Des tribunes moins garnies, des audiences en recul, un circuit qui peine à attirer de nouveaux fidèles : depuis une quinzaine d'années, le ski de fond a perdu une partie de son public. La FIS le sait et cherche la parade. Au 47e Forum Nordicum, organisé du 19 au 22 octobre à Nové Město na Moravě (République tchèque), Michal Lamplot, directeur de course de la discipline, a présenté les chantiers de la fédération internationale. Spectacle, coûts et équité entre les nations sont au cœur du projet.
Le Heat Mass Start revient deux fois cet hiver
Premier levier : le format. Lancé lors du Tour de Ski 2025, le Heat Mass Start fera son retour sur deux épreuves de Coupe du monde cette saison.
Un format pensé pour apporter du rythme et des scénarios plus lisibles à la télévision, là où les longues courses en ligne ont parfois du mal à tenir le téléspectateur en haleine.
Limiter le nombre de skis par athlète
Deuxième chantier, plus sensible : les coûts. La FIS étudie l'idée de limiter le nombre de paires de skis à disposition de chaque athlète.
Aujourd'hui, les grandes nations débarquent avec des camions de fartage et des dizaines de paires testées à chaque course.
Les petites nations, elles, n'ont tout simplement pas les moyens de suivre. L'objectif affiché est double : réduire la facture et rétablir des conditions plus égales sur la ligne de départ.
Le fartage commun chez les juniors
Autre piste à l'étude : généraliser le fartage commun dans les catégories juniors. Tous les skis seraient préparés de la même manière, pour que la différence se fasse dans les jambes et non dans le camion de fart.
Une mesure qui s'inscrit aussi dans la stratégie de durabilité de la FIS, alors que les fluorés ont déjà été bannis et que le matériel pèse de plus en plus lourd dans les budgets.
Le contexte économique rend ces réformes urgentes. La Coupe du monde de ski de fond court toujours après un sponsor principal, et la FIS a réduit sa participation aux primes des meilleurs fondeurs.
Le circuit doit retrouver de l'attractivité, sans laisser les nations moins riches sur le bord de la piste.
Un sport à reconquérir
Reste à transformer les intentions en décisions. Les pistes présentées à Nové Město ne sont encore que des projets, et elles devront convaincre des fédérations aux intérêts opposés : les grandes nations ont bâti leur domination en partie sur la puissance de leurs services de fartage.
Mais le message de la FIS est clair : sans spectacle et sans équité, le ski de fond continuera de perdre du terrain. L'hiver qui s'ouvre à Ruka fin novembre servira de premier test.

