Le suspense touche à sa fin, et il a un goût d'adieu. Michelle Gisin a convoqué les médias pour une conférence de presse mardi prochain, annonce Swiss-Ski. Dix mois après la chute qui a failli lui coûter bien plus que sa carrière, la double championne olympique de combiné va dévoiler sa décision. Et tout laisse penser que la Suisse s'apprête à dire au revoir à l'une de ses skieuses les plus complètes.
Saint-Moritz, décembre 2025 : la chute de trop
Tout a basculé lors d'un entraînement de descente à Saint-Moritz, dans les Grisons. La chute est violente, le bilan lourd : rupture du ligament croisé, blessures au poignet, à l'épaule et aux vertèbres cervicales. Gisin est passée tout près de la paralysie. Depuis, la skieuse d'Engelberg n'a jamais caché que son retour à la compétition n'avait rien d'une évidence.
Trois scénarios sur la table
Cet été, la Suissesse avait posé les cartes avec une rare lucidité. Première option : tout miser sur les Championnats du monde à domicile, à Crans-Montana en février 2027, un objectif qu'elle jugeait elle-même un peu juste en termes de délai. Deuxième option : viser un retour pour l'hiver 2027-2028. Troisième option, la plus émouvante :
Elle avait aussi fixé une règle : pas de décision tant qu'elle n'aurait pas rechaussé les skis. C'est désormais chose faite. Selon le communiqué de Swiss-Ski, la conférence de presse fait suite à plusieurs jours de ski jugés riches d'enseignements.
« Le bonheur »
Sur Instagram, l'image dit beaucoup. Jeudi soir, Gisin a publié une photo d'elle sur les pistes, casque et masque sur la tête, le sourire jusqu'aux oreilles, avec une légende d'un seul mot : « Le bonheur ». Une sérénité retrouvée qui peut se lire dans les deux sens : celle d'une athlète qui revit, ou celle d'une femme qui a fait la paix avec elle-même avant de tourner la page.
Le format choisi, en revanche, ne trompe guère. On ne convoque pas la presse, avec une séance de questions à la clé, pour annoncer qu'on repart pour un hiver de plus. Sauf énorme surprise, mardi aura des allures de cérémonie d'adieu.
Une carrière taillée dans le combiné
Si elle raccroche, Gisin partira avec un palmarès que peu de skieuses polyvalentes peuvent revendiquer. Deux titres olympiques en combiné, en 2018 à PyeongChang puis en 2022 à Pékin, où elle a ajouté le bronze en super-G. Deux médailles mondiales dans sa discipline fétiche, l'argent en 2017 et le bronze en 2021. Et 291 départs en Coupe du monde, pour 22 podiums.
Le paradoxe est connu : malgré cette régularité au plus haut niveau, elle ne compte que deux victoires sur le circuit, le slalom du Semmering en 2020 et l'épreuve par équipes de Saint-Moritz en 2016. Gisin n'a jamais été une collectionneuse de succès, mais une skieuse capable de briller partout, du slalom à la descente. Exactement le profil que le combiné récompensait.
Un contraste saisissant avec d'autres cadres du circuit, comme Petra Vlhová ou Lindsey Vonn, qui se battent encore pour revenir. Réponse mardi.

