Les 6 plus belles randonnées
au Creux du Van
Le Creux du Van est le Grand Canyon du Jura suisse — un cirque rocheux de 160 m de haut et 1,4 km de large taillé dans le calcaire portlandien, où les bouquetins déambulent sur le rebord, où la mer de brouillard noie le Plateau suisse en contrebas et où la flore arctique côtoie les orchidées de prairie à 1 450 m d'altitude.
Le Creux du Van (prononcer "Creux du Vent" — van signifie "vent" en patois neuchâtelois) est le site naturel le plus spectaculaire du Jura suisse et une des merveilles géologiques de la Suisse romande. Ce cirque rocheux — 1,4 km de large, 160 m de haut, taillé en demi-cercle presque parfait dans le calcaire — se situe à cheval sur les cantons de Neuchâtel et de Vaud, dans le massif du Jura, à 1 200-1 450 m d'altitude.
La formation du Creux du Van est d'origine périglaciaire — contrairement à ce qu'une première impression peut suggérer, ce n'est pas un glacier qui a creusé ce cirque (les glaciers jurassiens n'ont jamais atteint cette altitude dans ce secteur). C'est l'action combinée du gel et du dégel pendant les périodes froides du Quaternaire qui a fracturé le calcaire portlandien (calcaire compact et pur du Jurassique supérieur, 150-145 millions d'années) en blocs effondrés, créant progressivement la paroi en demi-cercle caractéristique. Le fond du cirque est jonché de ces blocs éboulés — certains de plusieurs centaines de tonnes — qui forment un chaos de pierres couvert de mousses et de végétation en mosaïque.
L'inversion thermique qui règne dans le fond du Creux du Van est un phénomène microclimatique remarquable. L'air froid, plus dense, s'accumule dans le fond du cirque en toutes saisons — la température y peut être inférieure de 10 à 15°C à celle du plateau de la crête en plein été. Des glacières naturelles se forment sous les blocs éboulés du fond : la glace s'y conserve d'une année sur l'autre, et de la neige et de la glace subsistent parfois jusqu'en juillet. Cette anomalie thermique crée une végétation "arctique-alpine" unique au fond du cirque — des plantes qui ne devraient normalement pas être présentes à cette latitude et cette altitude : l'Aconitum variegatum, la Pinguicula alpina (grassette des Alpes — plante carnivore), la Saxifraga stellaris.
La faune du Creux du Van est la grande attraction de la région. Les bouquetins des Alpes (Capra ibex) ont été réintroduits dans les falaises du cirque dans les années 1990 après avoir été absents du Jura depuis des siècles. La population actuelle compte une cinquantaine d'individus — ils sont visibles presque quotidiennement sur les rebords et les vires des falaises, parfois à quelques mètres des randonneurs sur la crête. Le chamois est abondant dans toute la forêt jurassienne environnante. L'aigle royal niche dans les parois du cirque. Le grand-duc d'Europe (Bubo bubo) — le plus grand rapace nocturne d'Europe (envergure 170 cm) — chasse dans les forêts et les falaises. La chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) vit dans les vieilles forêts d'épicéas de la crête.
Le Top 6 des randonnées au Creux du Van
Circuit du Creux du Van – Le Tour Complet du Grand Canyon Jurassien
📍 Noiraigue (737 m) · Creux du Van (1 200–1 464 m) · Circuit · Neuchâtel/VaudLe circuit complet du Creux du Van depuis Noiraigue (737 m) est la grande randonnée classique du Jura neuchâtelois — et une des plus belles de Suisse romande. Il monte d'abord dans la forêt par un sentier en lacets, longe le fond du cirque sous les falaises (où la végétation arctique et les blocs éboulés créent une atmosphère irréelle), puis monte sur la crête pour longer le rebord de 1,4 km de long à 1 464 m — les 160 m de vide direct sous les pieds.
