Vincent revient tout juste du premier stage sur neige effectué par les équipes de France sur le glacier des Diablerets (Suisse). Les conditions de ski étaient excellentes avec une piste tracé exclusivement pour les tricolores.
Malheureusement une tendinite au genou a perturbé son entrainement surtout pour les séances de course à pied, pour le ski c'était beaucoup moins gênant.
www.ski-nordique.net s'était entretenu avec Vincent Vittoz quelques jours avant ce premier stage important , voici la première partie de cet interview :
Avec quelques semaines de recul, comment tu juges ta saison ?
« Bonne, avec trois podiums j’arrive encore à me maintenir au niveau des meilleurs même si c’est de plus en plus difficile. La concurrence s’est encore accrue avec l’apparition d’une nouvelle génération ( Cologna, Northug, Hellner ,Harvey…) très rapide. »
Cet hiver, on t’a vu aussi fort en classique qu’en skating, est ce que cela t’a surpris ?
« Je pense que le skating reste mon point fort, mais depuis 2006 et mon 1er podium en classique j’arrive à signer de belles places dans cette technique surtout dans les neiges humides ( klister). »
Comment expliques tu cette progression en classique ? on dit que l’expérience est importante pour bien skier dans cette technique ?
« L’expérience n’y est pas pour grand-chose, au contraire c’est peut être un retour au source, à l’époque junior où j’étais vraiment meilleur en classique. Ensuite ( mes 1eres années senior ) et sans vraiment savoir pourquoi, j’ai plutôt progressé en skating. Après 2002, j’ai modifié ma technique. Ce fut un long travail qui a porté ses fruits 2 ou 3 années plus tard avec mon 1er podium à Davos en 2006. »
« Malgré tout, j’ai encore des lacunes dans cette technique surtout sur les neiges froides, farineuses. Je n’arrive pas encore à m’exprimer pleinement dans ses conditions où l’appui est fuyant. J’ai encore besoin d’un appui franc comme dans les neiges de printemps pour rivaliser avec les meilleurs. C’est pourquoi je ne suis pas autant régulier en classique qu’en skating. »
Tu étais très souvent dans le coup pour la gagne lors des épreuves de mass-start ou de poursuite, mais malheureusement le podium t’a plusieurs fois échappé face aux finisseurs. Vas-tu travailler cet aspect durant l’intersaison ?
« Cela fait plusieurs saisons que j’essaie de travailler cet aspect mais c’est très compliqué d’améliorer sa pointe de vitesse surtout à mon âge !!! C’est une qualité que je n’ai jamais eu même quand j’étais jeune. C’est pourquoi parfois j’essaie de tenter ma chance en partant de loin mais je me rends compte que cela ne marche pas souvent. Tactiquement je suis un peu dans une impasse. »
« Sur le 15km de Rybinsk j’étais vraiment en super forme, j’ai vraiment patienté jusqu’à la dernière montée où j’ai produit mon effort pour me replacer en tête. Il restait moins de 500m pour conclure hélas dans les 200 derniers mètres tout plat je me suis fait complètement déborder. »
Depuis deux saisons, tu obtiens tes meilleurs résultats lors des finales de coupe du monde. Est-ce un choix voulu ? Les pics de forme sont ils difficiles à planifier ?
« C’est vrai qu’en faisant l’impasse à Lahti l’année passée ou à Trondheim cet hiver j’essaie d’aborder du mieux possible ces finales pendant que d’autres skieurs commencent à être fatigué par la longueur de l’hiver. Mais Je crois aussi qu’il y a d’autres raisons à ma réussite ces 2 dernières saisons avec notamment un format de course qui me conviens bien, beaucoup de skating, des mass start dynamitées dès le début de course grâce à la chasse aux bonifications ou bien encore, et surtout pour les parties en style classique, une neige de printemps que j’affectionne. »
Les pics de forme sont ils difficiles à planifier ?
« Concernant le pics de forme oui c’est difficiles à planifier, mais pour cet hiver je ne pense pas avoir connu ma meilleur période à cette époque de l’année.
Si je regarde en arrière j’ai plutôt bien débuter l’hiver comme je l’espérais à Gällivare en jouant tout au long de la course le podium.. Mon mois de janvier a été très bon avec mon podium à Otepaa hélas les courses en Russie ne se sont pas déroulés comme je l’espérais avec l’annulation de la poursuite et mon mauvais finish du 15km mais j’étais plutôt en forme ascendante pour bien aborder les mondiaux mon objectif initial. Je pense y avoir répondu physiquement présent en terminant 6e et 9e. Après tout se joue à des détails ».
Des passages difficiles ?
« J’ai aussi connu des passages plus difficiles pas forcément planifiés, comme en décembre de Kuusamo jusqu’au Tour de ski où je ne me sentais pas à 100%. C’est peut être le contre coup d’un automne un peu trop difficile et de la fatigue accumulée qu’il a fallu digérer. Ou bien encore à Lahti où je suis passé complètement à côté de mon 15km libre. J’ai connu mentalement une semaine difficile après les mondiaux et je n’ai pas réussi à me re-mobiliser pour cette course là.
Ce sont les aléas d’une longue saison où beaucoup de choses peuvent se passé et c’est pour cela que les pics de forme sont difficile à prévoir. »
Vous retrouverez ce jeudi la seconde partie de cet entretien, il sera alors question de Vancouver, des JO, de la saison à venir, sans oublier la situation délicate de l'économie du ski.


