🎯 Biathlon

Ses premiers Jeux olympiques devaient être un rêve. Ils ont été « un cauchemar ». Invité du podcast Safe Pace de Hugo Clément, Quentin Fillon Maillet revient sans détour sur l'hiver 2017-2018, le plus dur de sa vie : le cancer de son beau-père, puis celui de sa compagne Lidy, à quelques mois de PyeongChang.

Tout bascule en septembre 2017. Le Jurassien apprend d'abord la maladie de son beau-père, puis, trois semaines plus tard, le cancer du sein de sa compagne.

« C'était en septembre (…). Et puis bah j'apprends le cancer de mon beau-père, donc forcément touché, surtout ma compagne. Et puis après, bah 3 semaines après, celui de ma compagne. Donc c'est le monde qui s'arrête, quoi. Je me rappelle encore du rendez-vous où on l'annonce » — Quentin Fillon Maillet

Le sport passe alors au second plan. Il se sent impuissant face à une maladie qui relève des médecins, et se contente d'être là, de conduire Lidy à l'hôpital. Son beau-père, lui, n'a pas survécu.

« À ce moment-là, bah le biathlon il devient forcément anecdotique parce que tu canalises toute ton énergie pour essayer de trouver des solutions pour tes proches » — Quentin Fillon Maillet

« Va quand même faire ta saison »

C'est sa compagne qui le pousse à repartir sur le circuit. Elle lui dit : « Ben va quand même faire ta saison », raconte-t-il, « parce qu'elle voulait pas à la fois être malade mais pénaliser aussi ma carrière ». Il signe encore de bonnes courses, mais la tête est ailleurs.

Un épisode l'a marqué à vie. Un mois avant les JO, il rentre de la tournée de janvier en Coupe du monde, au milieu de la nuit.

« On rentre à 3h à la maison, et puis ma compagne était chez sa maman à 1h30 de route. Et en fait sa maman m'appelle me disant que Lidy est aux urgences parce qu'elle était trop faible avec les traitements chimio (…). Et c'est des moments, ouais, qui te bouleversent. Ça te fait un peu relativiser sur le biathlon » — Quentin Fillon Maillet

Le « cauchemar » olympique

Après avoir été remplaçant lors d'une précédente olympiade, il dispute à PyeongChang ses premiers Jeux en tant qu'athlète. Il les qualifie aujourd'hui de plus gros échec de sa carrière.

« On parlait de rêve olympique, mais ça a été un cauchemar pour moi parce que j'avais pas du tout la tête à ça. J'ai fait des grosses contre-performances » — Quentin Fillon Maillet

Il reconnaît d'ailleurs ne pas avoir toujours retenu la leçon une fois la vie revenue à la normale.

« Malheureusement j'en ai pas toujours retenu assez la leçon parce que des fois, après, quand tout retourne à la normale, ben tu te remets dans un mood à fond compétition, et puis ma compagne me le rappelle certaines fois » — Quentin Fillon Maillet

Jusqu'en 2030, pour lui et pour Lidy

Lidy a vaincu la maladie. Et quatre ans après le cauchemar coréen, il y a eu Pékin, et ses cinq médailles olympiques : l'or en individuel et en poursuite, l'argent en sprint, en relais mixte et en relais. Puis Milan-Cortina 2026, où il a porté son total à neuf médailles, dont cinq titres, devenant le sportif français le plus titré de l'histoire des Jeux. De cette épreuve, le biathlète retient d'abord une évidence.

« De comprendre la chance que j'ai de faire mon sport aujourd'hui (…) la chance de pouvoir vivre de ma passion » — Quentin Fillon Maillet

C'est cette passion qui le pousse à continuer jusqu'aux Jeux de 2030, dans les Alpes françaises.

« C'est pour ça que je continue encore 4 ans jusqu'en 2030, c'est parce que j'aime beaucoup ça. Et puis je le fais aussi pour ma compagne, même si elle subit des fois un petit peu ce rythme de sportif » — Quentin Fillon Maillet

Déjà qualifié pour le début de la Coupe du monde, il prépare l'hiver avec les Bleus en stage à Geilo.