⛷️ Ski alpin
Sur les pistes, on connaît tout de lui. En dehors, beaucoup moins. Dans une longue interview accordée au Blick, Marco Odermatt lève le voile sur sa vie loin des portes : une virée au Grand Prix de Monaco, une rencontre avec une star qui ignorait tout de lui, ses affaires, et un refus qui en dit long sur sa personnalité.
Monaco, « un univers complètement démesuré »
En juin, le Nidwaldien s'est offert le Grand Prix de Formule 1 de Monaco avec ses coéquipiers Gino Caviezel, Thomas Tumler, Justin Murisier et Lenz Hächler. Il en est revenu partagé.
« C'est génial de voir à quel point un événement sportif peut avoir de l'impact et attirer autant de supporters et de célébrités. La FIS pourrait apprendre énormément d'un tel rendez-vous. De l'autre côté, je me suis retrouvé dans un univers complètement démesuré. Tout y est spectacle. » Marco Odermatt
« C'est aussi pour cela que je suis parfois heureux que le ski ne baigne pas chaque week-end dans un tel vacarme médiatique. À Beaver Creek, par exemple, nous courons devant à peine 2000 spectateurs. » Marco Odermatt
Sur la Côte d'Azur, il a aussi croisé la skieuse freestyle, championne olympique et championne du monde, la star Chinoise Eileen Gu. Qui, visiblement, n'avait aucune idée de qui elle avait en face d'elle.
« Elle ne m'a pas sauté au cou lorsque nous avons été présentés. Et elle ne savait effectivement pas que j'étais un skieur alpin. »
Braathen, Franzoni et le chef privé
À Monaco, Odermatt a retrouvé deux de ses grands rivaux, Lucas Pinheiro Braathen et Giovanni Franzoni. Fidèles à eux-mêmes, selon lui.
« Giovanni est plutôt introverti. Nous avons dû insister longuement pour le convaincre de venir boire un verre avec nous. Braathen, lui, semblait parfaitement à l'aise dans cet univers de paillettes. Il a accordé nettement plus d'attention à sa coiffure et à sa tenue que nous. » Marco Odermatt
Le Brésilien l'avait privé du petit globe du géant lors de la dernière course de la saison, à Hafjell. Daniel Yule a avancé une explication culinaire : Braathen voyage avec un chef privé, quand les Suisses auraient très mal mangé à l'hôtel. Odermatt n'y croit qu'à moitié.
« Dans notre sport, tout consiste à réunir une centaine de pièces de puzzle pour que tout soit parfait le jour J. L'alimentation en est une. Mais je ne pense pas avoir commis une faute sur le ski intérieur à Hafjell simplement parce que je n'avais pas mangé parfaitement. »
Et il en profite pour glisser un tacle : la saison dernière, le pire hébergement des Suisses n'était pas en Norvège.
« À Courchevel, l'hospitalité et notre hébergement étaient vraiment déplorables. Nous avons logé dans un ancien hôtel qui servait désormais uniquement de résidence au personnel. Swiss-Ski y avait réservé les 50 chambres les moins chères de Courchevel. » Marco Odermatt
Le portrait refusé à Buochs
Le passage le plus révélateur concerne son village. Buochs voulait installer à l'entrée de la commune une plaque à son effigie. Le patron du circuit a dit non.
« Je ne voulais pas d'un portrait de moi, car je n'ai pas envie de voir ma tête chaque fois que je rentre chez moi. Et je pense aussi que certains habitants de Buochs n'ont pas forcément envie de croiser mon visage à chaque trajet en voiture. »
Un compromis a finalement été trouvé : une photo de lui en pleine action, encadrée dans une porte en acier chromé. La différence avec ses publicités télé ? Elle est simple, selon lui.
« Les partenariats avec mes sponsors font partie de mon métier de skieur alpin. Mais le magnifique village de Buochs appartient à ma vie privée. » Marco Odermatt
🇨🇭 Odermatt, côté privé
- Monaco : Grand Prix de F1 en juin avec Caviezel, Tumler, Murisier et Hächler
- Buochs : portrait refusé, remplacé par une photo en action dans une porte en acier chromé
- Gaisbock : copropriétaire de cette start-up de cosmétiques naturels et de soins sportifs
- Engelberg : construction de logements locatifs pour revenus moyens
- FIS : propose un « Ultimate Championship » à la place des Mondiaux tous les deux ans
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Odermatt entrepreneur
Hors des pistes, le Suisse investit. Il est devenu copropriétaire de Gaisbock, une start-up de Suisse centrale spécialisée dans les cosmétiques naturels, et a lancé un projet immobilier à Engelberg. Pas de luxe au programme.
« L'objectif est de permettre à des personnes disposant d'un revenu moyen de louer un appartement à Engelberg. » Marco Odermatt
Enfin, il a récemment proposé de remplacer les Mondiaux bisannuels par un « Ultimate Championship », sur le modèle de l'athlétisme.
Il a même téléphoné au président de la FIS, Alexander Ospelt, depuis le Chili en septembre. « Il ne semblait pas opposé à l'idée. Mais depuis, je n'ai plus eu de nouvelles de la FIS. »