Monter à la force des jambes pour skier une neige que peu de gens ont touchée : le ski de randonnée attire de plus en plus de pratiquants. Il demande un matériel spécifique, une bonne connaissance du risque d'avalanche et une progression par étapes.
▲Le principe du ski de randonnée
On monte avec des peaux collées sous les skis, qui empêchent de glisser vers l'arrière, puis on retire les peaux pour skier à la descente. À la montée, le talon est libre ; à la descente, un système de verrouillage le bloque pour retrouver des sensations proches du ski alpin.
La discipline se pratique en dehors des pistes damées, dans un milieu où le risque d'avalanche existe : elle ne s'improvise pas.
▲Le matériel technique
Les fixations de ski de randonnée n'ont rien à voir avec celles du ski alpin. Deux grandes familles existent : les fixations débrayables, où la chaussure est fixée sur un châssis, compatibles avec des chaussures de ski alpin mais un peu plus lourdes ; et les fixations à insert, reliées directement au ski par deux inserts latéraux, qui demandent des chaussures spécifiques mais font gagner du poids et du confort à la montée.
Les peaux, dites de phoque, sont l'élément indispensable pour monter. Les chaussures sont plus légères que celles du ski alpin, avec un mode marche. Les bâtons sont télescopiques pour ajuster la longueur. Des couteaux et des crampons complètent l'équipement pour les passages glacés.
Le port d'un casque et d'un masque est recommandé.
▲Le trio de sécurité DVA, pelle, sonde
À chaque sortie, on emporte un détecteur de victimes d'avalanche (DVA), une pelle et une sonde. Le DVA se porte sur soi, allumé, avec des piles chargées. La sonde permet de repérer précisément la victime, la pelle de la dégager.
Le matériel ne suffit pas : il faut savoir l'utiliser. Les stages d'initiation proposent une formation à la recherche de victimes et une initiation à la nivologie.
▲Quel niveau de ski avant de se lancer
Les stages d'initiation encadrés demandent généralement d'être à l'aise en ski alpin (descendre une piste rouge sans difficulté) et d'avoir déjà une première expérience du hors-piste.
Aucune expérience du ski de randonnée n'est nécessaire : le guide enseigne les techniques spécifiques, la montée à peaux, le protocole de sécurité en cas d'avalanche.
▲S'initier en station
Beaucoup de stations aménagent des itinéraires de montée dédiés au ski de randonnée, pour découvrir la pratique dans un cadre sécurisé. En Suisse romande, les « Rando-parcs » des Diablerets et de Morgins proposent des itinéraires balisés de 260 à 740 m de dénivelé, qui atteignent le haut des pistes en passant par les buvettes d'alpage.
Les règles varient selon les stations : itinéraires imposés, horaires de damage, zones interdites. Renseignez-vous auprès de l'office de tourisme ou du domaine, et gardez le matériel de sécurité même sur un itinéraire balisé.
▲Lire le bulletin d'avalanche
Le bulletin d'estimation du risque d'avalanche (BRA) donne pour chaque massif un niveau de 1 à 5. Le niveau 3, souvent perçu comme moyen, concentre environ 56 % des accidents mortels en France : il impose déjà un choix d'itinéraire prudent.
Choisir sa pente en fonction du bulletin, de l'exposition et de la neige du jour fait partie de la pratique au même titre que la montée elle-même.
▲Débuter en cinq étapes
- Faites un stage avec un guide de haute montagne ou un moniteur : initiation au matériel, au DVA et à la nivologie.
- Louez le matériel avant d'investir : skis, fixations, peaux, chaussures et trio de sécurité.
- Commencez sur un itinéraire balisé en station, à faible dénivelé, pour vous habituer à la montée.
- Entraînez-vous à la recherche DVA régulièrement : le geste doit être automatique.
- Progressez avec des sorties encadrées avant de partir en autonomie.
▲S'habiller pour la montée
Le système des trois couches est particulièrement adapté : on laisse la doudoune dans le sac à la montée pour éviter la surchauffe, et on l'enfile avant la descente. Une première couche en laine mérinos, une veste coupe-vent respirante et des gants de rechange sont dans le sac.
Lunettes de catégorie 3 ou 4 à la montée, masque à la descente : la neige réverbère le rayonnement.
▲Où débuter
Pour débuter, on choisit un terrain doux, sans pente raide, quel que soit le massif. Dans les Alpes, des week-ends d'initiation existent, par exemple dans le Beaufortain avec un guide.
Dans les Pyrénées, Mijanès-Donezan, en Ariège, est une petite station multi-activités qui propose aussi le ski de randonnée.
▲Les erreurs de débutant
Partir sans formation, ranger le DVA dans le sac au lieu de le porter, ignorer le bulletin d'avalanche, suivre des traces sans juger la pente, se regrouper dans une pente exposée : ces erreurs sont à l'origine de nombreux accidents.
La progression prend du temps : choisir un objectif inférieur à ses capacités reste la meilleure garantie de revenir.
▲Combien de temps compter
Une sortie de ski de randonnée se compose d'une montée, souvent la plus longue, et d'une descente rapide. En règle générale, on gagne de l'ordre de 300 à 400 m de dénivelé par heure à la montée : un objectif de 800 m de dénivelé représente donc environ deux à trois heures de montée.
Il faut aussi prévoir de l'eau, de quoi manger, une couche chaude pour les arrêts et une marge de temps pour rentrer avant la nuit.
▲La météo et la neige du jour
Le vent, les chutes de neige récentes, la douceur et le soleil modifient la stabilité du manteau neigeux. On consulte le bulletin avant la sortie, on observe la neige sur le terrain et l'on renonce si les signes sont défavorables.
Quel matériel faut-il pour le ski de randonnée ?
Des skis, des fixations de randonnée, des peaux, des chaussures avec mode marche, des bâtons télescopiques, un casque et un masque, plus le trio de sécurité DVA, pelle et sonde.
Quel niveau de ski faut-il pour s'initier ?
Être à l'aise en ski alpin (piste rouge sans difficulté) et avoir une première expérience du hors-piste. Aucune expérience du ski de randonnée n'est nécessaire lors d'un stage encadré.
Peut-on débuter en station ?
Oui, de nombreuses stations aménagent des itinéraires de montée dédiés au ski de randonnée. Renseignez-vous sur les règles locales et gardez votre matériel de sécurité.
Le DVA suffit-il à assurer sa sécurité en avalanche ?
Non : il localise une victime mais ne l'extrait pas. Il doit être complété par une pelle et une sonde, et par une formation pratique à leur utilisation.
