C'est la cruauté absolue du biathlon résumée en quelques secondes.
Performant sur les skis, offensif dans l'attitude, Émilien Jacquelin a pourtant vécu un moment de solitude extrême derrière sa carabine lors du relais.
À chaud, le Français a livré une analyse de ce qui s'est passé dans sa tête et ses oreilles.
Car au-delà de l'échec visuel, c'est une tromperie auditive qui a piégé le champion du monde. Il pensait toucher, mais les palettes restaient noires.
« Ce sport est terrible et vous n'imaginez même pas comment derrière la carabine, c'est de l'incompréhension.
Une balle cordon, elle fait le bruit d'une balle bonne, sauf que ça ne bascule pas. Et franchement, durant tout le tir, j'entends ce son qui me dit que les balles sont très proches. »
« C'est de l'incompréhension totale »
Jacquelin ne s'est pas contenté de subir, il a tenté de réagir. Voyant les fanions bouger, il a cru identifier une baisse du vent et a corrigé sa visée en conséquence. Mais rien n'y a fait. C'est là que le piège mental se referme
« Je corrige la visée, ça ne rentre toujours pas. Ça génère beaucoup de frustration sur ce tir parce que sur les skis, j'ai vraiment pris les choses dans le bon sens...
Des fois, je peux faire un beau tir où toutes les balles vont être groupées à un endroit et pour autant, elles sont quand même toutes dehors. C'est terrible. »
Voir le compte rendu du relais masculin gagné par la Norvège devant la France