Les 6 plus belles randonnées
dans le Champsaur et le Valgaudemar
Entre Gap et les Écrins, le Champsaur est la Provence alpine par excellence — lavande à 1 000 m, cascades verticales de 400 m en Valgaudemar, le Sirac à 3 441 m en fond de gorge, et un soleil provençal sur des alpages qui sentent le thym.
Dans le Valgaudemar, la cascade tombe 400 mètres à pic — et le Sirac, sommet des Écrins, se dresse en fond de gorge comme un mur de 2 000 mètres
Le Champsaur est un vaste plateau alpin des Hautes-Alpes, situé entre Gap (735 m) au sud et le massif des Écrins au nord — une zone de transition entre la Haute-Provence et la haute montagne alpine, baignée d'une lumière et d'un soleil qui rappellent la Méditerranée alors qu'on est à 1 000-1 500 m d'altitude dans les Alpes. Le Champsaur couvre une superficie de 900 km² de prairies, de forêts de pins sylvestres, de lavande sauvage et de villages provençaux-alpins. Son chef-lieu administratif est Saint-Bonnet-en-Champsaur (1 025 m), petite capitale de ce pays alpin ouvert et lumineux.
Le Valgaudemar est une vallée latérale qui pénètre profondément dans le cœur du massif des Écrins depuis le Champsaur — une gorge encaissée, sauvage, qui remonte depuis La Chapelle-en-Valgaudemar (1 090 m) jusqu'au pied du Sirac (3 441 m), sommet dominant de la vallée. Le Valgaudemar est connu pour ses cascades spectaculaires — dont la Cascade du Casset qui chute de 400 m en deux bonds successifs, une des cascades les plus hautes de France. L'ensemble est dans le Parc National des Écrins au-delà du village de La Chapelle.
La géologie du Champsaur-Valgaudemar est un mélange complexe de roches métamorphiques (gneiss, micaschistes) du socle hercynien, de granite intrusif du massif des Écrins (les célèbres granites gris-bleutés des Écrins qui donnent leur couleur aux parois), et de couvertures sédimentaires calcaires dans les zones périphériques. Cette diversité géologique se traduit par une diversité de paysages et de flores remarquable — des pelouses à lavande sur les calcaires du bas, des prairies méso-hygrophiles sur les gneiss en altitude, et la flore pionnière des parois granitiques dans les zones les plus élevées.
La faune du Champsaur-Valgaudemar est riche — chamois nombreux dans les Écrins et les versants du Valgaudemar, marmottes dans tous les alpages au-dessus de 1 800 m, bouquetins réintroduits dans le Parc des Écrins (programme commencé dans les années 1970), aigle royal nicheur permanent dans les grandes falaises du Valgaudemar, et gypaète barbu de plus en plus fréquent. Le loup est revenu dans les Écrins, venant du Mercantour, depuis les années 2010 — les bergers du Champsaur ont adapté leurs pratiques.
Le Top 6 des randonnées dans le Champsaur et le Valgaudemar
Vieux Chaillol (3 163 m) – Le Toit du Champsaur et Panorama sur les Écrins
📍 Molines-en-Champsaur (1 350 m) · Alpages · Vieux Chaillol (3 163 m) · ÉcrinsLe Vieux Chaillol (3 163 m) est le sommet emblème du Champsaur — le point culminant du versant nord du massif qui domine la vaste plaine du Champsaur depuis le sud. Depuis le village de Molines-en-Champsaur (1 350 m), la montée est directe et austère (D+ 1 813 m, 8 km, 5h) — une des ascensions les plus exigeantes de ce guide, qui récompense l'effort par un panorama parmi les plus étendus des Alpes du Dauphiné.
Depuis le sommet, la vue s'étend à 360° sur le massif des Écrins dans toute son ampleur — la Barre des Écrins (4 102 m) au nord, point culminant du massif et dernier 4 000 m des Alpes françaises, la Meije (3 984 m) avec son profil d'aiguille distinctive, le Sirac (3 441 m) au nord-est. Vers le sud, le plateau de Bure (site du radiotélescope de l'IRAM) et la plaine de Gap. Vers l'ouest, le Vercors et par temps exceptionnel la vallée du Rhône.
