Pierra Menta 2026 — Étape 3
40e édition · Grand Mont (2 680 m) · Vendredi 13 mars 2026
C'est pour cette étape, pour ce Grand Mont, que des générations de coureurs s'entraînent depuis 40 ans. Ce vendredi 13 mars, la montagne a rendu son verdict : Harrop-Ravinel prennent le général féminin avec autorité, Bon-Mardion et Gachet résistent dans un duel d'exception. La 40e Pierra Menta tient toutes ses promesses.
Hommes : les Beaufortains ne cèdent pas
Il est 10h07 lorsque William Bon-Mardion et Xavier Gachet, talonnés comme une ombre par Samuel Equy et Anselme Damevin, arrivent au sommet de l'arête éponyme à 2 680 mètres. La clameur de la foule, le son des cloches, couvrent tout — jusqu'au bruit de leur propre respiration, matérialisée par un halo de vapeur dans l'air vif. La veille, ils s'étaient quittés avec 12'' d'écart au général. Ce matin, même combat.
Depuis le départ, Equy et Damevin ne cessent d'attaquer. Au passage du Dard (1h10), puis au sommet de la Pointe des Besaces (2h), la relève de l'équipe de France met une pression constante sur les tenants du titre — sans jamais les distancer. Les Beaufortains creusent 2' sur les Italiens Magnini-Boffelli et gèrent la course en maîtres. L'attaque décisive ne peut avoir lieu qu'au pied de l'arête sud, avant l'encordage à la longe qui rend tout dépassement impossible.
Mais là encore, Bon-Mardion et Gachet résistent et clippent leur mousqueton les premiers à la longe, au terme d'une manip' canon. Quelques secondes de communion avec leur public, puis ils dépeautent, rechaussent et basculent vers l'arrivée. Au Planay, l'écart est de 1'18'' sur l'étape, 1'30'' au général cumulé. À la fois beaucoup et peu — surtout avec la météo dégradée qui s'annonce pour demain.
« On résiste dans la dernière montée et on creuse l'écart sur la descente. Ça fait plaisir de voir que la relève est là ! C'est ça, une équipe de France : les jeunes sont là pour apprendre aussi. C'est un match fantastique, il reste une journée. »— William Bon-Mardion
« On n'a pas voulu laisser la porte ouverte. On se connaît par cœur et ça ne se joue à rien. »— Xavier Gachet
« Je les remercie, même si on ne gagne pas. On les attaque, ils résistent, reviennent, puis descendent plus vite. Quel bel exemple de combativité ! »— Samuel Equy
Palzer et Maguet s'emparent de la 3e place de l'étape mais restent 4es au général, à 17'08'' de la tête — le podium final est désormais hors de portée. Magnini et Boffelli verrouillent la 3e place au général avec 1'47'' d'avance sur les Allemands. D'Haene et Bonnet complètent le top 5.
Femmes : la remontada Harrop-Ravinel, Axelle porte les skis de Célia
Si les favorites Axelle Gachet-Mollaret et Célia Périllat-Pessey comptaient 2'35'' d'avance au départ de cette 3e étape, les pronostiqueurs n'avaient pas prévu la démonstration des Olympiennes. Dans la montée de la Pointe des Besaces, après 2h10 de course, les leaders perdent du terrain. Célia est à la peine, Axelle sort l'élastique. À 2h16'37, Emily Harrop et Margot Ravinel, déchaînées, passent le col des Besaces et entament le portage. À 2h20, au sommet, elles ont effacé leur retard et prennent la tête du général provisoire pour 2'.
Les Olympiennes franchissent la ligne en 3h21'03''. Derrière, le temps s'écoule cruellement. L'état de sidération des fans d'Axelle aperçu au sommet du Grand Mont se mue en résignation : 7'20'' d'écart sur l'étape, 4'45'' au général. Les Italiennes De Silvestro-Moreschini bétonnent leur 3e place.
« On a trouvé plus fort que nous aujourd'hui, elles sont parties très fort et on n'a pas pu suivre. Mais il reste un jour... »— Axelle Gachet-Mollaret
« Récupérer 4'45'' sur 1 800 m de dénivelé, ça va être compliqué, elles sont plus fortes, il faut l'accepter. »— Célia Périllat-Pessey
« Margot a chuté hier, on a perdu du temps, on n'a rien lâché. Aujourd'hui on a attaqué dès qu'on a senti qu'elles étaient à la peine. »— Emily Harrop
La veille du final — météo capricieuse dans le game
Chez les hommes, 1'30'' séparent les deux cordées françaises. Un mouchoir de poche à l'aune d'une dernière étape dont la météo dégradée annoncée pourrait rebattre toutes les cartes. Bon-Mardion le sait mieux que personne : la Pierra Menta n'est jamais jouée avant la dernière manip'. Chez les femmes, 4'45'' semblent beaucoup — et Célia Périllat-Pessey, avec une lucidité courageuse, n'entretient pas d'illusion. Harrop et Ravinel, elles, s'avancent vers l'étape finale en leader libérées.