Depuis le rebord supérieur du Creux du Van, la vue est à couper le souffle dans les deux directions : vers le bas, le fond boisé du cirque à 160 m de profondeur ; vers le nord, le Plateau suisse avec le lac de Neuchâtel et, par temps clair, le lac de Bienne et le lac de Morat ; au loin, les Alpes bernoises et valaisannes depuis le Cervin jusqu'à l'Eiger. En automne (octobre-novembre), la mer de brouillard se forme sur le Plateau et s'arrête exactement à la hauteur du cirque — les randonneurs sur la crête se trouvent alors au-dessus des nuages, dans un soleil radieux, avec les Alpes en horizon.
Les bouquetins sont la vedette du circuit — ils déambulent sur le rebord avec une désinvolture totale face au vide, leurs cornes annelées caractéristiques reconnaissables depuis la crête. Observer une dizaine de bouquetins sur les vires calcaires des falaises, avec la mer de brouillard en fond, est une expérience qui vaut n'importe quelle montagne alpine.

Mer de brouillard : phénomène typique de mi-octobre à mi-novembre, en matinée (6h-10h). Vérifier la météo sur meteosuisse.ch — chercher "inversion thermique" ou "mer de nuages". Le Creux du Van est un des 5 meilleurs sites de Suisse pour ce phénomène.
En hiver : le circuit en raquettes à neige est une randonnée hivernale majeure du Jura neuchâtelois. La neige tient d'janvier à mars. Les bouquetins sont encore plus proches des randonneurs en hiver (ils cherchent les zones déneigées).
Prudence absolue sur le rebord : les 160 m de vide sans garde-corps demandent une vigilance constante, surtout avec des enfants.
Soliat (1 464 m) & Rebord Est – La Crête Panoramique au-dessus des Falaises
📍 Môtiers (748 m) · Ferme Robert (1 150 m) · Soliat (1 464 m) · NeuchâtelLe Soliat (1 464 m) est le point culminant du Creux du Van — la crête rocheuse qui forme le rebord est du cirque et qui offre le panorama le plus complet sur le site. Depuis Môtiers (village historique de la vallée de l'Areuse, où Jean-Jacques Rousseau a séjourné en 1762-1765 après sa condamnation à Genève), la montée à travers les forêts de hêtres et d'épicéas est régulière et bien balisée.
La Ferme Robert (1 150 m) — une ferme d'alpage historique accessible aussi par véhicule tout-terrain depuis Noiraigue — marque la transition entre la forêt et le plateau jurassien. Depuis la Ferme Robert, le sentier final vers le Soliat (D+ 314 m, 2 km, 1h) longe les falaises par le dessus, avec des vues progressivement de plus en plus spectaculaires sur le cirque en contrebas.
Depuis le Soliat, les Alpes s'étalent en panorama depuis le Cervin jusqu'aux Alpes de l'Oberland bernois. Le lac de Neuchâtel, troisième plus grand lac de Suisse (217 km²), est visible en entier à 800 m en contrebas. Par temps exceptionnel de foehn, les Alpes autrichiennes et les Dolomites italiennes apparaissent à l'horizon.
Rousseau à Môtiers : la maison de Rousseau est aujourd'hui un musée (musee-rousseau.ch). Jean-Jacques Rousseau a écrit ici des Lettres de la Montagne (1764) et y a failli être lapidé par les villageois — un épisode rocambolesque de l'histoire intellectuelle suisse. La visite (1h) s'impose avant ou après la randonnée.
Retour via Noiraigue : descente depuis le Soliat vers Noiraigue (D– 727 m, 5 km, 2h) pour un circuit aller-retour dans deux villages différents — retour en train ou car postal.
Chasseron (1 607 m) – Le Toit du Jura Neuchâtelois-Vaudois
📍 Les Rasses (1 178 m) · Sainte-Croix (1 092 m) · Chasseron (1 607 m) · Vaud/NeuchâtelLe Chasseron (1 607 m) est le sommet le plus haut du Jura neuchâtelois-vaudois — dominant le Creux du Van depuis le sud-ouest et relié à lui par la crête jurassienne. Il est accessible depuis Les Rasses (1 178 m) (station de sports d'hiver vaudoise accessible depuis Ste-Croix en télésiège ou à pied) ou à pied depuis Sainte-Croix (1 092 m).
