Ses premiers Jeux olympiques devaient être un rêve. Ils ont été « un cauchemar ». Invité du podcast Safe Pace de Hugo Clément, Quentin Fillon Maillet revient sans détour sur l'hiver 2017-2018, le plus dur de sa vie : le cancer de son beau-père, puis celui de sa compagne Lidy, à quelques mois de PyeongChang.
Tout bascule en septembre 2017. Le Jurassien apprend d'abord la maladie de son beau-père, puis, trois semaines plus tard, le cancer du sein de sa compagne.
Le sport passe alors au second plan. Il se sent impuissant face à une maladie qui relève des médecins, et se contente d'être là, de conduire Lidy à l'hôpital. Son beau-père, lui, n'a pas survécu.
« Va quand même faire ta saison »
C'est sa compagne qui le pousse à repartir sur le circuit. Elle lui dit : « Ben va quand même faire ta saison », raconte-t-il, « parce qu'elle voulait pas à la fois être malade mais pénaliser aussi ma carrière ». Il signe encore de bonnes courses, mais la tête est ailleurs.
Un épisode l'a marqué à vie. Un mois avant les JO, il rentre de la tournée de janvier en Coupe du monde, au milieu de la nuit.
Le « cauchemar » olympique
Après avoir été remplaçant lors d'une précédente olympiade, il dispute à PyeongChang ses premiers Jeux en tant qu'athlète. Il les qualifie aujourd'hui de plus gros échec de sa carrière.
Il reconnaît d'ailleurs ne pas avoir toujours retenu la leçon une fois la vie revenue à la normale.
Jusqu'en 2030, pour lui et pour Lidy
Lidy a vaincu la maladie. Et quatre ans après le cauchemar coréen, il y a eu Pékin, et ses cinq médailles olympiques : l'or en individuel et en poursuite, l'argent en sprint, en relais mixte et en relais. Puis Milan-Cortina 2026, où il a porté son total à neuf médailles, dont cinq titres, devenant le sportif français le plus titré de l'histoire des Jeux. De cette épreuve, le biathlète retient d'abord une évidence.
C'est cette passion qui le pousse à continuer jusqu'aux Jeux de 2030, dans les Alpes françaises.
Déjà qualifié pour le début de la Coupe du monde, il prépare l'hiver avec les Bleus en stage à Geilo.
