Les 6 plus belles randonnées
à Bessans
Bessans est le village le plus sauvage de la Haute Maurienne — encerclé par le Parc National de la Vanoise, avec les plus grandes concentrations de bouquetins de France, des fresques médiévales du diable dans ses chapelles et un Plan du Lac à 2 370 m qui donne sur les glaciers.
Les chapelles de Bessans ont des fresques médiévales représentant le diable — et depuis le Plan du Lac, on voit les plus grands glaciers de France
Bessans est un village de la Savoie de 350 habitants, situé à 1 710 m d'altitude dans la haute Maurienne — la vallée de l'Arc, qui remonte depuis Modane jusqu'au Col du Mont Cenis à la frontière italienne. Cette position en haute vallée lui confère un isolement et une sauvagerie qui en font un des villages alpins les plus authentiques de France. Bessans est encerclé de tous côtés par le Parc National de la Vanoise — le premier parc national créé en France (1963) et le plus grand des Alpes françaises.
La géologie de la Haute Maurienne est celle des schistes cristallins et des gneiss du socle alpin — des roches métamorphiques d'un gris sombre, âgées de plusieurs centaines de millions d'années, charriées et plissées lors de la surrection alpine. Ces roches donnent aux versants leur teinte grise caractéristique, si différente des calcaires blancs des Préalpes ou des granites clairs du Mont-Blanc. Le massif de la Vanoise est constitué de ces gneiss et schistes cristallins, couverts de glaciers importants — le glacier de la Vanoise (6 km de long), le glacier de Gebroulaz et une dizaine d'autres font de la Vanoise le deuxième domaine glaciaire des Alpes françaises après le Mont-Blanc.
Bessans est célèbre dans toute la Savoie pour ses fresques médiévales représentant le diable — la chapelle Saint-Antoine (XVe siècle), joyau de l'art populaire savoyard, possède sur ses murs extérieurs une série de fresques narratives représentant les tentations de Saint-Antoine par le Diable. Ces fresques ont valu à Bessans le surnom de "village du diable" dans la région. L'iconographie du diable dans ces fresques est d'une qualité artistique et d'une inventivité remarquables — des démons cornus, des créatures hybrides et des scènes de tentation d'une expressivité qui rappelle l'art grotesque médiéval européen.
La faune de Bessans et du Parc de la Vanoise est la plus remarquable de toutes les Alpes françaises — Bessans est au cœur de la zone où la population de bouquetins des Alpes (Capra ibex) est la plus dense de France. Le Parc de la Vanoise accueille environ 5 000 bouquetins — plus du tiers de la population totale française. Ces animaux sont d'une approchabilité exceptionnelle dans le parc — des hardes de 20-50 individus évoluent tranquillement à quelques mètres des randonneurs. Le chamois, l'aigle royal, le gypaète barbu et le loup gris (présent en Haute Maurienne depuis les années 2000) complètent ce tableau faunique exceptionnel.
Le Top 6 des randonnées à Bessans
Plan du Lac (2 370 m) – L'Alpage Panoramique au Cœur de la Vanoise
📍 Bessans (1 710 m) · Plan du Lac (2 370 m) · Refuge du Plan du Lac · Parc de la VanoiseLe Plan du Lac (2 370 m) est le cœur de la randonnée à Bessans — un grand alpage plat et ouvert à 2 370 m d'altitude, entouré de sommets glaciaires, avec en face la Grande Casse (3 855 m) et le Dôme de Chasseforêt (3 586 m) couverts de glaciers. Le refuge du Plan du Lac (gardé en saison) constitue un point de départ ou d'arrivée idéal pour de nombreuses randonnées de la Vanoise.
La montée depuis Bessans est progressive et bien balisée (D+ 660 m, 5 km, 2h30), traversant les alpages de la rive droite de l'Arc puis montant dans des zones de prairies alpines caractéristiques de la Vanoise. Dès 2 000 m, les bouquetins apparaissent — les hardes du secteur du Plan du Lac sont parmi les plus accessibles du parc. Ces animaux, complètement habitués aux randonneurs respectueux, permettent des observations à moins de 5-10 m — des expériences animalières d'une qualité qui n'a pas d'équivalent dans les Alpes françaises.