Depuis le sommet du Chasseron, le panorama atteint son maximum — l'arc alpin entier est visible depuis le Mont Blanc à l'ouest jusqu'au Säntis en Appenzell à l'est, soit plus de 400 km d'Alpes d'un coup d'œil. Les lacs du Plateau suisse (Neuchâtel, Bienne, Morat, Léman) brillent en contrebas. Par temps de foehn, les Dolomites italiennes complètent ce panorama exceptionnel.
Le sentier de crête reliant le Chasseron au Creux du Van (environ 8 km à l'est, D+ 200 m, 3h) est une des grandes randonnées de crête du Jura suisse — le sentier longe le rebord calcaire avec des vues permanentes sur les deux versants (Plateau suisse au nord et vallées vaudoises au sud).

Grande traversée Chasseron → Creux du Van (D+ 200 m, D– 400 m, 8 km, 3h) : un des itinéraires de crête les plus emblématiques de la région — retour depuis Noiraigue en train ou car postal.
Hôtel du Chasseron (hôtel de montagne au sommet, 1 607 m) : ouvert toute l'année, dîner et nuit possible pour voir le lever de soleil sur les Alpes depuis le point culminant du Jura vaudois.
Gorges de l'Areuse – Le Canyon de la Rivière sous les Falaises Jurassiennes
📍 Noiraigue (737 m) · Gorges de l'Areuse · Boudry (461 m) · NeuchâtelLes Gorges de l'Areuse sont le canyon creusé par l'Areuse dans les calcaires jurassiens sur 10 km entre Noiraigue et Boudry — un des canyons fluviaux les plus beaux de Suisse romande, avec des parois de 50 à 80 m de haut, des eaux d'un vert émeraude intense, des passerelles suspendues, des tunnels taillés à la dynamite dans le calcaire et des moulins historiques.
L'Areuse est une rivière karstique — elle naît dans le Val-de-Travers et récupère en chemin les eaux souterraines d'un vaste réseau karstique sous le plateau jurassien. Sa couleur vert émeraude caractéristique (différente du turquoise glaciaire des lacs alpins) est due au calcaire dissous en fine suspension et aux algues microscopiques de ses eaux fraîches (8-12°C en été). La rivière est connue pour ses populations d'écrevisses à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) — une espèce protégée Natura 2000 qui trouve ici un des derniers refuges suisses.
La randonnée descend de Noiraigue vers Boudry — une marche en descente douce (D– 276 m sur 10 km), idéale en sens unique avec retour en train. Les passerelles suspendues au-dessus de l'Areuse, les tunnels creusés dans le calcaire et les moulins restaurés du XVIIIe siècle donnent à cet itinéraire une atmosphère de conte alpestre unique dans le Jura.
Sens recommandé : toujours de Noiraigue vers Boudry (descente) — sens inverse beaucoup plus fatigant (D+ 276 m sur 10 km de gorges).
En cas de crue : le sentier peut être partiellement inondé lors des fortes pluies — vérifier les conditions sur le site de la commune de Boudry avant de partir. Des panneaux d'avertissement signalent les sections à risque.
Passerelle suspendue du Saut de Brot : la plus spectaculaire de l'itinéraire — une passerelle en acier à 12 m au-dessus de l'Areuse dans la gorge la plus étroite. Vertige léger garanti.
La Tourne (1 295 m) & Crête Nord – La Face Cachée du Cirque
📍 Bôle (439 m) · La Tourne (1 295 m) · Crête Nord du Creux du Van · NeuchâtelLa Tourne (1 295 m) est le sommet qui forme le rebord nord-ouest du Creux du Van — moins fréquenté que le Soliat (côté est) car accessible depuis le Plateau suisse par un long dénivelé depuis Bôle. Cette face nord donne une perspective totalement différente sur le site — depuis la crête de la Tourne, on regarde le cirque "de face", avec les parois calcaires en pleine lumière matinale et le fond boisé du cirque 400 m en contrebas.
