🪂 Saut à ski
Le 9 février 2026, sa vie a basculé. Sacré sur le petit tremplin aux Jeux de Milan-Cortina, Philipp Raimund est entré dans le cercle des champions olympiques allemands de saut à ski. Huit mois plus tard, le sauteur d'Oberstdorf, 26 ans, raconte à Eurosport un été pas comme les autres, entre sollicitations en pagaille, pression nouvelle et envie intacte de progresser.
« Tous les regards braqués sur moi »
Première conséquence du titre : moins de temps pour s'entraîner. Raimund ne s'en cache pas, la préparation a été bousculée par un été passé sous les projecteurs.
« Il y avait moins de temps, c'est certain. C'était la première fois que je terminais une saison avec tous les regards braqués sur moi. Forcément, on me remarque beaucoup plus maintenant. » Philipp Raimund
« J'ai reçu énormément de demandes des médias. Beaucoup de gens m'ont abordé pour des photos et des autographes, ce qui est évidemment très agréable. C'est un problème de riche. C'est pour ça qu'on fait du sport : la réussite, c'est ce que tout athlète désire. » Philipp Raimund
Mais l'Allemand admet que la cadence a parfois été difficile à suivre.
« J'ai dû m'adapter, et oui, par moments, c'était peut-être un peu trop. C'est une situation nouvelle à laquelle je dois apprendre à faire face. »
« Je ne suis pas inquiet »
Sur le plan sportif, le champion olympique se veut rassurant. Le matériel est prêt, la qualité est là. Seule la régularité n'a pas encore atteint le niveau de l'hiver dernier.
« Je n'ai aucune inquiétude concernant le matériel. La qualité des sauts est là, c'est juste que la régularité n'est pas tout à fait au niveau de l'an dernier. La préparation a un peu souffert des obligations médiatiques. Mais le niveau des sauts est élevé, et c'est positif. » Philipp Raimund
La pression ? Il assure ne pas en ressentir davantage, même s'il sait que le regard extérieur, lui, a changé.
« La pression que je ressens est la même qu'avant. Je suis perfectionniste, je veux que mon saut continue de s'améliorer. L'an dernier, pour faire simple, je n'ai remporté qu'une seule compétition importante. »
« La pression extérieure s'est clairement accrue. On entend beaucoup plus de choses, et on finit par croire ce qu'on entend. Il sera intéressant de voir, au début de l'hiver, quand les médias demanderont : pourquoi seulement quatrième aujourd'hui ? » Philipp Raimund
Apprendre à dire non
Le passage le plus personnel de l'entretien concerne son caractère. Raimund se décrit lui-même comme quelqu'un qui cherche avant tout à faire plaisir aux autres. Le titre olympique l'a obligé à changer.
« Je me fais souvent passer après les autres pour leur faire plaisir. Avec le temps, j'ai compris que je devais davantage me mettre en avant. Non pas par égoïsme, mais parce que c'est important pour moi. Ma propre vie doit être épanouie avant que je puisse aider les autres sans que cela devienne un fardeau. » Philipp Raimund
« Il y a des moments où l'on n'a tout simplement pas le temps. Il faut alors savoir être ferme. »
Pour garder les pieds sur terre, il s'appuie sur un entourage solide, sa famille et ses amis, et sur des plages de repos qu'il s'impose. L'été a aussi apporté son lot de moments marquants, avec plusieurs réceptions officielles qu'il a vécues comme une forme de reconnaissance.
🥇 Philipp Raimund en bref
- Âge : 26 ans
- Club : SC Oberstdorf
- Titre majeur : champion olympique sur le petit tremplin, le 9 février 2026 à Milan-Cortina
- Été 2026 : champion d'Allemagne, présent au Grand Prix d'été de Courchevel
- Objectif : faire au moins aussi bien que l'an dernier
« Je me donne le temps »
Reste l'hiver qui arrive. Pas question de fixer un objectif de résultat : Raimund reste fidèle à sa méthode, celle d'une progression pas à pas, qui lui réussit depuis quatre saisons.
« Chaque année, je me fixe le même objectif : être au moins aussi bon que l'an dernier. J'y suis parvenu ces quatre dernières années. Même si mon classement n'était pas forcément meilleur, la qualité de mes sauts s'est améliorée. Mon plan est de reprendre là où je me suis arrêté et de continuer à progresser. Mais je me donne le temps nécessaire. »
Une philosophie qui l'a mené jusqu'à l'or olympique à Milan-Cortina, et qui l'a encore vu décrocher le titre national d'un cheveu cet automne.
Rendez-vous sur les tremplins de Coupe du monde pour vérifier que le champion olympique a bien digéré son nouveau statut.