Les 6 plus belles randonnées
à La Gomera (Canaries)
L’île la plus verte des Canaries. Au centre, la laurisilva du parc national de Garajonay — la forêt primaire la mieux conservée de l’Ancien Monde. Autour, des barrancos vertigineux qui tombent à la mer. Et des cheminées volcaniques qui émergent du brouillard. La Gomera se mérite. Elle le rend au centuple.
En 2022, une panne majeure a privé La Gomera d’électricité pendant plusieurs jours. Les habitants ont alors ressorti leur savoir ancestral : ils ont communiqué en silbo gomero, sifflant de vallée en vallée pour s’organiser. Ce n’est pas de la folklore pour touristes — c’est une langue fonctionnelle encore maîtrisée par plus de 22 000 personnes, enseignée dans toutes les écoles de l’île, et dont la portée peut atteindre 10 km par vent favorable. UNESCO, 2009, Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité
La Gomera est une île quasi circulaire de 369 km², la sixième des Canaries en taille et en population (~22 000 habitants en 2024). Capitale : San Sebastián de La Gomera (côte est, port principal avec ferry vers Ténérife). Sans aéroport — on y accède en ferry depuis Los Cristianos (Ténérife). C’est la seule île des Canaries à ne pas avoir subi d’éruption volcanique depuis environ 2 millions d’années — ce qui explique l’érosion extrême de son relief en barrancos (canyons) profonds, et la richesse de sa végétation qui a eu le temps de s’établir. Réserve de biosphère UNESCO depuis 2012.
Le joyau de l’île est le Parc National de Garajonay, créé le 25 mars 1981, Patrimoine de l’Humanité UNESCO depuis 1986, couvrant 3 986 ha soit plus de 10% de l’île. Il abrite “le meilleur exemple connu de laurisilva de l’Ancien Monde” — cette forêt primaire subtropicale du Tertiaire, disparue du reste de l’Europe depuis les glaciations, qui couvre environ 70% du parc. Lauriers de 10 m, bryères arborescentes, fougères géantes, mousses et lichens tapissant tous les troncs. Les pigeons des lauriers (Columba junoniae, la Paloma Rabiche) et pigeons turquoise (Columba bollii, la Paloma Turqué) sont des espèces endémiques des Canaries bien présentes.
La Gomera est aussi l’île de Christophe Colomb : San Sebastián fut la dernière escale de son premier voyage avant la découverte des Amériques, le 6 septembre 1492. Et celle du Silbo Gomero, cette langue sifflée unique au monde, héritée des Guanches (premiers habitants, d’origine berbère), qui permet de communiquer d’une vallée à l’autre à 5-10 km de distance.
Le Top 6 des randonnées à La Gomera
Forêt de Garajonay – El Cedro – La Laurisilva, Cascade et Village des Bois
📍 Parc national de Garajonay (entrée nord) · Sentier de la laurisilva · Cascade d’El Cedro (plus haute cascade de l’île) · Village d’El Cedro (ruisseau, vieilles familles, restaurant Juana) · Descente vers Hermigua · Bananeraies en terrassesLa traversée de la laurisilva du Garajonay jusqu’à El Cedro est l’expérience cardinale de La Gomera — c’est pour elle que des milliers de randonneurs font le voyage. La forêt absorbe littéralement l’humidité des alizés : les mousses et lichens tapissent tous les troncs, les fougères géantes étalent leurs frondes au sol, et l’eau ruisselle partout toute l’année. L’ambiance est brumeuse, verte, silencieuse sauf pour les pigeons des lauriers. “La laurisilve, forêt de lauriers, couvre quelque 70% de ce parc. Les sources et les nombreux cours d’eau y favorisent une végétation luxuriante, proche de celle de l’ère tertiaire, qui a presque entièrement disparu d’Europe méridionale.”
Le sentier descend vers le hameau d’El Cedro au cœur du parc — un village de quelques familles seulement, avec un restaurant de renommée locale (chez Juana, soupe de cresson et spécialités gomériennes). La cascade d’El Cedro, la plus haute de l’île, est quelques minutes de détour. Depuis El Cedro, l’it inéraire continue vers Hermigua (vallée nord, bananeraies en terrasses) — un changement de monde radical : de la forêt primaire on passe en quelques km aux cultures tropicales exubérantes.