Depuis le Plan du Lac, le panorama sur la chaîne frontalière franco-italienne — les sommets qui ferment la vallée côté est — est d'une amplitude saisissante. Par temps clair, la Grande Casse reflète dans les petits lacs du plateau, et les glaciers de la Vanoise créent des barres blanches au-dessus des alpages verts.

Bouquetins : pour les meilleures observations, s'installer immobile sur un rocher à distance du troupeau et attendre. Les bouquetins de la Vanoise ignorent les randonneurs calmes — ils continuent à brouter et à jouer comme si l'humain n'existait pas. Ne jamais s'approcher des femelles avec jeunes (protectrices) et ne jamais tendre de nourriture.
Nuit au refuge du Plan du Lac : une nuit dans ce refuge perché dans les glaciers est une expérience mémorable. Réservation obligatoire en saison (parcnational-vanoise.fr et refuge-plan-du-lac.fr). La vue depuis la terrasse au lever du soleil sur la Grande Casse est une image qui reste toute une vie.
Pointe de Ronce (3 612 m) – L'Alpinisme Accessible au-dessus de Bessans
📍 Bessans (1 710 m) · Plan du Lac · Pointe de Ronce (3 612 m) · VanoiseLa Pointe de Ronce (3 612 m) est le sommet le plus accessible en haute altitude depuis Bessans — une randonnée/ascension de 1 902 m de D+ qui nécessite une journée entière et un équipement adapté pour la section glaciaire (crampons et piolet pour les zones neigeuses dans la partie haute, en juillet-août). Ce n'est pas de l'alpinisme technique pur, mais c'est une randonnée de haute montagne qui dépasse les capacités des randonneurs ordinaires.
Depuis le sommet, le panorama est un des plus complets des Alpes françaises — la Grande Casse (3 855 m) voisine, le Mont-Blanc (4 808 m) au nord, les Écrins (4 102 m) au sud, les sommets italiens (Gran Paradiso, Ortler) à l'est, la Bernina (4 049 m) au nord-est par temps exceptionnel. C'est une des vues à 360° les plus étendues des Alpes, accessible en une journée depuis un village.
L'ascension passe par le Plan du Lac (2 370 m) et remonte dans les zones de haute altitude de la Vanoise — les zones entre 2 800 m et 3 612 m sont des zones de haute fréquentation des bouquetins (les crêtes rocheuses du sommet de la Pointe de Ronce sont leur habitat idéal). Observer des bouquetins adultes au sommet d'une montagne à 3 600 m est une des expériences les plus intenses de la randonnée alpine.
Équipement : crampons légers (10 points minimum) et piolet obligatoires pour la section glaciaire dans la partie haute (présence variable selon les années, inévitable avant fin juillet). Guide de montagne recommandé pour les alpinistes qui n'ont pas l'habitude du terrain glaciaire (Bureau des Guides de la Maurienne, bgm-saint-jean.com).
Météo impérative : départ uniquement par météo parfaite — les orages d'altitude en Vanoise peuvent être très violents. Consulter météo-chamonix.fr ou mountain-forecast.com le matin du départ. Descente obligatoire au premier cumulus au-dessus des crêtes.
Lac de la Roche Ferran (2 700 m) – Le Lac Sauvage sous les Crêtes Sombres
📍 Bessans (1 710 m) · Torrent du Ribon · Lac de la Roche Ferrée (2 700 m) · VanoiseLe Lac de la Roche Ferran (2 700 m) est un des lacs d'altitude les plus sauvages et les moins fréquentés du secteur de Bessans — situé dans un cirque sombre dominé par des crêtes de gneiss noirs, il a une atmosphère austère et minérale caractéristique de la haute Vanoise. Son nom évoque la roche ferrée — un gneiss particulièrement riche en minéraux ferreux qui donne aux parois environnantes leurs teintes sombres.
La montée depuis Bessans suit le torrent du Ribon dans un vallon étroit et peu fréquenté — un vallon latéral isolé de l'axe principal de la Vanoise, qui conserve un caractère de nature sauvage que les sentiers plus parcourus ont perdu. Les chamois sont très nombreux dans ce secteur — l'isolement relatif du vallon a maintenu une densité de chamois peu perturbée par les randonneurs.
