⛷️ Ski de fond·VG

Il pensait ses Jeux terminés, il avait fêté ça comme il se doit. Un nouveau livre sur l'équipe de Norvège de ski de fond révèle qu'Emil Iversen a été tiré du lit avec une sérieuse gueule de bois, quelques jours avant le 50 km olympique de Pyeongchang en 2018. Et qu'on lui a demandé de le courir.

PIERRE & VACANCES🇨🇭 NOUVEAU
La Suisse en hiver avec Pierre & Vacances : 4 nouvelles résidences premium
Pierre & Vacances s’associe à SWISSPEAK Resorts, spécialiste des résidences haut de gamme en Suisse. Découvrez 4 destinations premium : Meiringen, Vercorin, Zinal et Thyon.
Séjour à moins de900 €
Je découvre 

Habillé, l'accréditation autour du cou

L'anecdote est racontée par Didrik Tønseth, Pål Golberg et l'expert Petter Skinstad, auteurs d'un ouvrage consacré à vingt ans de domination norvégienne, dont le titre peut se traduire par Au cœur de l'équipe nationale – 20 ans d'or, d'épaves et de secrets. Iversen, alors âgé de 26 ans, venait de disputer le sprint et faisait presque ses valises. Mais Johannes Høsflot Klæbo, vidé mentalement après quatre courses, renonce au 50 km. Les entraîneurs frappent alors à la porte d'Iversen, l'un des rares à posséder la pointe de vitesse recherchée. Ils le trouvent tout habillé, l'accréditation encore sur la poitrine.

« Il avait une sacrée gueule de bois. » Didrik Tønseth / VG
« Ça ne serait pas arrivé aujourd'hui. » Pål Golberg

Iversen prend le départ et termine 10e. Contacté par VG, le Norvégien n'a pas répondu, mais le quotidien précise qu'il est au courant de l'histoire. Pourquoi est-elle restée secrète huit ans ? Tønseth a son explication.

« C'est peut-être en partie parce que ça s'est passé là où ça s'est passé, les médias n'étaient pas si proches. Ailleurs, ça aurait sans doute été révélé. » Didrik Tønseth

« Beaucoup de nuages noirs à l'horizon »

L'épisode n'est qu'une des histoires du livre, dont l'ambition est d'expliquer la culture derrière vingt ans de succès norvégiens, depuis l'éclosion de Petter Northug en 2006. Les trois auteurs parlent d'un hommage aux athlètes et au staff, mais pointent aussi du doigt le système actuel : selon eux, l'équipe surfe encore sur une vague créée par d'autres, et c'est l'intérêt pour la discipline, plus que les résultats, qui les inquiète.

Soleil d'hiver avec Transavia voyagez avec transavia Cet hiver, place au soleil et à l'évasion ☀️ Entre janvier et mars 2027, donnez vie à vos envies d'évasion sous le soleil du Portugal, de l'Italie, du Sénégal ou du Maroc. Je m'évade →

« Il y a beaucoup de nuages noirs à l'horizon. Il y a le climat, l'attention, l'économie. » Petter Skinstad

Skinstad craint aussi que la discipline devienne réservée à une population aisée et homogène, celle des Norvégiens blancs de la classe moyenne supérieure. « Le ski de fond ne doit pas être ça », tranche-t-il.

Klæbo sans rival

La plus grande menace sportive, selon le trio ? Le niveau hors de Norvège. Northug avait grandi face aux Suédois, aux Russes et aux Suisses ; Klæbo n'a pas d'adversaire comparable.

« On a besoin de bons skieurs que les Norvégiens doivent aussi battre. » Pål Golberg

Skinstad cite l'équipe féminine comme contre-exemple, au moment où la Norvège revoit ses critères de sélection.

« C'est ce qui s'est passé chez les femmes. On s'est calé dans son fauteuil, satisfait d'avoir Marit (Bjørgen) et Therese (Johaug), on a continué à faire la même chose, sans tenir compte de la relève, sans être assez exigeant. » Petter Skinstad

Quant à Iversen, réintégré dans l'équipe de Norvège cet automne, il prépare déjà l'hiver qui vient.

GEO Magazine🌍 40% DE RÉDUCTION
Chaque mois, partez à la rencontre du monde
Chaque numéro vous emmène au bout du monde pour mieux le comprendre. Abonnez-vous à la version numérique ou papier et accédez à 15 ans d’archives numérisées.
À partir de2,39 €/mois
Je m’abonne