La montée depuis Bôle (439 m) traverse toutes les zones de végétation du Jura neuchâtelois en une seule ascension — vignes et vergers de la côte du lac, forêts mixtes de feuillus, forêts de hêtres et de sapins blancs, puis alpages jurassiens ouverts. Au printemps (avril-mai), les forêts de hêtres de la montée sont couvertes de jacinthes sauvages (Hyacinthoides non-scripta) et d'anémones sylvies — un spectacle floral comparable aux futaies de hêtres du Perche en France.
Depuis le sommet, la vue plongeante sur le lac de Neuchâtel (en contrebas à l'est) et le panorama sur les Alpes (au sud) sont particulièrement nets car ce versant est moins souvent dans les nuages que le côté Noiraigue.

Jacinthes sauvages (avril-mai) : la montée depuis Bôle entre 600 et 900 m d'altitude traverse des zones à jacinthes — les 2-3 premières semaines d'avril sont en général le pic, variable selon les années.
Connexion avec le circuit du Creux du Van : depuis La Tourne, le sentier rejoint la crête du Creux du Van en 30 min — possibilité de boucler par le Soliat et de redescendre sur Noiraigue (journée complète, 20 km total).
Ferme Robert & Glacières Naturelles – La Botanique Arctique au Fond du Cirque
📍 Noiraigue (737 m) · Ferme Robert (1 150 m) · Glacières naturelles · NeuchâtelLa Ferme Robert (1 150 m) est l'alpage historique au pied des falaises du Creux du Van — une ferme d'été en activité depuis des siècles, proposant en saison une restauration simple (fondue, croûte au fromage, boissons chaudes) et constituant le premier point de vue accessible depuis Noiraigue sur le cirque. Elle est aussi le point de départ du sentier vers les glacières naturelles.
Les glacières naturelles du Creux du Van se forment sous les blocs calcaires éboulés dans le fond du cirque. L'air froid, plus dense, s'accumule dans ces cavités en toutes saisons — la température y est assez basse pour que la glace hivernale ne fonde pas avant juillet. Des formations de glace et parfois de stalactites de glace sont visibles de juin à début juillet dans les failles entre les blocs. Ce phénomène d'inversion thermique locale (appelé "effet de glacier rocheux" ou "cryokarst superficiel") est documenté depuis le XIXe siècle au Creux du Van.
La flore du fond du cirque est la conséquence directe de ce microclimat froid — des plantes normalement absentes à cette latitude en Suisse romande y poussent : la Pinguicula alpina (grassette des Alpes, plante carnivore qui piège les insectes sur ses feuilles collantes), la Saxifraga stellaris (saxifrage étoilée), l'Aconitum variegatum. Pour un botaniste, le fond du Creux du Van est un des sites les plus fascinants de Suisse romande.
Glacières en juin-juillet : le meilleur moment pour voir la glace résiduelle dans les cavités sous les blocs. Chercher les zones de froid intense (courants d'air froid sortant des failles entre les blocs — sensible à la main).