Le lac lui-même est d'une couleur gris-sombre, presque noire par ciel couvert — le reflet des parois de gneiss et l'eau froide (< 5°C même en août) créent cette ambiance particulière. Par grand soleil, la couleur vire vers un bleu-acier froid. La solitude qui règne dans ce secteur — quelques randonneurs par semaine en dehors des week-ends de juillet-août — en fait un des objectifs les plus satisfaisants de la vallée pour les amateurs de nature intacte.

Météo des cirques fermés : les cirques fermés de haute altitude (comme le cirque du lac de la Roche Ferrée) accumulent les masses d'air froid et les nuages plus vite que les crêtes ouvertes. En cas de brouillard, le lac peut disparaître dans la brume — rester sur le sentier et ne pas s'aventurer sur les zones de blocs de gneiss.
Combinaison avec le Plan du Lac : depuis le Plan du Lac (randonnée n°1), une extension vers le secteur de la Roche Ferran est possible pour les randonneurs qui restent une nuit au refuge — une boucle de 2 jours qui combine les deux lacs et le panorama des glaciers.
Lac du Mont Cenis (1 450 m) – La Mer Alpine au Col Frontalier
📍 Lanslebourg (1 399 m) · Col du Mont Cenis (1 450 m) · Lac (1 450 m) · ItalieLe Lac du Mont Cenis (1 450 m) est un des lacs de montagne les plus grands de France — 28 km² à 1 450 m d'altitude, sur le plateau du Mont Cenis à la frontière franco-italienne. Ce lac est artificiel — créé par l'endiguement du vallon du Mont Cenis dans les années 1960 — mais son intégration dans le paysage est si totale qu'il semble naturel depuis des siècles. Ses eaux bleu-cobalt contrastent avec les pelouses alpines du plateau et les sommets qui l'entourent pour créer un des paysages les plus lumineux et les plus ouverts des Alpes françaises.
Le tour du lac à pied (25 km, D+ 400 m, 7h) est une randonnée de toute une journée d'un niveau facile — on longe des rives d'une variété remarquable (zones herbeuses, plages de galet, rochers, forêts de pins). Ce tour est accessible depuis Lanslebourg (1 399 m), 5 km avant Bessans. Des artefacts archéologiques romains et pré-romains ont été retrouvés sous les eaux lors des étiages — le col du Mont Cenis est un passage stratégique emprunté depuis l'Antiquité (Charlemagne le traversa en 773 avec son armée, et Napoléon y fit construire la première route carrossable en 1803).
Pour une randonnée plus engagée depuis le lac, la montée vers la Pyramide du Mont Cenis (2 083 m) — point haut du plateau — offre une vue à 360° sur le lac, les Alpes franco-italiennes et la haute Maurienne en contrebas.
Historia du col : le col du Mont Cenis est un des passages les plus historiques des Alpes. Charlemagne (773), les papes (plusieurs traversées médiévales), Napoléon (route carrossable construite 1803-1810, route de l'Empire). Le musée du Mont Cenis (ouvert en saison, en bord de lac) retrace cette histoire avec des cartes et des documents d'époque.
Baignade dans le lac : la baignade est autorisée sur certaines plages du lac (eau à 18-20°C en août). Le lac du Mont Cenis est un des rares lacs alpins de cette superficie où la baignade est possible — en combinant randonnée et baignade, une journée au Mont Cenis est une des plus complètes possibles en Maurienne.
Val d'Avérole et Refuge de l'Avérole (2 210 m) – Le Vallon Secret vers l'Italie
📍 Bessans (1 710 m) · Hameau de l'Avérole · Refuge (2 210 m) · Frontière italienneLe Val d'Avérole est un vallon latéral qui part de Bessans vers le sud-est en direction de la frontière italienne — un vallon glaciaire sauvage, sans route (à pied uniquement au-delà du hameau d'Avérole), qui conserve un caractère de nature vierge exceptionnel dans une Savoie alpine bien équipée en sentiers balisés. Le fond du vallon est constitué de glaciers résiduels, de lacs de fonte et de roches moutonnées (lisses et arrondies par les anciens glaciers).
