je me suis dit : pourquoi tu t'infliges encore ça ? » Manuel Feller

« Je le dois au sport »

Pourquoi continuer ? Parce que le père de deux enfants prend toujours du plaisir sur les skis, et qu'il refuse de tirer sa révérence en patient.

« Je dois au sport de ne pas finir ma carrière comme se sont passées les deux dernières années. Je veux encore faire deux saisons en prenant du plaisir. » 

La leçon de toutes ces années de galère tient en trois mots : moins, c'est mieux. Le vétéran doit lever le pied à l'entraînement et écouter son corps.

« C'est dur quand on est puni par la douleur pour avoir bossé. » Manuel Feller

Levi, peu probable

Feller n'a repris l'entraînement entre les piquets qu'il y a quelques jours, et il est loin du volume de travail de ses coéquipiers. Avec son staff, il a tranché : pas question de participer pour participer. L'entraîneur en chef de l'équipe d'Autriche, Marko Pfeifer, est clair.

« On ne va sûrement pas l'aligner juste pour qu'il soit au départ. Ça n'a de sens que si Felli peut jouer la victoire. » Marko Pfeifer

Cap sur janvier

Pas de quoi affoler pour autant ce compétiteur atypique, qui a souvent fait mieux avec moins. En 2023-2024, il avait remporté le petit globe du slalom en terminant toutes les courses de l'hiver dans le top 5. Et en janvier dernier, il s'était offert un succès d'une immense portée émotionnelle à domicile, sur le Ganslernhang de Kitzbühel, l'une de ses sept victoires en Coupe du monde.

« Je ne m'attends pas à jouer le globe. Mon objectif, c'est janvier. Je ne prendrai définitivement pas le départ avec des douleurs. » Manuel Feller

Janvier, le mois des slalomeurs, avec ses grandes classiques d'Adelboden, Wengen, Kitzbühel et Schladming. Le terrain de jeu préféré d'un skieur adoré bien au-delà de l'Autriche : il existe même un fan-club norvégien à son nom, dont font partie des rivaux comme Lucas Pinheiro Braathen ou Atle Lie McGrath.