Alto de Garajonay (1 487 m) – Le Sommet de l’Île et sa Vue sur 4 Îles
📍 Départ depuis la route LP-4 (accès voiture) · Sentier n°07 · Bryères arborescentes · Alto de Garajonay (1 487 m) · Vue panoramique 360° · Tenerife-Téide · La Palma · El Hierro · Retour même chemin ou boucle HermiguaL’Alto de Garajonay (1 487 m) est le sommet de La Gomera, et son accès est remarquablement facile — la route GM-2 monte jusqu’à quelques centaines de mètres sous le sommet, et le sentier balisé n°07 ne demande qu’environ 1h et 130 m de dénivélé pour y arriver. C’est “l’it inéraire parfait pour ceux qui ont peu de temps” sur l’île : il condense les paysages du Garajonay (bryères arborescentes, lauriers, brume) et un point de vue panoramique qui, par temps clair, permet de voir simultanément Tenerife et le Téide face, La Palma à l’ouest et El Hierro au sud-ouest.
Le nom est issu d’une légende gomérienne : Gara (princesse gomérienne) et Jonay (prince ténérifien) se seraient suicidés ensemble au sommet plutôt que d’être séparés. Le sommet était un lieu de culte des Gomeros indigènes avant la conquête espagnole. Les bryères arborescentes (Erica arborea) poussent ici à des tailles dépassant 6-8 m — une espèce qu’on trouve habituellement comme arbuste en Europe.
Roque de Agando et Los Roques – Les Cheminées Volcaniques Emblèmes de l’Île
📍 Los Roques (parking, route GM-2) · Boucle de la Ojila · Roque de Agando (plus haute cheminée volcanique de l’île) · Roque La Zarcita · Roque Ojila · Degollada de Peraza (mirador) · Village La Laja · Barranco de BenchijiguaLe Roque de Agando est l’icône de La Gomera — ce monolithe de phonolite (roche volcanique très résistante à l’érosion) qui surgit du paysage comme une tour naturelle colossale. La randonnée depuis Los Roques (parking sur la GM-2) permet de les voir de près et sous tous les angles, avec la “Boucle de la Ojila” qui passe à travers la laurisilva brumeuse, le long de la crête rocheuse jusqu’au Bailadero, puis redescend vers Los Roques. Un contraste saisissant : la forêt verte et dense d’un côté, les pitons minéraux et arides de l’autre.
La variante plus complète descend depuis la Degollada de Peraza vers le pittoresque village de La Laja — “perdu au fond d’un beau et luxuriant barranco, impression d’un village du bout du monde” — puis remonte vers le Roque Agando. Le barranco de Benchijigua, classé réserve naturelle intégrale, est au pied du Roque, peuplé de palmiers canariens et de végétation endémique. C’est la randonnée la plus photographiée de La Gomera.

Roque Cano et Vallehermoso – Le Dôme Phonolithique qui Veille sur la Belle Vallée
📍 Vallehermoso (« belle vallée », nord de l’île) · Montée vers le Roque Cano (dôme phonolithique 650 m) · Canyon aux euphorbes géantes et palmiers · Chapelle de Santa Clara · Crête panoramique · Punta de Alcalá · Descente plage de VallehermosoVallehermoso (« belle vallée ») est le village du nord de La Gomera, surplomblé par l’imposant Roque Cano — un dôme de lave phonolithique à 650 m d’altitude qui a résisté à l’érosion depuis des millions d’années pendant que tout autour se creusait en barrancos. L’ascension débute depuis le centre de Vallehermoso et monte le long d’un canyon où la végétation change rapidement avec l’altitude : euphorbes géantes et palmiers en bas, puis bryères et génêts plus haut. La chapelle blanche de Santa Clara marque une halte naturelle avec des vues sur la côte nord.
