L'été caniculaire laisse des traces jusque sur les pistes. À Lenzerheide, seul site suisse de biathlon de niveau Coupe du monde, la commune ne dispose cet hiver que de la moitié de l'eau habituellement consacrée à la neige de culture. Trois canons seulement, 1,5 km de piste au départ : l'élite suisse va devoir composer.
La neige est là, mais en quantité limitée. Environ 3 000 mètres cubes ont été produits par des « usines à neige », des conteneurs capables de fabriquer de la neige même par temps doux.
De quoi aménager environ 1,5 kilomètre de piste de ski de fond. Le stade de biathlon et la boucle ne pourront être que partiellement enneigés, a expliqué René Cadosch, de la commune de Vaz/Obervaz, à la télévision suisse SRF.
💧 L'eau potable d'abord
Le réservoir est encore assez plein, mais environ la moitié est réservée à l'eau potable. Seul le trop-plein peut servir à la neige de culture. Le vrai test viendra en plein hiver, quand la population de la station est multipliée par huit à dix avec l'arrivée des touristes. Des restrictions pour les habitants et les hôtels, notamment pour les piscines, ne sont pas exclues.
Côté biathlon, Cadosch se veut rassurant sur la tenue de la neige produite, faite de cristaux de glace très résistants : il s'attend à ce qu'elle tienne jusqu'à Noël et au Nouvel An. Mais pour le ski de fond grand public, le scénario noir est sur la table.
🎯 Le camp de base suisse fragilisé
L'enjeu est d'abord sportif. Hôte des Championnats du monde 2025, la Roland Arena de Lenzerheide est le lieu d'entraînement habituel de l'élite suisse de biathlon.
Moins de neige, c'est moins de kilomètres sur skis et moins de séances au stand dans les conditions de course, à quelques semaines du lancement de la Coupe du monde, le 26 novembre à Kontiolahti (voir le calendrier 2026/2027).
Le cas de Lenzerheide n'a rien d'anecdotique. Il rappelle que même les sites équipés des dernières technologies dépendent d'une ressource que le climat rend de plus en plus incertaine.
Pendant que la Suède a retrouvé un peu de neige à Idre Fjäll, les Suisses, eux, comptent leurs mètres cubes.