Ferme Robert (ouverte en saison estivale, mai-octobre) : déjeuner ou goûter avec vue directe sur les falaises du cirque — fondue en été dans un alpage jurassien, avec les bouquetins visibles à quelques centaines de mètres sur les vires.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Circuit complet du Creux du Van | 1 464 m | 14–18 km | 700–900 m | 5h–7h | Moyen |
| 2 | Soliat (1 464 m) & Rebord Est depuis Môtiers | 1 464 m | 8–14 km | 350–716 m | 3h–5h30 | Facile/Moyen |
| 3 | Chasseron (1 607 m) – toit du Jura vaudois | 1 607 m | 6–16 km | 200–515 m | 2h30–5h30 | Facile/Moyen |
| 4 | Gorges de l'Areuse – Noiraigue à Boudry | 737 m | 10–14 km | D– 276 m | 3h–4h30 | Facile |
| 5 | La Tourne (1 295 m) & Crête Nord depuis Bôle | 1 295 m | 10–16 km | 500–856 m | 3h30–6h | Moyen |
| 6 | Ferme Robert & Glacières naturelles | 1 200 m | 6–10 km | 413 m | 2h30–4h | Facile/Moyen |
FAQ – Randonnée au Creux du Van
Comment s'est formé le cirque du Creux du Van et pourquoi a-t-il cette forme en demi-cercle si particulière ?
La forme quasi-parfaite en demi-cercle du Creux du Van est le résultat d'un processus géologique long et complexe, très différent de la formation des cirques glaciaires alpins.
La roche : les parois du Creux du Van sont taillées dans le calcaire portlandien (Jurassique supérieur, 150-145 millions d'années) — un calcaire très pur, compact, avec des joints de stratification horizontaux. Cette horizontalité des strates est essentielle à la forme du cirque : quand la roche s'effondre, elle tombe verticalement selon ces plans, créant des falaises droites plutôt que des parois obliques.
Le mécanisme de formation : pendant les périodes froides du Quaternaire (les dernières glaciations, 2,5 millions à 10 000 ans), le gel et le dégel répétés ont fracturé le calcaire en profondeur selon ses joints. Progressivement, des blocs de plus en plus grands se sont détachés et effondrés dans la cuvette. Chaque effondrement augmentait la taille du cirque et exposait de nouvelles surfaces à l'érosion gélivale. Ce processus, sur plusieurs centaines de milliers d'années, a creusé la dépression actuelle.
Pourquoi un demi-cercle ? La forme en demi-cercle résulte de la confluence de deux vallées préexistantes et de la direction préférentielle des joints dans le calcaire portlandien local — le réseau de fractures était disposé de façon à orienter les effondrements successifs dans un arc de cercle. La partie fermée (le fond du demi-cercle) correspond à la zone où les effondrements ont été les plus importants et les plus anciens.
Pourquoi la mer de brouillard se forme-t-elle au Creux du Van et comment prévoir le phénomène ?
La mer de brouillard au Creux du Van est un des spectacles naturels les plus photographiés de Suisse romande — et le Creux du Van en est un des meilleurs sites d'observation pour des raisons géographiques précises.
Le mécanisme : en automne (octobre-novembre principalement), les nuits froides refroidissent l'air au-dessus du Plateau suisse. L'air froid, plus dense, descend dans les dépressions et les vallées, tandis que l'air chaud remonte. La vapeur d'eau se condense dans cet air froid en brouillard ou stratus — une couche nuageuse qui s'établit entre 400 et 800 m d'altitude environ, couvrant les villes, les lacs et la plaine. Les sommets du Jura (au-dessus de 900-1 000 m) émergent au-dessus de cette couche nuageuse dans un air cristallin et ensoleillé.
Pourquoi le Creux du Van est idéal : la crête du Creux du Van (1 200-1 464 m) se trouve juste au-dessus de la limite supérieure habituelle du brouillard. Le cirque en demi-cercle crée un premier plan dramatique sur la mer de nuages — les randonneurs regardent plonger les falaises de 160 m dans le brouillard comme dans un océan cotonneux. Les Alpes apparaissent à l'horizon au-dessus de ce nuage blanc.
Comment prévoir le phénomène : vérifier sur meteosuisse.ch la prévision de "stratus" ou "brouillard" sur le Plateau suisse. Le phénomène est maximal entre 7h et 11h (avant que la chaleur du soleil dissipe le brouillard). Les meilleures périodes : mi-octobre à mi-novembre, en matinée après une nuit froide et claire. Les applications "MétéoSuisse" ou "Windy" permettent de voir la carte des nuages bas la veille — quand le Plateau est gris et le Jura ensoleillé, il faut être au Creux du Van le lendemain matin.