La montée depuis Bessans par le hameau de l'Avérole (D+ 500 m, 6 km jusqu'au refuge, 2h30) est très progressive — un chemin de qualité qui traverse des alpages, des forêts d'aroles (Pinus cembra, le pin à cinq aiguilles des alpages de haute altitude, espèce protégée en France), des zones humides de tourbières et finalement les alpages ouverts du fond du vallon.
L'arole — le pin cembrot (Pinus cembra) — est une espèce symbole de l'alpin savoyard : un pin à croissance extrêmement lente (50-100 cm de hauteur pour 50 ans d'âge), aux aiguilles par paquets de cinq, aux pommes de pin contenant des grosses graines comestibles (les "noix d'arole", récoltées par les casse-noix mouchetés qui en font leurs réserves d'hiver). L'arole et le casse-noix entretiennent une relation de mutualisme exemplaire — l'oiseau est le seul disperseur efficace des graines d'arole et sans lui, l'arole ne se régénèrerait pas.

Refuge de l'Avérole (reservation.parcnational-vanoise.fr, ~45 € en demi-pension) : refuge gardé par le Parc de la Vanoise en saison. Les gardiens sont souvent des naturalistes qui connaissent parfaitement la faune du vallon — ils savent où sont les bouquetins, les gypaètes et les loups du secteur.
Aroles et casse-noix : le casse-noix moucheté (Nucifraga caryocatactes) est visible dans les forêts d'aroles du val d'Avérole — un oiseau gris tacheté de blanc, de la taille d'un geai, aux mouvements vifs dans les branches. Il récupère les pommes de pin des aroles et cache les graines en dépôts souterrains — dont il ne retrouve qu'une partie, permettant la germination des aroles non récupérés.
Col de la Madeleine (2 462 m) – La Crête entre Bessans et Bonneval
📍 Bessans (1 710 m) · Alpages · Col de la Madeleine (2 462 m) · Bonneval-sur-ArcLe Col de la Madeleine (2 462 m) — à ne pas confondre avec le Col de la Madeleine de Tarentaise (entre Alberville et Moûtiers) — est un col de haute altitude entre Bessans et Bonneval-sur-Arc, le village le plus haut de Maurienne (1 835 m) et un des Plus Beaux Villages de France, réputé pour l'intégrité exceptionnelle de son architecture savoyarde traditionnelle (pas d'immeuble moderne, pas de façade refaite, des chalets de pierre grise couverts de lauzes).
La randonnée depuis Bessans jusqu'au col (D+ 752 m, 8 km, 3h) traverse des alpages caractéristiques de la Vanoise — pelouses rases de haute altitude, zones de pierriers avec colonies de marmottes, et les crêtes de gneiss noir où les bouquetins sont systématiquement présents. La concentration de bouquetins entre Bessans et Bonneval est une des plus élevées du parc — il est rare de parcourir cette crête sans en observer.
La descente vers Bonneval-sur-Arc donne accès à ce village classé depuis les années 1960 — une heure de déambulation dans ses ruelles médiévales, entre les hauts murs de pierre grise et les greniers à foin sur pilotis (les "raccards"), constitue une conclusion culturelle exceptionnelle à la randonnée. Le retour vers Bessans peut se faire par la route (bus ou navette ~15 km).
Bonneval-sur-Arc : le village mérite 1h30 de visite — laissez-vous perdre dans les ruelles, montez aux raccards (greniers à foin sur pilotis qui constituent l'image la plus caractéristique du village), entrez dans la petite église romane. Pas de voitures dans le village historique — uniquement à pied. Fromage Beaufort d'alpage vendu à la coopérative du village.
