Les 6 plus belles randonnées
au Grand-Saint-Bernard
Depuis 2000 ans, ce col mythique voit passer légions romaines, pèlerins, empereurs et chiens sauveteurs : entre vestiges antiques, hospice millénaire et lacs glaciaires secrets, le Grand-Saint-Bernard offre l'une des randonnées les plus chargées d'histoire des Alpes.
Bien avant que Rome n'y élève un temple à Jupiter, les Celtes vénéraient déjà au sommet du col une divinité locale nommée Pen, dieu des cimes. Lorsque les Romains investirent la région, ils assimilèrent ce culte à leur propre Jupiter Poeninus — et c'est de ce Pen oublié que descend le nom des Alpes Pennines, toujours utilisé aujourd'hui pour désigner l'ensemble de ce massif. Un dieu de pierre a disparu, mais son nom a traversé deux millénaires.
Le col du Grand-Saint-Bernard (2469 m), à la frontière entre le Valais suisse et la vallée d'Aoste italienne, est l'un des passages alpins les plus anciens et les plus emblématiques d'Europe. Fréquenté dès le Néolithique puis par les Celtes, il devient sous les Romains le Mons Poeninus, puis Mont-Joux, en référence au temple de Jupiter qui y fut érigé : l'empereur Claude y fit paver une route dès 47 après J.-C., empruntée depuis par les légions romaines, Charlemagne, des millions de pèlerins de la Via Francigena, et Napoléon Bonaparte, qui y passa avec 40 000 hommes le 20 mai 1800.
Aujourd'hui, l'hospice fondé en 1045 par saint Bernard de Menthon continue d'accueillir voyageurs et randonneurs, tandis que les fameux chiens Saint-Bernard, dressés au sauvetage en montagne depuis des siècles, restent l'emblème mondialement connu du lieu. Autour du col, les villages de Bourg-Saint-Pierre côté suisse et de Saint-Rémy-en-Bosses côté italien conservent un patrimoine remarquable, tandis que lacs glaciaires et sentiers de haute montagne complètent ce territoire à cheval sur deux pays.
Entre voie romaine, hospice millénaire et lacs secrets, ce Top 6 explore les plus belles randonnées autour du Grand-Saint-Bernard.
Le Top 6 des randonnées au Grand-Saint-Bernard
De Bourg-Saint-Pierre au Col par le Lac des Toules
📍 Bourg-Saint-Pierre, dernier village suisse avant le col · Départ : Bourg-Saint-Pierre · Linéaire · 12,4–14,6 km, D+ 852–1073 m, 4h30–6h30L'ascension classique vers le col du Grand-Saint-Bernard depuis Bourg-Saint-Pierre, dernier village suisse avant le sommet, suit l'ancien sentier muletier emprunté depuis des siècles par pèlerins et voyageurs. Le parcours longe d'abord la rive droite du lac des Toules, retenue artificielle créée entre 1955 et 1964, premier barrage de type voûte-coupole jamais construit en Suisse, alimenté par trois rivières et neuf glaciers.
Au-delà du lac, le sentier s'élève plus franchement, offrant des vues de plus en plus larges sur les crêtes environnantes, jusqu'à atteindre le col et l'hospice, dont le centre d'élevage canin constitue une récompense emblématique en fin de parcours. Une randonnée exigeante mais accessible par beau temps, qui traverse deux mille ans d'histoire alpine en une seule journée.

Le Village de Bourg-Saint-Pierre – sur les Traces de Rome et de Napoléon
📍 Bourg-Saint-Pierre, district d'Entremont · Départ : centre du village · Boucle · ~2 km, D+ négligeable, 1hBourg-Saint-Pierre, dernier village suisse avant le col et l'Italie, condense à lui seul plus de deux mille ans d'histoire alpine. Au pied de son clocher, le plus ancien du Valais daté du XIe siècle, se dresse une borne milliaire romaine érigée sous le règne de l'empereur Constantin entre 306 et 337, portant une inscription en latin honorant « l'empereur César Valère Constantin » et indiquant le 24e mille depuis Martigny.
Le village, dont la légende veut qu'Hannibal et ses éléphants y soient passés lors de leur célèbre traversée des Alpes, accueillit aussi bien réellement Napoléon Bonaparte, qui y logea le 20 mai 1800 avant de franchir le col avec son armée de 40 000 hommes. Le moulin du Valsorey, restauré et datant de 1681, ainsi que les ruelles pavées du bourg, complètent cette flânerie patrimoniale au cœur d'un village encore marqué par des siècles de passages illustres.
Le Plan de Jupiter – sur les Traces de la Voie Romaine
📍 Sommet du col du Grand-Saint-Bernard · Départ : parking du col · Balade · ~1 km, D+ négligeable, 30–45 minLe Plan de Jupiter, au sommet même du col, révèle les vestiges d'un temple romain dédié à Jupiter Poeninus, divinité née de la fusion entre le culte celtique du dieu Pen et le panthéon romain. Le socle carré, profondément creusé dans la roche, portait autrefois un édifice de pierre orné de colonnes, dont le toit s'élevait plus haut que le rocher voisin sur lequel trône aujourd'hui la statue monumentale de saint Bernard.
À proximité immédiate, un tronçon de l'ancienne voie romaine, pavée sur ordre de l'empereur Claude en 47 après J.-C., reste visible, taillé directement dans la roche. Une cinquantaine de tablettes votives dédiées au dieu du col, retrouvées lors des fouilles archéologiques, témoignent du passage de soldats romains stationnés jusque sur la frontière du Rhin, venus honorer la divinité protectrice de ce passage stratégique.

