En montagne, un ciel dégagé au départ ne garantit rien pour l'après-midi. Un cumulonimbus peut se former en 30 minutes à une heure lors d'une journée chaude et instable, prenant de vitesse des randonneurs partis sereinement le matin.
Savoir lire les signes et comprendre pourquoi certains réflexes protègent vraiment fait toute la différence.
▲Les signes qui doivent alerter
Un ciel qui s'assombrit rapidement, des cumulus qui gonflent verticalement en forme d'enclume, une chute brutale de la température ou un vent qui change soudainement de direction sont autant de signaux à prendre au sérieux.
Un bourdonnement dans l'air, des cheveux qui se dressent ou un crépitement sur le matériel métallique indiquent une accumulation de charge électrique imminente : il faut réagir sans attendre le premier éclair, ce sont des signes précurseurs d'un impact possible dans les secondes qui suivent.
▲Que faire si l'orage vous surprend
- Quittez les crêtes et sommets immédiatement : la foudre frappe toujours le point culminant du paysage.
- Perdez de l'altitude vers un creux de terrain ou un versant boisé dense, en évitant les arbres isolés.
- Éloignez le matériel métallique (bâtons, piolets, mousquetons) d'au moins 20 mètres.
- Adoptez la position accroupie, pieds joints, isolé du sol par votre sac à dos si possible — jamais debout jambes écartées.
▲Comprendre la tension de pas
Quand la foudre touche le sol, le courant se disperse en cercles concentriques et perd progressivement en intensité à mesure qu'il s'éloigne du point d'impact.
Si vos deux pieds ou vos deux mains touchent le sol à des endroits de potentiel électrique différent, le courant traverse votre corps entre ces deux points : c'est la tension de pas.
C'est précisément pour cette raison que la position accroupie pieds joints protège mieux que la position debout jambes écartées : en réduisant la distance entre vos points de contact avec le sol, vous réduisez la différence de potentiel qui pourrait vous traverser.
▲Les abris à privilégier, et ceux à éviter
Un refuge en dur, une cabane en pierre ou un véhicule offrent une réelle protection : la carrosserie d'une voiture agit comme une cage de Faraday et fait circuler le courant vers le sol à l'extérieur de l'habitacle. Une grotte non métallique peut convenir, à condition de rester éloigné des parois et de l'entrée.
À l'inverse, évitez tout contact avec les parois rocheuses humides, les surplombs, les lacs et cours d'eau, ainsi que les arbres isolés — un arbre isolé est environ 50 fois plus susceptible d'être frappé qu'une personne debout à découvert.
Une tente seule n'offre aucune protection contre la foudre, ses armatures métalliques pouvant même attirer les éclairs.

▲Attendre avant de repartir
Un orage qui s'éloigne reste dangereux : la foudre peut frapper jusqu'à une quinzaine de kilomètres du cœur de l'averse. La règle communément admise consiste à attendre au moins 30 minutes après le dernier coup de tonnerre entendu avant de reprendre une activité en terrain exposé.
En groupe, gardez les mêmes précautions d'espacement qu'en terrain avalancheux : ne restez jamais tous serrés dans une zone exposée, pour qu'un impact ne touche pas l'ensemble du groupe en cas de tension de pas étendue.
▲Les erreurs qui aggravent le risque
Partir tard en pensant "gagner du temps" alors que les orages de chaleur se forment justement l'après-midi est l'une des erreurs les plus répandues en été.
Garder ses bâtons télescopiques en main par réflexe, ou continuer à téléphoner pendant un orage proche, sont deux autres comportements à risque : la ligne ou l'antenne peut transmettre une surtension même si l'impact se produit à distance.
En France, plus d'une centaine de personnes sont foudroyées chaque année, et une trentaine en meurent — une statistique qui rappelle qu'un orage de montagne n'est jamais "juste un peu de pluie".
Le risque est particulièrement élevé dans la moitié sud du pays et en montagne, la Corse, les Bouches-du-Rhône et certains massifs du Jura figurant parmi les zones les plus touchées.
Avant de partir, un rapide coup d'œil aux prévisions Météo-France ou à un site spécialisé comme Keraunos permet souvent d'anticiper un créneau à risque et d'ajuster son horaire de départ ou son itinéraire en conséquence.
Comment savoir si un orage approche rapidement ?
Comptez les secondes entre l'éclair et le tonnerre et multipliez par 300 pour obtenir la distance en mètres. En dessous de 3 secondes, l'orage est à moins d'un kilomètre et il faut rejoindre un abri sans attendre.
Que faire si je suis surpris en pleine crête ?
Descendez immédiatement vers un creux de terrain ou un versant boisé, éloignez tout objet métallique d'au moins 20 mètres et, en l'absence d'abri, adoptez la position accroupie, pieds joints.
Une tente protège-t-elle de la foudre ?
Non, une tente n'offre aucune protection et ses armatures métalliques peuvent même attirer les éclairs. Il faut privilégier un abri en dur ou, à défaut, une cuvette naturelle loin des sommets.
Qu'est-ce que la tension de pas et pourquoi faut-il joindre les pieds ?
C'est le courant qui se disperse dans le sol après un impact de foudre et qui peut traverser le corps entre deux points de contact à potentiel différent. Joindre les pieds réduit cette différence de potentiel et donc le risque d'électrisation.
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