⛷️ Ski alpin

L'aveu est fracassant. Henrik Kristoffersen a sérieusement envisagé, ce printemps, de tourner le dos à l'équipe de Norvège pour courir sous les couleurs de l'Autriche. Invité du podcast « Intervjuet » du quotidien norvégien Dagbladet, le slalomeur de 32 ans raconte avoir tout vérifié avec des avocats. Il s'en est fallu de très peu.

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« J'ai vérifié avec des avocats »

Kristoffersen vit à Salzbourg depuis dix ans. Il y a épousé Tonje en 2025, et le couple y élève ses deux enfants. Jamais il n'a été question pour lui de renoncer à son passeport norvégien. Mais ce printemps, il s'est renseigné sur la possibilité d'obtenir aussi un passeport autrichien.

« J'ai essayé de voir s'il était possible de concilier les deux. » Henrik Kristoffersen

Problème : si la Norvège autorise la double nationalité, l'Autriche ne l'accepte pas. Et sans ascendance autrichienne, la démarche se complique encore. Un changement d'équipe nationale devenait alors l'option, avec, au bout, un dossard autrichien.

« Il y a eu des spéculations à ce sujet, mais finalement, ça ne s'est pas fait. Mais j'ai vérifié avec des avocats, les règles et tout le reste. C'était en quelque sorte juste avant qu'on envoie la demande. » Henrik Kristoffersen
🇳🇴 Kristoffersen et l'Autriche
  • Depuis dix ans : installé à Salzbourg, avec sa femme Tonje et leurs deux enfants
  • Printemps 2026 : démarches étudiées avec des avocats pour obtenir un passeport autrichien
  • Le blocage : l'Autriche n'accepte pas la double nationalité, la Norvège oui
  • La conséquence : sans ascendance autrichienne, il aurait dû changer d'équipe nationale
  • Le dénouement : la demande n'a jamais été envoyée, il reste norvégien

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La fédération, pas la Norvège

Son long conflit avec la Fédération norvégienne de ski a-t-il pesé ? La réponse fuse.

« Je réponds oui, mais ce n'était pas vraiment concret avant ce printemps. » Henrik Kristoffersen

Le bras de fer remonte à 2016 et portait sur le droit d'afficher le logo de son sponsor Red Bull sur son casque, un privilège accordé à Aksel Lund Svindal. Kristoffersen avait perdu en référé puis au tribunal. Ironie de l'histoire : cet été, Red Bull est devenu le sponsor de toute l'équipe alpine norvégienne. Le Norvégien, qui a aussi changé de marque de skis pour rejoindre Head, fait une distinction très nette entre son pays et ses dirigeants.

« Ce n'est pas que je n'aurais pas envie de courir pour la Norvège, mais bien sûr, j'ai trouvé injuste de courir pour la Norvège par moments. Ça n'a rien à voir avec la nation, avec le pays. C'est plutôt lié à la Fédération norvégienne de ski. » Henrik Kristoffersen
« Je n'ai jamais voulu arrêter de courir pour la Norvège. Je suis né en Norvège, j'ai grandi en Norvège, à Rælingen. Rælingen sera toujours chez moi. » Henrik Kristoffersen

Dans son club de Rælingen, au nord-est d'Oslo, toute la famille a mis la main à la pâte : le grand-père en a été président, le père et l'oncle directeurs, la mère et la tante trésorières. Et ses enfants, s'ils deviennent skieurs, courront sans doute pour la Norvège : « Les enfants n'ont pas de passeport autrichien pour l'instant », glisse-t-il.

2030, la date butoir

À l'aube de sa 14e saison de Coupe du monde, Kristoffersen a aussi fixé la fin de l'histoire. Les Jeux de 2030 seront sa dernière échéance, au plus tard.

« J'ai dit que 2030 serait la dernière année, quoi qu'il arrive. Je n'ai pas dit que j'irais jusqu'en 2030, mais si les choses se passent bien, je le ferai. » Henrik Kristoffersen

D'ici là, il s'est fixé un cap chiffré : dépasser la barre des 40 victoires en Coupe du monde. Dans ce long entretien, il revient aussi sur l'origine de sa brouille avec Lucas Pinheiro Braathen, sur son titre mondial en slalom à Courchevel décroché après avoir pointé au 16e rang de la première manche, ou encore sur le refus de son père de le voir prendre la nationalité russe. Un Kristoffersen sans filtre, fidèle à lui-même, alors qu'il expliquait récemment pourquoi les skis de vitesse sont trop longs pour lui.