La zone de haute altitude du Vieux Chaillol (au-dessus de 2 500 m) est un secteur de forte densité de chamois — les versants herbus et les barres rocheuses constituent l'habitat idéal. Les hardes observées depuis les crêtes de la montée comptent souvent 30-50 individus en juillet.

Bivouac recommandé : l'ascension du Vieux Chaillol est plus confortable en deux jours avec bivouac en alpage vers 2 000-2 200 m. Le matin, les conditions météo sont plus stables et la lumière pour les panoramas est bien meilleure. Nuit bivouac sur les alpages est légale dans les Hautes-Alpes (hors parc national strict).
IRAM Plateau de Bure : visible depuis le Vieux Chaillol au sud-ouest, le plateau de Bure à 2 552 m accueille les antennes paraboliques de l'IRAM (Institut de Radioastronomie Millimétrique) — un des observatoires astronomiques les plus importants d'Europe. Les grandes antennes blanches dans la montagne sont visibles depuis les crêtes du Champsaur.
Refuge de Chabournéou (2 025 m) & Face Nord du Sirac – Au Pied des Écrins
📍 La Chapelle-en-Valgaudemar (1 090 m) · Valgaudemar · Refuge Chabournéou (2 025 m)Le Refuge de Chabournéou (2 025 m) est le refuge gardé du Valgaudemar — situé au cœur de la vallée, il offre depuis sa terrasse une vue frontale et saisissante sur la face nord du Sirac (3 441 m), le sommet dominant du Valgaudemar. Cette face nord — une paroi de granite de 900 m de hauteur quasi-verticale, hérissée de barres et de couloirs de glace — est une des grandes faces des Écrins, réputée dans le monde de l'alpinisme pour sa sévérité et sa beauté froide.
La montée depuis La Chapelle-en-Valgaudemar (1 090 m) remonte la vallée sauvage du Valgaudemar, traversant successivement les forêts de pins sylvestres et de mélèzes de la basse vallée, les alpages de la zone intermédiaire et les zones de roches vives de haute altitude. Le Valgaudemar est dans le cœur du Parc National des Écrins — la réglementation est stricte (bivouac interdit dans le cœur, chiens tenus en laisse) mais la faune est exceptionnelle.
Le Valgaudemar est une des vallées les plus sauvages et les plus préservées du massif des Écrins — peu de voitures au-delà de La Chapelle, un chemin muletier qui longe un torrent tumultueux, des versants couverts de forêts ancestrales. L'ambiance générale du Valgaudemar — un vallon en cul-de-sac glaciaire dominé par des parois vertigineuses — est d'une intensité et d'un caractère rares dans les Alpes du Dauphiné.
Refuge de Chabournéou (refuges-pne.com — site des refuges du Parc des Écrins, ~45 € demi-pension, réservation obligatoire en juillet-août) : refuge gardé par le Parc des Écrins. Les gardiens organisent des sorties naturalistes (soirées étoiles, identification faune) — contacter le refuge à l'avance.
Escalade sur le Sirac : pour les alpinistes confirmés, le Sirac par la voie normale (côté Valgaudemar, cotation AD) est une course classique des Écrins. Bureau des Guides du Valgaudemar (valgaudemar.com) pour les guides locaux.
Lac du Lauzon (2 008 m) – Le Lac des Champsaurin sous les Écrins
📍 Poligny (1 130 m) · Forêt du Champsaur · Lac du Lauzon (2 008 m) · Hautes-AlpesLe Lac du Lauzon (2 008 m) est un lac alpin peu connu, situé à la lisière du Parc des Écrins dans le secteur de Poligny — un des lacs les plus tranquilles et les moins fréquentés du Champsaur, malgré sa beauté et sa facilité d'accès relative. Sa couleur varie du vert-bleuté au bleu profond selon la lumière, ses berges herbeuses sont colonisées par les marmottes et ses environs constituent une zone d'observation floristique intéressante.
La montée depuis Poligny (1 130 m) traverse d'abord une forêt de pins sylvestres caractéristique du bas Champsaur — ces pins au tronc rougeâtres, avec leur écorce dorée dans la partie haute, constituent le type forestier dominant de la zone de contact entre la Haute-Provence et les Alpes. Dans les zones claires de la forêt et sur les versants exposés sud, la lavande vraie (Lavandula angustifolia) fleurit de mi-juin à mi-juillet — un parfum provençal inattendu à 1 200 m d'altitude dans les Alpes.
