Du Galibier au Tourmalet, de l'Iseran au Ventoux, les cols français attirent chaque année des milliers de cyclistes du monde entier. Altitude, dénivelé, pourcentage et dates d'ouverture : voici les repères pour choisir les plus beaux et les grimper dans de bonnes conditions.
▲L'Iseran, le toit routier de France
Le col de l'Iseran, à 2 764 m, relie la Tarentaise à la Maurienne et constitue le plus haut col routier de France. La montée depuis Lanslebourg est régulière, avec de longs replats, mais les trois derniers kilomètres sont intenses.
L'altitude se fait sentir : mieux vaut garder de la marge sur l'effort.
▲La Bonette et l'Agnel
Au cœur du parc national du Mercantour, le col de la Bonette culmine à 2 715 m, mais la boucle routière autour de la Cime de la Bonette atteint 2 802 m, la plus haute route asphaltée de France. Depuis Jausiers, la montée mesure 23,2 km pour 1 588 m de dénivelé et 7 % de moyenne ; depuis Saint-Étienne-de-Tinée, 25,4 km, 1 658 m et 6,5 %.
Le col Agnel, dans le Queyras, atteint 2 743 m. La montée depuis Château-Queyras fait environ 21 km, avec un final très exigeant, à plus de 10 %, dans un cadre préservé.
▲Le Galibier et ses voisins
Le col du Galibier, à 2 642 m, est l'icône alpine du Tour de France. On peut le gravir depuis le col du Lautaret, à 2 057 m, après une longue montée roulante et peu pentue, ou depuis Saint-Michel-de-Maurienne, en passant par Valloire.
Plus doux, le col de Vars, à 2 108 m, est jugé un bon col pour débuter. Le col de la Croix de Fer, à 2 064 m, est en revanche réputé difficile selon les versants.
▲La Loze, un col réservé aux cyclistes
Le col de la Loze, à 2 304 m, est une montée spécifique, dont une partie est réservée aux cyclistes. Elle a été empruntée par le Tour de France. À cette altitude, la neige peut rester présente une partie du printemps et parfois jusqu'au début de l'été.
▲Le Tourmalet, monument des Pyrénées
Le col du Tourmalet culmine à 2 115 m. Deux versants se disputent la préférence : depuis Luz-Saint-Sauveur, jugé plus agréable par beaucoup de cyclistes, et depuis Sainte-Marie-de-Campan, plus dur, avec la traversée de La Mongie et des pentes de 10 à 12 % sur les derniers kilomètres.
La descente demande de la prudence : le froid au sommet, les gravillons sous les paravalanches et les pointes de vitesse sont des pièges classiques.
▲L'Aubisque et les autres Pyrénées
Le col d'Aubisque, à 1 709 m, relie la vallée d'Ossau à celle du Gave de Pau. Depuis Laruns, la montée mesure 16,6 km à 7,2 % de moyenne pour 1 190 m de dénivelé positif, avec une ambiance de haute montagne à partir de Gourette. Le Tour de France l'a franchi pour la première fois en 1910 et gravi plus de 70 fois.
Les Pyrénées offrent aussi des montées moins fréquentées, comme la route du barrage de Cap de Long, au pied du Néouvielle, à faire de préférence hors juillet et août.
▲Le Ventoux, géant de Provence
Situé dans le Vaucluse, le mont Ventoux culmine à environ 1 910 m. Il a été franchi pour la première fois par le Tour de France en 1951. Son sommet dénudé, exposé au vent, en fait une ascension à part.
La montée par Bédoin est la plus célèbre. Le vent y peut compliquer l'effort et la descente.
▲Dates d'ouverture et conditions
Les cols de haute altitude sont fermés l'hiver et rouvrent au printemps, parfois tard. La neige peut être présente jusqu'au début de l'été : avant de partir, il faut vérifier si le col est bien rouvert à la circulation.
Un col ouvert ne signifie pas des conditions idéales : le vent, le froid et les orages d'après-midi peuvent rendre la montée difficile.
▲Bien préparer sa montée
- Choisissez le col selon votre niveau : Vars, Lautaret ou Aubisque pour débuter, Iseran, Bonette ou Tourmalet côté Campan pour les plus aguerris.
- Adaptez vos braquets : un petit plateau et une cassette large sont recommandés pour les pentes longues.
- Hydratez-vous et mangez régulièrement : l'effort long et l'altitude favorisent les coups de fatigue et les crampes.
- Emportez de quoi vous couvrir pour la descente : coupe-vent, gants, manchettes, même en été.
- Partez tôt pour éviter les orages d'après-midi et la circulation.
▲Le cas des cols secondaires
Hors des grands noms, de nombreux cols du Massif central, du Jura ou des Vosges offrent des montées plus douces, moins fréquentées et souvent ouvertes plus longtemps dans l'année. Le Puy Mary, dans le Cantal, dépasse 1 500 m ; la Faucille, dans le Jura, environ 1 300 m.
Ils constituent une bonne façon de se préparer à un grand col alpin ou pyrénéen, ou de rouler hors saison.
▲Les erreurs à éviter
Partir trop vite dans les premiers kilomètres, négliger l'hydratation, sous-estimer le froid de la descente, ne pas vérifier l'ouverture du col ou partir trop tard dans la journée : ces erreurs sont les plus courantes.
Un col se gagne à son rythme : mieux vaut arriver au sommet avec de la marge que de subir les derniers kilomètres.
▲Rouler en sécurité sur route ouverte
Les cols sont des routes ouvertes à la circulation, souvent très fréquentées en été par les voitures, les motos et les camping-cars. On roule à droite, on reste visible avec un éclairage même de jour, et l'on évite les dépassements dans les lacets.
Les tunnels et les paravalanches sont sombres et parfois glissants : un feu arrière allumé est un vrai plus.
▲Combien de temps compter
Les temps varient selon la forme et l'altitude : autour de deux heures pour monter le Tourmalet depuis Luz-Saint-Sauveur pour un cycliste régulier, un peu moins depuis Sainte-Marie-de-Campan pour un rythme soutenu. Compter une demi-journée au minimum pour les grands cols alpins, avec l'aller, la pause au sommet et la descente.
Quel est le plus haut col routier de France ?
Le col de l'Iseran, à 2 764 m, entre la Tarentaise et la Maurienne. La Cime de la Bonette offre la plus haute route asphaltée avec une boucle à 2 802 m.
Quel col choisir pour débuter ?
Le col de Vars (2 108 m) est jugé un bon col pour débuter. Le Lautaret (2 057 m), long mais peu pentu, et l'Aubisque (1 709 m) conviennent aussi à des cyclistes préparés.
Quand les cols sont-ils ouverts ?
Les cols de haute altitude sont fermés l'hiver et rouvrent au printemps, la neige pouvant subsister jusqu'au début de l'été. Il faut vérifier l'ouverture avant de partir.
Quels sont les pièges de la descente ?
Le froid au sommet, les gravillons sous les paravalanches et les pointes de vitesse. Un coupe-vent, des gants et de la prudence sont indispensables.