L'Hospice du Grand-Saint-Bernard et son Chenil
📍 Col du Grand-Saint-Bernard (2469 m) · Départ : parking du col · Visite · 1h30–2h de visiteL'hospice du Grand-Saint-Bernard, fondé en 1045 par saint Bernard de Menthon, poursuit depuis près de mille ans sa vocation d'accueil et de protection pour les voyageurs franchissant ce col stratégique. Situé sur le tracé de la Via Francigena, il a vu passer d'innombrables pèlerins en route vers Rome, dans un témoignage vivant de solidarité alpine qui perdure encore aujourd'hui.
Le site doit également sa renommée mondiale à ses célèbres chiens Saint-Bernard, dont les origines comme chiens de sauvetage en montagne remontent au moins au XVIe siècle. Le chenil, toujours en activité aujourd'hui, se visite aux côtés du musée de l'hospice, qui retrace à la fois l'histoire religieuse du lieu et celle, plus récente, du sauvetage canin en haute montagne.
La Gouille du Dragon – le Lac Glaciaire Secret
📍 Combe des Planards, au-dessus du barrage des Toules · Départ : barrage des Toules · Aller-retour · 11–14,1 km, D+ 700–930 m, 5h–5h30La Gouille du Dragon, dont le nom évocateur nourrit l'imaginaire des randonneurs, est un lac glaciaire niché à plus de 2600 m d'altitude, au cœur d'un cirque montagneux impressionnant dominé par la Pointe des Planards. Depuis le barrage des Toules, le sentier remonte la Combe des Planards, vallon tapissé de fleurs alpines où marmottes et troupeaux profitent de l'herbe abondante des alpages d'été.
La montée se fait progressivement plus raide à l'approche du lac, récompensant l'effort par une atmosphère presque magique, dans un paysage sauvage et préservé loin de l'affluence du col voisin. Une halte à l'alpage de Fournoutse, en chemin, permet de reprendre des forces avant la dernière montée vers ce joyau discret des Alpes valaisannes.

Saint-Rémy-en-Bosses – le Versant Italien et son Jambon AOP
📍 Vallée d'Aoste, Italie · Départ : Saint-Rémy-en-Bosses (Saint-Léonard) · Linéaire ou boucle · ~10 km, D+ modéré, 3h–4hSaint-Rémy-en-Bosses, dernière commune italienne avant la Suisse, offre un contraste saisissant avec le versant suisse du col : paysages plus arides, architecture valdôtaine typique et une spécialité gastronomique emblématique, le jambon de Bosses AOP. Ce jambon cru, affiné aux herbes de montagne dans le climat sec et venteux caractéristique de la vallée, est mentionné dès 1397 dans les archives de l'hospice du col — l'une des plus anciennes traditions charcutières documentées des Alpes.
Le sentier, qui suit en partie l'ancienne route napoléonienne, traverse de grands pâturages verdoyants avant de rejoindre l'alpage de la Tsa de Merdeux, offrant de belles vues sur la vallée. Au centre du village, le château de Bosses, dont les origines remontent au XIe siècle, accueille aujourd'hui expositions et événements culturels, témoin du riche passé de cette étape historique de la Via Francigena.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées au Grand-Saint-Bernard
| # | Randonnée | Distance | D+ | Durée | Niveau |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Bourg-Saint-Pierre / lac des Toules | 12,4–14,6 km | 852–1073 m | 4h30–6h30 | Difficile |
| 2 | Village de Bourg-Saint-Pierre | ~2 km | Négligeable | 1h | Facile |
| 3 | Plan de Jupiter | ~1 km | Négligeable | 30–45 min | Facile |
| 4 | Hospice et chenil | — | — | 1h30–2h | Facile |
| 5 | Gouille du Dragon | 11–14,1 km | 700–930 m | 5h–5h30 | Difficile |
| 6 | Saint-Rémy-en-Bosses | ~10 km | Modéré | 3h–4h | Modéré |
FAQ – Randonnée au Grand-Saint-Bernard
Depuis quand le col du Grand-Saint-Bernard est-il fréquenté ?
Le col est fréquenté depuis le Néolithique, puis par les Celtes qui y vénéraient le dieu Pen. Les Romains y édifièrent un temple à Jupiter Poeninus et pavèrent une route dès 47 après J.-C. sous l'empereur Claude. L'hospice actuel fut fondé en 1045 par saint Bernard de Menthon.
Peut-on voir les chiens Saint-Bernard sur place ?
Oui, un chenil et un centre d'élevage canin, toujours en activité aujourd'hui, se visitent à l'hospice du col. Les origines de cette race comme chiens de sauvetage en montagne remontent au moins au XVIe siècle.
Quelle randonnée choisir pour une sortie en famille ?
Le village de Bourg-Saint-Pierre et le Plan de Jupiter sont les deux activités les plus accessibles du secteur, sans difficulté particulière et riches en patrimoine historique, idéales pour une première découverte en famille du Grand-Saint-Bernard.
Quelle est la meilleure période pour randonner au Grand-Saint-Bernard ?
La saison de randonnée d'altitude s'étend généralement de juin à septembre, le col étant souvent enneigé le reste de l'année. Les balades autour des villages et de l'hospice restent praticables sur une saison plus étendue, sous réserve d'accès routier.
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