Raccard : les raccards de Bonneval sont des greniers à foin soulevés sur des piliers de pierre terminés par des "chapeaux" circulaires en pierre plates (pour empêcher les rongeurs de monter). Cette architecture de conservation des fourrages, unique dans les Alpes françaises, est maintenue à Bonneval depuis des siècles.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Plan du Lac (2 370 m) – bouquetins et glaciers | 2 370 m | 10–14 km | 660 m | 4h–5h30 | Moyen |
| 2 | Pointe de Ronce (3 612 m) – alpinisme accessible | 3 612 m | 20–24 km | 1 902 m | 9h–12h | Difficile |
| 3 | Lac de la Roche Ferrée (2 700 m) – vallon isolé | 2 700 m | 14–18 km | 990 m | 5h–7h | Moyen/Difficile |
| 4 | Lac du Mont Cenis (1 450 m) – mer alpine | 2 083 m | 8–25 km | 100–800 m | 2h30–7h | Facile/Difficile |
| 5 | Val d'Avérole (2 210 m) – vallon secret | 2 210 m | 12–16 km | 500 m | 4h–6h | Facile/Moyen |
| 6 | Col de la Madeleine (2 462 m) – Bonneval | 2 462 m | 16–20 km | 752 m | 5h–7h | Moyen |
FAQ – Randonnée à Bessans
Pourquoi la Vanoise accueille-t-elle autant de bouquetins et quelle est l'histoire de leur réintroduction en France ?
Le Parc National de la Vanoise est le sanctuaire des bouquetins des Alpes en France — avec environ 5 000 à 5 500 individus (estimation 2024), il abrite plus d'un tiers de la population totale française et constitue la plus grande concentration d'Europe hors de l'Italie.
L'histoire de l'extinction et du retour : le bouquetin des Alpes (Capra ibex) était autrefois présent dans toutes les Alpes, de la Bavière à la Provence. Chassé pour sa chair, ses cornes (supposées magiques dans les traditions alpines médiévales) et ses bézards (concrétions de ses estomacs utilisés en pharmacopée), il est progressivement exterminé pendant les siècles. En 1820, il ne subsiste plus qu'une centaine d'individus dans le massif du Gran Paradiso (Italie), protégés par les chasses royales des Savoie.
La Vanoise et le Gran Paradiso : la création du Parc National du Gran Paradiso en 1922 (Italie) d'un côté et du Parc National de la Vanoise en 1963 (France) de l'autre, avec en 1972 la signature d'un accord de "jumelage" entre les deux parcs frontaliers, a créé le premier réseau transfrontalier de protection en Europe. Les bouquetins du Gran Paradiso ont progressivement recolonisé la Vanoise en franchissant les cols frontaliers — et depuis les années 1970, la population française ne cesse de croître.
Pourquoi autant en Vanoise : la Vanoise offre les conditions idéales — des crêtes rocheuses variées (bouquetins sont d'excellents grimpeurs), des alpages riches pour l'alimentation, une protection stricte depuis 1963, pas de prédateurs naturels significatifs jusqu'aux années 2000 (le loup n'est arrivé que récemment), et une altitude suffisante pour éviter les maladies des animaux domestiques. Les populations de Bessans, Bonneval et du Fond de la Vallée sont parmi les plus approchables — des décennies de protection ont rendu ces animaux pratiquement indifférents aux humains respectueux.
Que sont les fresques du diable de Bessans et pourquoi sont-elles si remarquables ?
Les fresques médiévales de Bessans sont un ensemble de peintures murales exceptionnelles conservées dans plusieurs chapelles du village — la chapelle Saint-Antoine (XVe siècle) et la chapelle Saint-Sébastien (XVIe siècle) sont les deux sites principaux, avec des cycles narratifs d'une qualité et d'une originalité remarquables dans l'art populaire savoyard.
La chapelle Saint-Antoine et le diable : la chapelle Saint-Antoine (construite vers 1420-1450) représente sur ses murs extérieurs les Tentations de saint Antoine l'Ermite — un thème récurrent dans l'iconographie médiévale depuis les écrits d'Athanase d'Alexandrie. Dans la tradition chrétienne, saint Antoine le Grand (251-356 ap. J.-C.) a résisté à de multiples tentations diaboliques dans le désert d'Égypte — des démons, des créatures monstrueuses et des visions terrifiantes. À Bessans, ces tentations sont représentées avec une inventivité créative et un sens du grotesque qui rappelle Jérôme Bosch ou les miséricordes sculptées des cathédrales gothiques.
Le "diable de Bessans" : dans les représentations de la chapelle, le diable prend des formes variées — humanoïde avec cornes, hybride animal-humain, créature multi-membres. Ces représentations ont tellement marqué l'imaginaire local que Bessans est devenu "le village du diable" dans la tradition populaire savoyarde. Des statuettes de diables en bois sculpté sont encore fabriquées par les artisans de Bessans aujourd'hui — le diable de bois est un des souvenirs les plus emblématiques de la Haute Maurienne.
