🚴 Cyclisme·Championnats du monde — Montréal

Personne ne l'avait vu venir, et c'est bien lui qui lève les bras. Brandon McNulty a créé la surprise sur la course en ligne des Mondiaux ce dimanche à Montréal, décrochant son tout premier maillot arc-en-ciel au terme d'une course particulièrement chaotique, en l'absence de Tadej Pogacar.

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Une échappée matinale, puis Armirail en solitaire pendant 60 km

Le scénario du jour a longtemps semblé sage : une échappée d'une quinzaine de coureurs, dont Biniam Girmay, Andreas Leknessund, Felix Engelhardt et Guillaume Boivin, s'est formée dès les dix premiers kilomètres, pendant qu'un peloton somnolent attendait patiemment l'entrée sur le circuit final, après une centaine de kilomètres.

Van der Poel allume la mèche, Del Toro et Seixas répondent

Côté français, Valentin Paret-Peintre puis Jordan Jegat, à deux reprises, ont lancé les hostilités, avant que Mathieu van der Poel ne prenne les choses en main, entraînant tour à tour dans son sillage Alberto Bettiol, Anthon Charmig, puis Alex Baudin, Maxim van Gils, Primoz Roglic, Wout van Aert et Oscar Onley.

Dans la côte de Polytechnique, à 74 km du but, le Néerlandais est reparti de plus belle avec Oscar Onley et Quinn Simmons, rejoints par Roglic, reléguant les autres favoris à une minute à trois tours de la fin.

À 59 km, Isaac Del Toro a porté une attaque tranchante, emmenant Paul Seixas dans sa roue, pendant qu'un Remco Evenepoel en délicatesse perdait pied. Le Mexicain et le jeune Français semblaient alors les plus solides derrière un groupe de tête toujours emmené par van der Poel, Simmons et Roglic, sans jamais parvenir à véritablement se détacher.

McNulty s'isole à 34 km et ne craque jamais

Le regroupement général s'est finalement opéré à 34 km de la ligne. Plutôt que de temporiser, plusieurs coureurs ont immédiatement retenté leur chance : Matteo Jorgenson, puis l'Italien Giulio Ciccone, avant que Brandon McNulty ne prenne le large en solitaire, avec jusqu'à une minute d'avance sur des poursuivants totalement désorganisés, entre attaques de Tom Pidcock, crampes naissantes de Seixas et baroud d'honneur tardif d'Evenepoel juste avant le dernier tour.

Ciccone et Pidcock ont bien tenté un retour dans l'avant-dernière ascension, ramenant l'écart à seulement dix secondes.

Mais l'Américain d'UAE Emirates-XRG a profité du nouvel attentisme de ses poursuivants, incapables de s'organiser, pour reprendre le large.

Van der Poel a relancé une dernière fois à 6,5 km, puis le Suisse Mauro Schmid, au moment précis où Seixas, définitivement victime de crampes, abandonnait tout espoir de podium à 3,7 km de l'arrivée.

Troisième titre mondial américain de l'histoire

Dans la douleur générale du peloton, Brandon McNulty, déjà vainqueur du Grand Prix de Montréal l'an dernier, a pu lever les bras pour devenir le troisième coureur américain sacré champion du monde, après Greg LeMond (1983 et 1989) et Lance Armstrong (1993).

🏆 Podium — Championnats du monde, course en ligne hommes, Montréal
Pl. Coureur 🌍
1 Brandon McNulty 🇺🇸
2 Michael Matthews 🇦🇺
3 Mathieu van der Poel 🇳🇱

Remco Evenepoel et Paul Seixas ont finalement terminé respectivement 12e et 15e, au bout d'une course aussi imprévisible qu'indécise jusqu'au bout.