La crête de Chijéré offre des vues impressionnantes sur la pointe nord-ouest de l’île, et notamment sur la Roque de los Organos — une formation de colonnes basaltiques verticales visibles depuis la mer (accessible en bateau excursion depuis Valle Gran Rey). La descente vers la Playa de Vallehermoso (plage de sable noir, piscines d’eau de mer) boucle l’it inéraire par un bain mérité.
Agulo → Mirador de Abrante → Juego de Bolas – Village, Plateforme de Verre et Laur isilva
📍 Agulo (plus beau village de l’île selon les habitants, côte nord, maisons colorées) · Falaises rougeâtres · Mirador de Abrante (plateforme de verre 623 m au-dessus du village) · Haute vallée · Juego de Bolas (centre visiteurs parc) · Barranco de las RosasAgulo est régulièrement décrit comme le plus beau village de La Gomera — adossé à de hautes falaises verdoyantes sur la côte nord, avec des maisons colorées et des ruelles pavées dans un configuration semi-circulaire unique à l’île. La randonnée part depuis le village et monte par des falaises rougeâtres jusqu’au Mirador de Abrante — une plateforme de verre suspendue à 623 m au-dessus du village, avec une vue vers le bas qui est une des plus impressionnantes des Canaries. La plateforme a un restaurant où ont lieu régulièrement des démonstrations de Silbo Gomero — un des meilleurs endroits pour entendre cette langue sifflée.
Le sentier monte ensuite dans la haute vallée et entre dans la laurisilva, traversant des forêts de lauriers jusqu’au centre des visiteurs du parc national à Juego de Bolas (exposition sur la laurisilva, jardin botanique, personnel pour conseiller sur les randonnées). La descente peut se faire par le barranco de las Rosas avec des vues supplémentaires. Retour à Agulo en taxi ou bus.

Barranco de Guarimiar – Canyon Sauvage entre Palmiers, Euphorbes et Océan
📍 Départ depuis les hauteurs du Barranco · Barranco de Guarimiar (vallée étroite et sauvage) · Palmiers canariens · Euphorbes géantes · Roches noires basaltiques · Descente vers Valle Gran Rey · Plage et bain à l’arrivéeLe Barranco de Guarimiar est l’un des barrancos les plus spectaculaires de La Gomera — une vallée étroite et sauvage décrite comme “magnifique, verte, plantée de cactées, d’euphorbes, de palmiers et de roches noires”. L’it inéraire descend depuis les hauteurs du barranco, traversant des paysages qui racontent l’histoire agricole de l’île : terrasses abandonnées où l’on cultivait jadis la vigne et les céréales, canaux d’irrigation en pierre, vestiges de bergeries. Une “étape sportive, probablement la plus exigeante” de la semaine de randonnée selon Trekkingcanaries.com.
La descente mène vers Valle Gran Rey, la station balnéaire de la côte ouest — le “berceau historique du tourisme alternatif des années 60” aux Canaries, où des voyageurs européens ont découvert cette île préservée il y a plus de 50 ans. La baignade à l’arrivée est la récompense logique après la descente du canyon. Le port de pêche de Valle Gran Rey — soupe de poissons, chocos (seiches) à la plancha — est l’autre récompense.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Forêt Garajonay → El Cedro — laurisilva, cascade, village, Hermigua | 8–12 km | variable | 4–5h | Modéré |
| 2 | Alto de Garajonay (1 487 m) — sommet, vue 4 îles, br uyères | ~2 km aller | ~130 m | ~1h aller | Facile |
| 3 | Roque de Agando et Los Roques — cheminées volcaniques, boucle | ~10–12 km | ~670 m | 4h30 | Modéré à difficile |
| 4 | Roque Cano et Vallehermoso — dôme phonolithique 650 m, crête | ~10–12 km | ~640 m | 4h30–5h | Modéré à difficile |
| 5 | Agulo → Mirador Abrante (623 m verre) → Juego de Bolas | ~10–12 km | ~640 m | 4h30–5h | Modéré |
| 6 | Barranco de Guarimiar — canyon sauvage vers Valle Gran Rey | 10–14 km | D- dominant | 4–5h | Modéré à difficile |
FAQ – Randonnée à La Gomera (Canaries)
Qu’est-ce que le Silbo Gomero exactement — est-il encore vraiment pratiqué ?
