Pierra Menta 2026 — Étape 2
40e édition · 27 km · 3 000 m D+ · Jeudi 12 mars 2026
Soleil généreux et neige fraîche pour cadre, descente d'anthologie pour épilogue. Les Beaufortains ont renversé la vapeur dans leur jardin, Axelle Gachet-Mollaret a profité d'une chute de Margot Ravinel pour reprendre les commandes. À mi-course, la Pierra Menta 2026 tient toutes ses promesses.
Hommes : les Beaufortains reviennent de 3' pour reprendre la tête
Au cœur du village d'Arêches, le départ a été lancé dans une atmosphère électrique, cloches des supporters et élites surmotivées. Pendant que les skieurs attaquaient les premiers hectomètres, les traceurs finalisaient l'itinéraire dans les 20 cm de neige tombés dans la nuit, sécurisant les arêtes sur 27 km de course.
Au sommet du mont Coin, après 1 000 m de D+ et 1h45 de course, l'ordre établi la veille tient encore. Equy et Damevin devancent les Beaufortains de 1'30'', Magnini et Boffelli au contact. Dans l'interminable ascension du Riondet qui suit, la paire de challengers maintient la pression, imprimant un rythme que les tenants du titre ne parviennent pas à enrayer. Après 2h52, les leaders dépeautent avec 2' d'avance sur les Italiens et les Beaufortains.
C'est alors que la neige lourde et profonde de la descente entre en jeu. Bon-Mardion et Gachet, dans leur jardin, se rapprochent à grande vitesse. Au sommet de la Bascule (2 380 m), après 3h19 de course folle, les Beaufortains reviennent à 30''. La descente finale est une démonstration. Ils doublent Equy et Damevin, maintiennent l'écart jusqu'à l'arrivée et remportent l'étape en 3h25'32'' avec 30'' d'avance. Au général, les voilà de retour en tête pour 12''.
« C'est frustrant parce qu'on a compté plus de 2 minutes d'avance, on avait l'impression d'en remettre mais sur la dernière montée ils ont recollé. Après ça se joue dans la descente, quand ils nous dépassent, j'ai crié à Anselme "on ne va pas au tas", on ne pouvait pas suivre. »— Samuel Equy
« C'est dur de se dire toute la course qu'on doit revenir, c'est une guerre des nerfs où il ne faut rien lâcher. C'est sur la dernière montée seulement que ça revient. On arrive au sommet quand ils repartent, on fait une bonne manip' et on les double à la descente. »— William Bon-Mardion
En bas du classement de l'étape, la paire Palzer – Maguet s'empare de la 3e place du jour et grimpe au 4e rang du général à 2'25'' des Italiens Magnini/Boffelli — le podium est menacé. Belle opération aussi pour D'Haene et Bonnet qui gagnent 3 places au général et s'installent 5es à 15'51'' du leader.
Femmes : Gachet-Mollaret profite de la chute de Ravinel
Côté féminin, au premier sommet du mont Coin après 2h09 de course, Emily Harrop et Margot Ravinel devancent encore leurs compatriotes Axelle Gachet-Mollaret et Célia Périllat-Pessey de 10''. Les Italiennes accusent déjà 5' de retard. Célia Périllat-Pessey semble nettement plus à l'aise que la veille, tractée par Axelle dans l'ascension du Riondet. La Beaufortaine penchée en avant creuse l'écart sur les Olympiennes et les Italiennes.
À l'arrivée, après 3h57'18'' de course, l'écart est de 2'44'' sur l'étape. Au général, Gachet-Mollaret et Périllat-Pessey reprennent la tête pour 2'35''. Harrop et Ravinel encaissent sans craquer.
« Margot a chuté, on a perdu beaucoup de temps alors qu'on était à la bataille. On n'a pas lâché pour autant, rien n'est fait ! »— Emily Harrop
« J'ai perdu mes lunettes sur cette chute, j'ai dû faire demi-tour, 3 minutes c'est beaucoup, mais il reste 2 jours. »— Margot Ravinel
Les gagnantes, elles, savent que l'affaire n'est pas pliée. Axelle Gachet-Mollaret : « On a profité des opportunités du jour. C'était une super course, mais on en est qu'à la moitié. » Célia Périllat-Pessey, nettement plus sereine qu'après l'étape 1 : « J'ai souffert mais j'étais mieux qu'hier. J'ai conscience que courir avec les 3 meilleures skieuses du monde m'oblige à être toujours à la limite. On est qu'à mi-course, tout reste à faire, mais c'est toujours mieux de compter 2' d'avance que de retard. »
La situation avant les étapes 3 et 4
Chez les hommes, 12'' séparent les deux premières cordées françaises. Un mouchoir de poche sur deux étapes encore. Derrière, la bataille pour le podium est ouverte : 2'25'' entre Magnini/Boffelli (3es) et Palzer/Maguet (4es). Chez les femmes, 2'35'' d'avance pour Gachet-Mollaret, mais Harrop et Ravinel — malgré la chute — sont dans la course. Les Italiennes sont hors podium, reléguées à plus de 22'. L'étape reine du vendredi va accélérer les choses.