Le lac du Lauzon est un des rares lacs du Champsaur accessible aux familles avec enfants sans ascension difficile — le sentier est régulier et bien tracé, et la récompense (un lac dans un cadre alpin sous les Écrins, avec marmottes accessibles) est proportionnelle à l'effort modéré demandé.

Lavande sauvage : la lavande vraie (Lavandula angustifolia) du Champsaur est une lavande de montagne d'une qualité aromatique supérieure à la lavande de plaine — l'altitude lui confère une concentration en huiles essentielles plus élevée et un parfum plus fin. La récolte est réglementée — ne pas cueillir plus que quelques tiges pour usage personnel.
Extension vers la Barre des Écrins : depuis le Lac du Lauzon, une crête mène vers les zones hautes du Parc des Écrins avec des vues sur la Barre — une extension pour les randonneurs confirmés souhaitant pousser l'exploration vers le cœur du massif.
Roc de Garnesier (2 790 m) – L'Observatoire des Écrins et de la Provence Alpine
📍 Orcières (1 446 m) · Alpages · Roc de Garnesier (2 790 m) · ChampsaurLe Roc de Garnesier (2 790 m) est un des plus beaux belvédères des Hautes-Alpes — une crête calcaire qui offre depuis son sommet une vue double : vers le nord, le cœur du massif des Écrins avec le Vieux Chaillol et les crêtes des Écrins ; vers le sud, Gap (735 m) dans sa cuvette, les collines provençales de la Durance et, par temps exceptionnel, le Luberon et les plateaux de Haute-Provence à 150 km. Cette vision simultanée de la haute montagne alpine et de la Provence est l'essence même du Champsaur — un territoire de transition unique en France.
La montée depuis Orcières (1 446 m) — station de ski de fond et d'alpinisme du Champsaur (Orcières 1850) — traverse les alpages caractéristiques du versant nord du Champsaur, avec une végétation de pins à crochets (Pinus uncinata) dans les zones d'altitude, espèce caractéristique des Alpes du Sud au-dessus de 1 800 m. Les aigles royaux nichent dans les falaises calcaires du Roc de Garnesier — un des couples les plus visibles des Hautes-Alpes en été.
Orcières est aussi connue comme une des meilleures stations de ski de fond des Hautes-Alpes en hiver, et en été comme une base de randonnée et d'escalade remarquable — son altitude (1 850 m pour la station haute) permet des ascensions de journée vers le Roc de Garnesier avec un D+ réduit d'environ 400 m si on utilise le télésiège d'été.
Télésiège estival d'Orcières : en juillet-août, certains remonte-pentes d'Orcières fonctionnent le week-end pour les randonneurs — renseignements à l'OT d'Orcières (orcières.com). Monter mécaniquement à 1 850 m puis randonnée au Roc de Garnesier réduit le D+ à ~940 m et la journée à 5-6h au lieu de 8h.
Coucher de soleil sur Gap : le Roc de Garnesier est un site exceptionnel pour les couchers de soleil — depuis la crête, le soleil se couche derrière le Vercors et la lumière orangée sur le plateau de Gap crée des tableaux de lumière d'une beauté exceptionnelle. Prévoir une frontale pour la descente.
Lac des Sellettes (2 422 m) & Cascades – La Haute Vallée du Valgaudemar
📍 La Chapelle-en-Valgaudemar (1 090 m) · Cascades · Lac des Sellettes (2 422 m)Le Lac des Sellettes (2 422 m) est le lac de haute altitude du Valgaudemar — un lac glaciaire dans le cœur du Parc des Écrins, sous les crêtes qui séparent le Valgaudemar du Champsaur. La montée depuis La Chapelle passe obligatoirement devant la Cascade du Casset — une cascade qui tombe en deux bonds depuis une hauteur totale d'environ 400 m, une des plus hautes cascades de France accessible depuis un sentier de randonnée sans équipement technique.
