🎿 Ski de fond · Nadja Kälin 🇨🇭 · Bronze JO

Nadja Kälin est entrée dans l'histoire du ski Suisse 

Le dossard 13, un sprint final magistral, 2h23'09''7 sur 50km et une médaille de bronze olympique que personne n'attendait vraiment. Nadja Kälin, 24 ans, a réalisé aux JO de Milan-Cortina l'exploit le plus retentissant de l'histoire du ski de fond suisse féminin. 

Le 22 février 2026, à Tesero, dans le Val di Fiemme, Nadja Kälin lève les bras. Sur son visage, un sourire qui dit tout,  la satisfaction profonde, et un soupçon d'incrédulité. Ce n'était pas censé arriver, pas comme ça, pas si vite. Et pourtant. Seules Ebba Andersson et Heidi Weng ont été plus rapides ce jour-là sur la course reine, le 50km. Jamais une fondeuse suisse n'avait gagné une médaille olympique individuelle.

C'est un peu surréaliste. Tout cela est difficile à réaliser. Quand on est enfant, on rêve de ça. Mais en grandissant, on se dit que tout cela est tellement loin. Nadja Kälin — après le 50 km de Tesero
🏅 JO Milan-Cortina 2026 · Bilan Nadja Kälin
🥉Bronze sur 50 km — 2h23'09''7 — 1re médaille olympique individuelle d'une fondeuse suisse
🥈Argent sprint par équipes — avec Nadine Fähndrich
4️⃣4e place en skiathlon — pour sa toute première épreuve olympique

Son sprint final était remarquable de maîtrise. La veille, elle avait étudié comment Johannes Klaebo, l'homme aux six médailles d'or de ces Jeux ,négociait la dernière montée. Elle a appliqué la leçon. Et ça a marché.

Ce qui rend la performance encore plus forte, c'est ce que Kälin a dû traverser pour en arriver là. Il y a un an, elle commençait à avoir des difficultés à respirer à l'effort, sans explication. Pas l'altitude, elle est Engadinoise, habituée à vivre en hauteur. Elle pensait être en mauvaise forme. Après des examens approfondis, le verdict tombe : asthme d'effort. Volume pulmonaire réduit, condition physique affectée.

Beaucoup de fondeuses et de fondeurs sont confrontés à ce défi. Parmi eux, un compatriote célèbre : Dario Cologna, lui aussi touché par l'asthme d'effort. Nadja Kälin

Un spray inhalateur, un diagnostic posé, et le déclic s'est produit. Mais sa sœur Marina, elle-même fondeuse internationale, insiste sur l'essentiel : c'est le travail de fond qui a tout construit, pas le spray.

C'est tout à fait Nadja. Elle ne s'emballe pas facilement et préfère savourer les choses en silence. Nadja a traversé plusieurs périodes où les choses ne se passaient pas comme elle le souhaitait. Mais abandonner n'a jamais été une option pour elle. Marina Kälin — sœur et coéquipière

Star ? Héroïne ? Kälin balaie ces mots avec la même tranquillité qu'elle gère ses courses. Ce qui compte pour elle, c'est d'inspirer les jeunes fondeuses suisses — pas d'être sous les projecteurs pour eux-mêmes.

Cette course était certes incroyable, mais elle ne fait pas de moi une meilleure personne. C'est une bonne chose que les enfants suisses ne soient pas toujours obligés de regarder vers la Norvège. Nadja Kälin

Une semaine après ses exploits olympiques, elle disputait encore le skiathlon de Falun et finissait 7e. Programme surchargé, pas le temps d'être fatiguée — ses propres mots. Elle a pris quelques semaines de vacances en mai avant de reprendre la préparation. Falun 2027 et les Mondiaux sont dans le viseur. La conclusion tient en une phrase : elle n'a pas l'intention de s'arrêter là.