L'aveu est fracassant. Henrik Kristoffersen a sérieusement envisagé, ce printemps, de tourner le dos à l'équipe de Norvège pour courir sous les couleurs de l'Autriche. Invité du podcast « Intervjuet » du quotidien norvégien Dagbladet, le slalomeur de 32 ans raconte avoir tout vérifié avec des avocats. Il s'en est fallu de très peu.
« J'ai vérifié avec des avocats »
Kristoffersen vit à Salzbourg depuis dix ans. Il y a épousé Tonje en 2025, et le couple y élève ses deux enfants. Jamais il n'a été question pour lui de renoncer à son passeport norvégien. Mais ce printemps, il s'est renseigné sur la possibilité d'obtenir aussi un passeport autrichien.
Problème : si la Norvège autorise la double nationalité, l'Autriche ne l'accepte pas. Et sans ascendance autrichienne, la démarche se complique encore. Un changement d'équipe nationale devenait alors l'option, avec, au bout, un dossard autrichien.
La fédération, pas la Norvège
Son long conflit avec la Fédération norvégienne de ski a-t-il pesé ? La réponse fuse.
Le bras de fer remonte à 2016 et portait sur le droit d'afficher le logo de son sponsor Red Bull sur son casque, un privilège accordé à Aksel Lund Svindal. Kristoffersen avait perdu en référé puis au tribunal. Ironie de l'histoire : cet été, Red Bull est devenu le sponsor de toute l'équipe alpine norvégienne. Le Norvégien, qui a aussi changé de marque de skis pour rejoindre Head, fait une distinction très nette entre son pays et ses dirigeants.
Dans son club de Rælingen, au nord-est d'Oslo, toute la famille a mis la main à la pâte : le grand-père en a été président, le père et l'oncle directeurs, la mère et la tante trésorières. Et ses enfants, s'ils deviennent skieurs, courront sans doute pour la Norvège : « Les enfants n'ont pas de passeport autrichien pour l'instant », glisse-t-il.
2030, la date butoir
À l'aube de sa 14e saison de Coupe du monde, Kristoffersen a aussi fixé la fin de l'histoire. Les Jeux de 2030 seront sa dernière échéance, au plus tard.
D'ici là, il s'est fixé un cap chiffré : dépasser la barre des 40 victoires en Coupe du monde. Dans ce long entretien, il revient aussi sur l'origine de sa brouille avec Lucas Pinheiro Braathen, sur son titre mondial en slalom à Courchevel décroché après avoir pointé au 16e rang de la première manche, ou encore sur le refus de son père de le voir prendre la nationalité russe. Un Kristoffersen sans filtre, fidèle à lui-même, alors qu'il expliquait récemment pourquoi les skis de vitesse sont trop longs pour lui.