La Cascade du Casset est le site naturel phare du Valgaudemar — visible depuis le fond de la vallée depuis La Chapelle, elle attire chaque été des milliers de visiteurs qui font le court trajet (2h A/R depuis La Chapelle) pour s'approcher du pied de la chute. La randonnée jusqu'au Lac des Sellettes permet de la dépasser et de découvrir la haute vallée glaciaire qui s'étend au-delà — un paysage de roches lisses moutonnées, de dalles granitiques et de lacs de fonte d'une grande beauté minérale.
Depuis le Lac des Sellettes, la vue sur la face Nord-Ouest du Sirac est plongeante — on voit la paroi granitique dans toute sa hauteur, avec ses couloirs de neige et ses barres rocheuses. La proximité (moins de 2 km à vol d'oiseau entre le lac et la base de la face) donne une idée concrète de la verticalité extraordinaire du Sirac.

Cascade du Casset en option courte : la Cascade du Casset est accessible en 2h A/R depuis La Chapelle (D+ 200 m, 4 km) — une sortie familiale accessible à tous, avec un impact visuel immédiat et spectaculaire. Idéal pour les familles avec jeunes enfants qui ne peuvent pas atteindre le lac.
Crue printanière des cascades : les cascades du Valgaudemar sont à leur plus grand débit en juin-début juillet, lors de la fonte des neiges et des glaciers. La Cascade du Casset est alors une force de la nature — le bruit est assourdissant à 100 m, les embruns créent des arcs-en-ciel et l'atmosphère est d'une puissance unique. Après mi-août, le débit diminue significativement.
Tour du Champsaur – La Grande Boucle entre Provence et Hautes Alpes
📍 Saint-Bonnet-en-Champsaur (1 025 m) · GR 94 · Tour du Champsaur · ÉcrinsLe Tour du Champsaur (ou GR 94) est la grande randonnée itinérante de référence du secteur — un circuit de 120 km et 7 000 m de D+ qui fait le tour complet du plateau du Champsaur en traversant successivement ses différents versants, la zone de contact avec le Valgaudemar, les cols qui séparent le Champsaur des vallées voisines (Drac de Champoléon, vallée du Drac de Champsaur, Valgaudemar) et les crêtes périphériques des Écrins.
Le Tour du Champsaur est caractérisé par une alternance de paysages qui illustre parfaitement le caractère du territoire — des versants de lavande et de pin sylvestre à la provençale dans les zones basses (900-1 300 m), des alpages de haute prairie avec une flore alpine riche dans les zones médianes (1 500-2 200 m), et des crêtes de haute montagne avec vue sur les Écrins dans les zones hautes (2 200-2 500 m). Cette diversité de milieux en un seul tour est une des richesses du Champsaur — on change d'univers toutes les 3-4 heures de marche.
Les villages du Champsaur traversés par le GR 94 — Orcières, Saint-Jean-Saint-Nicolas, La Chapelle-en-Valgaudemar, Corps — constituent un itinéraire de découverte de l'architecture et de la culture alpino-provençale locale, avec ses maisons à cadrans solaires, ses oratoires au bord des chemins et ses marchés de producteurs locaux en été.
Étapes isolées du GR 94 : les sections autour de La Chapelle (Valgaudemar) et autour d'Orcières (Roc de Garnesier, crêtes du Champsaur) sont les plus spectaculaires — elles peuvent s'effectuer en journées autonomes depuis les villages correspondants.
Plateau de Bure et l'IRAM : le GR 94 passe à proximité du plateau de Bure (2 552 m, accès par piste non balisée depuis le sentier) — les grandes antennes de l'observatoire radioastronomique de l'IRAM sont une curiosité scientifique unique dans les Alpes. L'IRAM organise des journées portes ouvertes annuelles (iram.fr) qui permettent de visiter l'installation en altitude.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Vieux Chaillol (3 163 m) – toit du Champsaur | 3 163 m | 16–20 km | 1 813 m | 7h30–10h | Difficile |
| 2 | Refuge Chabournéou (2 025 m) – face du Sirac | 2 025 m | 12–16 km | 935 m | 4h30–6h | Moyen |
| 3 | Lac du Lauzon (2 008 m) – lavande et lac | 2 008 m | 10–14 km | 878 m | 4h–6h | Moyen |
| 4 | Roc de Garnesier (2 790 m) – Gap et Provence | 2 790 m | 14–18 km | 1 344 m | 6h–8h | Difficile |
| 5 | Lac des Sellettes (2 422 m) & Cascade 400 m | 2 422 m | 16–20 km | 1 332 m | 6h30–8h30 | Difficile |
| 6 | Tour du Champsaur GR 94 – 120 km | 2 500 m | 120 km total | 7 000 m total | 6–8 jours | Moyen |
FAQ – Randonnée dans le Champsaur et le Valgaudemar
Quelle est la différence entre le Champsaur et le Valgaudemar, et comment s'articulent-ils géographiquement ?