La qualité artistique : ces fresques sont d'une qualité artistique surprenante pour des peintures murales de chapelle rustique — le peintre (anonyme) maîtrisait parfaitement les techniques gothiques de composition, de perspective spatiale et de narration visuelle. Des restaurations récentes ont ravivé les couleurs et révélé des détails que le temps avait estompés. La chapelle Saint-Antoine est ouverte à la visite en saison (office de tourisme de Bessans pour les horaires).
Quelle est l'histoire du Col du Mont Cenis et pourquoi est-il si important ?
Le Col du Mont Cenis (1 562 m) est un des passages historiques les plus importants des Alpes — un col relativement bas (pour les Alpes), facilement praticable, qui relie la vallée de la Maurienne (France) à la vallée de la Doire Ripaire (Italie, région de Turin). Il a été emprunté pendant deux millénaires par tous ceux qui voulaient traverser les Alpes entre la France et l'Italie.
L'histoire du col : les premières traces d'utilisation du col remontent à l'Antiquité (le col apparaît dans des écrits grecs du IVe siècle av. J.-C.). En 773, Charlemagne traverse le col avec son armée pour aller combattre les Lombards en Italie — une traversée de plusieurs milliers de soldats et de chevaux. Au Moyen Âge, le col est un axe commercial et religieux majeur — les pèlerins de Saint-Jacques et de Rome l'empruntent régulièrement, et un hospice pour les voyageurs existe depuis le IXe siècle.
Napoléon et la route carrossable : en 1800, Napoléon Bonaparte traverse le col avec l'armée de réserve — une traversée hivernale épique. Convaincu de l'importance stratégique du passage, il ordonne la construction d'une route carrossable (1803-1810) — la "route de Napoléon" du Mont Cenis, qui permet pour la première fois de traverser les Alpes en voiture. Cette route de 2,5 mètres de large était une prouesse technique pour l'époque.
Le lac artificiel : le lac du Mont Cenis a été créé par la construction d'un barrage hydro-électrique dans les années 1960 — le barrage Rocchetta, inondant l'ancien plateau et ses villages. Sous les eaux, des hameaux entiers et des ruines romaines ont disparu — ils réapparaissent partiellement lors des années de sécheresse intense où le niveau du lac baisse considérablement. Le musée du Mont Cenis (en bord de lac) expose des objets et photographies de l'ancien plateau.
Comment rejoindre Bessans depuis Paris et quelle est la meilleure période pour les bouquetins ?
Bessans est accessible depuis Paris par le train de manière relativement efficace — la ligne TGV Paris-Turin passe par Modane, la gare la plus proche de la Haute Maurienne.
Par le train : TGV Paris-Gare-de-Lyon → Modane (via Chambéry, 3h20) + navette ou bus Modane → Bessans (42 km, 45 min). La navette estivale est proposée par la communauté de communes de Haute Maurienne Vanoise (maurienne-vanoise.com). Total : environ 4h10. Ou TGV Paris → Chambéry (2h05) + TER Chambéry → Modane (1h20, train régional) + bus. Total similaire.
En voiture : Lyon → Bessans (3h via A43 direction Turin jusqu'à Modane puis D1006) — une des routes les plus pratiques. Paris → Bessans (7h via A6-A43). La route de la Haute Maurienne (D1006) remonte la vallée de l'Arc dans un cadre spectaculaire — gorges profondes, villages savoyards, châteaux.
Meilleure période pour les bouquetins : les bouquetins sont présents toute l'année en Vanoise, mais les conditions d'observation varient. Juillet-août : toutes les zones sont accessibles, les hardes sont sur les alpages et les crêtes, en plein soleil. La meilleure période d'observation est tôt le matin (6h-9h) quand les animaux se déplacent activement. Septembre : les mâles commencent à se rassembler en vue du rut (novembre-décembre) — les groupes de mâles adultes sont plus fréquents, avec des comportements de dominance spectaculaires (combats au butoir). Octobre : le rut approche, les grands mâles avec leurs cornes incurvées sont plus actifs et moins discrets.
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