⛷️ Ski de fond

Six titres sur six aux Mondiaux 2025, six sur six aux Jeux de Val di Fiemme : Johannes Høsflot Klæbo 🇳🇴 a tout gagné. Et derrière le recordman des titres olympiques d'hiver, il y a toujours le même homme, son grand-père Kåre, 83 ans, qui reste à ses yeux le meilleur entraîneur possible.

Dans une interview exclusive accordée à VG au stade de Granåsen, à Trondheim, à quelques jours de l'ouverture de la saison norvégienne à Beitostølen le 20 novembre, le duo a raconté une relation hors norme.

Alors que Petter Northug estime que Klæbo est en train de « baisser la garde », le Norvégien décrit au contraire un quotidien resté très simple.

« Il est un peu mon ancrage dans tout ça. Il porte des valeurs que j'essaie d'emporter avec moi et d'appliquer autant que possible » — Johannes Høsflot Klæbo

« Le même sac à dos orange »

Rien ne l'amuse davantage qu'une journée de sept heures d'entraînement, à vélo ou en ski-roues, avec son grand-père qui le suit en voiture.

« On peut dire beaucoup de choses sur les gens qui perdent le contact avec la réalité, mais avoir mon grand-père et marcher derrière lui avec le même sac à dos orange pour la chasse, avec des sangles tellement pourries que c'est un miracle qu'il tienne encore, comme quand j'avais cinq ans… Ce sont des valeurs fondamentales qui donnent de la sécurité » — Johannes Høsflot Klæbo
« Quand on rentre à la maison, c'est retour sur le cheval et trois heures d'entraînement sous la pluie » — Johannes Høsflot Klæbo

Un plan sur le long terme

Kåre a été le cerveau de sa préparation : d'abord le sprint et un corps capable d'encaisser 1 000 heures d'entraînement par an, puis le développement de la capacité aérobie par l'altitude et l'endurance.

« Il a touché juste sur presque tous les points qu'il m'avait annoncés. On a fait plus que ce qu'on osait espérer. Je crois que beaucoup pensent que j'ai eu de la chance, et c'est vrai. Mais il y a aussi eu un plan à très long terme derrière tout ça. On a construit pierre après pierre » — Johannes Høsflot Klæbo

Pour autant, le tandem ne s'interdit pas d'évoluer.

« Il a 83 ans, mais il reste extrêmement innovant. Si vous lui parlez du double seuil, qui est à la mode en ce moment, il ne l'écarte pas. Il se documente pour qu'on ait la meilleure idée possible de ce qui est bon pour moi. C'est unique, je trouve » — Johannes Høsflot Klæbo

Le grand-père, lui, savoure avec modestie.

« Je trouve ça terriblement amusant, tant qu'il veut de moi. Et il est devenu très autonome. Il sait exactement ce qu'il doit faire » — Kåre Høsflot

Propos recueillis par VG, traduits du norvégien.