Le Champsaur et le Valgaudemar sont deux entités géographiques distinctes mais contiguës dans les Hautes-Alpes — deux visages complémentaires d'un même territoire montagnard.
Le Champsaur est un vaste plateau et une vallée ouverte — le bassin versant du Drac dans sa partie supérieure, entre Gap (735 m) au sud et les Écrins au nord. C'est un territoire de grande amplitude altitudinale (700-3 000 m) avec des paysages ouverts, lumineux, d'une douceur alpino-provençale. Les villages sont nombreux et variés (Saint-Bonnet, Orcières, Molines, Saint-Jean-Saint-Nicolas), les activités agricoles encore présentes (élevage ovin, foin, lavande). Le Champsaur a une ambiance de "pays" — on s'y sent dans un territoire habité et humanisé.
Le Valgaudemar est un vallon latéral du Champsaur qui pénètre en direction du nord dans le massif des Écrins — une gorge encaissée, plus étroite, plus sauvage, avec une ambiance de haute montagne dès la sortie des derniers villages. La Chapelle-en-Valgaudemar (1 090 m) est le dernier village avant le cœur du parc. Au-delà, le sentier longe les cascades et monte vers les refuges des Écrins. Le Valgaudemar est un cul-de-sac glaciaire — on entre dans la gorge, on remonte jusqu'aux refuges et aux glaciers, et on repart par le même chemin.
L'articulation géographique : le Valgaudemar s'ouvre dans le Champsaur depuis le village de Corps (au bord du lac de Sautet). La route D985 depuis Corps longe le torrent du Valgaudemar pendant 15 km jusqu'à La Chapelle-en-Valgaudemar (1 090 m), puis le chemin muletier continue dans le parc jusqu'aux refuges. C'est depuis le Champsaur qu'on accède au Valgaudemar — les deux sont indissociables dans une visite du secteur.
Pourquoi la Cascade du Casset est-elle si haute et quelles sont les plus hautes cascades de France ?
La Cascade du Casset dans le Valgaudemar est une des cascades les plus hautes de France — une chute d'eau qui descend en deux bonds depuis une hauteur totale d'environ 400 m, dans un contexte de gorge glaciaire qui amplifie son impact visuel.
Pourquoi si haute : la cascade du Casset tombe depuis un replat glaciaire (un "verrou glaciaire") qui constitue la marche supérieure de la vallée suspendue du Valgaudemar. Les glaciers qui ont creusé cette vallée pendant les glaciations du Quaternaire ont créé une topographie en gradins — le torrent qui descend du plateau glaciaire supérieur vers la vallée principale tombe brusquement sur ces ressauts rocheux, créant des cascades de grande hauteur. C'est la même physique que les chutes de Staubbach dans la Lauterbrunnen (Suisse) ou les chutes de Gavarnie dans les Pyrénées.
Les plus hautes cascades de France : la France possède plusieurs cascades de grande hauteur. Les Cascades de Gavarnie (Pyrénées) sont les plus hautes avec environ 422 m de chute totale (dont un premier bond de 273 m) — classées au Patrimoine Mondial de l'UNESCO avec le Cirque de Gavarnie. La Cascade du Saut-du-Doubs (Franche-Comté) est la plus grande en débit. La Cascade de la Pissette (Savoie, Tarentaise) chute de 300 m environ. La Cascade du Casset est dans cet ordre de grandeur — 400 m est une estimation qui varie selon les sources (entre 350 et 420 m selon les mesures).