Le Silbo Gomero est une langue sifflée héritée des Guanches, les premiers habitants de La Gomera (peuple d’origine berbère venu d’Afrique du Nord). Elle permettait de communiquer d’une vallée à l’autre en contournant les barrancos — éviter de traverser des ravins profonds pour transmettre un message simple. La portée est de 5 à 10 km selon la force et le sens du vent. Ce n’est pas une langue “simplifiée” : le silbo code l’espagnol complètement, avec ses voyelles, ses consonnes, ses intonations.
Oui, il est encore pratiqué — et pas seulement pour les touristes. Il est enseigné dans toutes les écoles de La Gomera depuis le début des années 2000. Plus de 22 000 personnes le pratiquent couramment selon Spain.info officiel. En 2022, lors d’une panne électrique majeure, les habitants ont communiqué en silbo. Il est inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité UNESCO depuis 2009. Des démonstrations ont lieu régulièrement au Mirador de Abrante (Agulo) et dans certains restaurants touristiques.
Pourquoi la laurisilva du Garajonay est-elle un Patrimoine de l’Humanité ?
Le Parc National de Garajonay a été classé Patrimoine de l’Humanité UNESCO en 1986 parce qu’il abrite “le meilleur exemple connu de laurisilva de l’Ancien Monde”. La laurisilva (ou laurisylve) est une forêt subtropicale héritée de l’ère tertiaire — elle couvrait l’Europe méridionale et le pourtour méditerranéen avant les glaciations. Les glaciations l’ont détruite partout sauf dans quelques archipels atlantiques (Canaries, Madère, Açores) où le climat océanique tempéré l’a préservée.
À Garajonay, elle couvre environ 70% du parc. Les espèces caractéristiques : laurier (Laurus azorica), til (Ocotea foetens), vinhático (Persea indica), bryère arborescente (Erica arborea) pouvant atteindre 8-10 m, fougères géantes. 120 espèces endémiques des Canaries dans le parc. La faune : pigeon des lauriers (Columba junoniae) et pigeon turquoise (Columba bollii), endémiques des Canaries, sont réguliers dans la forêt. Un incendie en 2012 a détruit plus de 750 ha — la regeneration est estimée à 30 ans.
Christophe Colomb a-t-il vraiment fait escale à La Gomera — quelle trace reste-t-il ?
Oui, historiquement documenté. San Sebastián de La Gomera est la dernière escale du premier voyage de Christophe Colomb avant la traversée atlantique qui mène à la découverte de l’Amérique. La flotte quitte San Sebastián le 6 septembre 1492. Colomb y fait repeindre et réapprovisionner ses trois caravelles, réparer le gouvernail de la Pinta, et embarque de l’eau douce et des vivres pour la traversée. La légende dit qu’il y avait une relation avec Beatriz de Bobadilla, gouvernante de l’île — non démontré historiquement.
Ce qu’on peut voir à San Sebastián aujourd’hui : la Casa de Colón (Maison de Colomb), où il aurait séjourné ; l’église de l’Asunción où il aurait assisté à la messe avant le départ ; le Puits de la Torre du Conde (eau douce embarquée). Chaque septembre, San Sebastián célèbre les Jornadas Colombinas, avec musique, danse et expositions.
Quelle est la meilleure période pour randonner à La Gomera ?
La Gomera se randonnée toute l’année — c’est son avantage principal. Températures moyennes : 19°C en hiver, 24°C en été. Mais il faut distinguer les versants :
Versant nord et plateau du Garajonay : humide toute l’année grâce aux alizés. La brume y est quasi-permanente, les sentiers toujours mouillés. C’est aussi pour cela que la laurisilva est magnifique. Le printemps (mars-mai) est la plus belle période pour la flore.
Versant sud (Valle Gran Rey, Playa Santiago) : sec et ensoleillé toute l’année. Chaleur en été mais le vent razón régu le la température. Décembre-février : excellent pour les barrancos du sud (Guarimiar). En été : barrancos chauds en journée, partir avant 9h. Eviter juillet-août pour les barrancos arides — préférer la forêt du Garajonay qui reste fraîche.
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