Jean-Jacques Rousseau a-t-il vraiment été chassé de Môtiers à coups de pierres, et qu'a-t-il écrit pendant son séjour dans le Val-de-Travers ?
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) s'est réfugié à Môtiers en juillet 1762, après que ses deux œuvres majeures — L'Émile, ou De l'Éducation et Du Contrat Social — aient été condamnées et brûlées en place publique à Paris et à Genève le même mois. Le Parlement de Paris avait émis un mandat d'arrêt contre lui. Frédéric II de Prusse, qui contrôlait la Principauté de Neuchâtel, accorda sa protection à Rousseau par l'intermédiaire de son gouverneur.
Le séjour (1762-1765) : Rousseau a vécu trois ans à Môtiers, dans la maison qui est aujourd'hui le Musée Rousseau. Il y a botaniséé dans les environs (il était passionné de botanique et herborisait sur les crêtes du Jura, probablement au Creux du Van), correspondu avec toute l'Europe intellectuelle, et écrit plusieurs œuvres importantes : les Lettres écrites de la montagne (1764, réponse aux attaques de Voltaire et des Pasteurs genevois), et préparé ses Confessions.
La lapidation (septembre 1765) : le 6 septembre 1765, des inconnus ont lancé des pierres contre sa maison pendant la nuit. L'événement est historiquement documenté — Rousseau en a été profondément traumatisé et a quitté Môtiers quelques jours plus tard. Les causes exactes restent débattues : hostilité religieuse (ses idées déistes choquaient le pasteur du village), complot politique venant de ses ennemis européens, ou simple violence de voisinage. Rousseau lui-même a dramatisé l'événement dans ses écrits. Il a ensuite fui sur l'île Saint-Pierre (lac de Bienne), puis en Angleterre chez David Hume, avant de rentrer en France incognito en 1767.
Comment rejoindre le Creux du Van depuis Paris, Lausanne et Neuchâtel sans voiture ?
Le Creux du Van est une des rares destinations de randonnée d'un tel niveau accessible entièrement sans voiture — la ligne ferroviaire des Gorges de l'Areuse (l'une des plus belles lignes de train de Suisse romande) passe directement à Noiraigue, le principal point de départ.
Depuis Paris : TGV Lyria Paris-Gare-de-Lyon → Berne (3h45 direct) puis IC CFF Berne → Neuchâtel (30 min) puis train des Gorges de l'Areuse Neuchâtel → Noiraigue (45 min, ligne Le Locle-Neuchâtel via les Gorges). Total Paris → Noiraigue : environ 5h. Ou TGV Paris → Lausanne (3h35) puis train CFF Lausanne → Neuchâtel (1h05) puis train → Noiraigue (45 min). Total via Lausanne : 5h25.
Depuis Neuchâtel : train des Gorges (ligne NStCM — Neuchâtel → Les Ponts-de-Martel via Noiraigue), départ toutes les heures depuis Neuchâtel gare. Trajet 45 min jusqu'à Noiraigue. Attention : cette ligne est une des plus spectaculaires de Suisse romande — elle remonte les Gorges de l'Areuse en train avant Noiraigue, ce qui permet de voir les gorges aussi depuis le train.
Depuis Lausanne : train CFF Lausanne → Neuchâtel (1h05) puis train des Gorges → Noiraigue (45 min). Total : 1h50.
Depuis Yverdon-les-Bains : train CFF Yverdon → Sainte-Croix (35 min) pour l'accès côté Chasseron. Ou Yverdon → Neuchâtel (30 min) puis train des Gorges pour l'accès côté Noiraigue.
Le car postal Môtiers → Noiraigue (5 min) et Môtiers → Fleurier (10 min) complète le réseau pour relier les villages du Val-de-Travers. L'ensemble de la région est ainsi couverte sans voiture depuis Neuchâtel.
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