Débit saisonnier : le débit des cascades du Valgaudemar est maximal en juin-début juillet (fonte des neiges et des glaciers résiduels). En août, après les grandes chaleurs, le débit diminue significativement — la cascade passe d'un torrent puissant à un ruisselet sur les parois. Les visites de début de saison (juin, début juillet) donnent l'expérience la plus spectaculaire.
Qu'est-ce que le plateau de Bure et l'IRAM, et peut-on visiter l'observatoire en randonnée ?
Le Plateau de Bure (2 552 m) est un sommet du Champsaur qui accueille un des observatoires radioastronomiques les plus importants d'Europe — l'IRAM (Institut de Radioastronomie Millimétrique), un organisme franco-allemand-espagnol créé en 1979.
L'observatoire de radioastronomie : l'IRAM exploite sur le plateau de Bure six grandes antennes paraboliques de 15 m de diamètre chacune (formant l'interféromètre NOEMA — Northern Extended Millimeter Array). Ces antennes captent les ondes radio millimètriques émises par des objets cosmiques lointains — nuages moléculaires, galaxies, nébuleuses — qui ne sont pas visibles en lumière ordinaire. Le plateau de Bure a été choisi pour sa haute altitude (moins d'atmosphère pour atténuer les ondes), son faible taux d'humidité (air sec des Hautes-Alpes) et son isolement électromagnétique (loin des parasites radio des villes).
Peut-on visiter : le plateau de Bure et ses installations sont dans une zone de servitude radio-électrique — l'accès est normalement interdit au public pour éviter les perturbations des instruments ultra-sensibles. L'utilisation de téléphones portables et d'appareils émettant des ondes radio est interdite à proximité. Cependant, l'IRAM organise des journées portes ouvertes annuelles (généralement en septembre, une fois par an) qui permettent au public de visiter les installations — informations sur iram.fr.
Observation depuis les randonnées : les grandes antennes blanches de Bure sont visibles depuis de nombreux points du Champsaur et des crêtes environnantes (Roc de Garnesier, Vieux Chaillol). Leur présence dans le paysage de haute montagne — six disques blancs de 15 m dans les alpages à 2 550 m — est un spectacle singulier et inattendu qui symbolise la dualité du Champsaur : un territoire à la fois pastoral et scientifique.
Comment rejoindre le Champsaur depuis Paris et quelle est la meilleure période pour combiner flore provençale et randonnées de haute altitude ?
Le Champsaur est accessible depuis Paris via Gap — une des villes alpines les mieux desservies par le TGV dans les Alpes du Sud.
Par le train : TGV Paris-Gare-de-Lyon → Gap (3h25, ligne Paris-Briançon via Grenoble ou via Valence-Livron) + bus Transdev Gap → Saint-Bonnet-en-Champsaur (D516, 45 min, plusieurs fois par jour). Total : environ 4h10. Ou TGV → Gap puis location de voiture (recommandée pour explorer le Champsaur et le Valgaudemar — les villages sont dispersés et le service de bus limité). Gap est un hub ferroviaire important pour tout le sud des Hautes-Alpes.
En voiture : Grenoble → Saint-Bonnet-en-Champsaur (85 km, 1h30 via N85 "Route Napoléon"), Marseille → Saint-Bonnet (180 km, 2h30 via A51-N85), Lyon → Saint-Bonnet (240 km, 3h via A48-A51-N85), Paris → Saint-Bonnet (720 km, 7h via A6-A7-A51-N85).
Meilleure période selon les objectifs : le Champsaur est exceptionnel en toutes saisons mais les fenêtres optimales selon les activités sont très différentes. Mi-juin à mi-juillet : le meilleur moment pour combiner la lavande en fleur sur les versants secs (mi-juin à mi-juillet selon l'altitude), les cascades en plein débit (fonte des neiges), les fleurs alpines de début de saison (gentiane, orchidées, arnica) et les premières randonnées d'altitude possibles (cols ouverts dès mi-juin dans les Hautes-Alpes). Juillet-août : haute saison touristique, toutes les randonnées praticables, chaleur en bas mais fraîcheur agréable en altitude. Septembre-octobre : moins de monde, lumière d'automne exceptionnelle, début des couleurs dans les forêts, encore praticables jusqu'à 2 500 m.
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